‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 77 sur 295 · LES · texte numérisé non relu

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chaudière en cuivre, en forme de cylindre A, percée à son milieu, pour livrer passage à la cheminée B qui s'élève au-dessus d'elle, et par laquelle s’échappent, non pas par la partie supérieure qui est fermée, mais par des trous percés sur la circonférence, les produits où gaz de la combustion qui se dégagent d’une lampe ou d’un petit feu de charbon placé dans le foyer C. La chaudière s'évase tant à sa partie inférieure qu’à sa partie supérieure, pour former à chacune d'elles des disques creux dans lesquels l’eau chaude se répand. Ces deux disques communiquent aussi entre eux par un certain nombre de colonnes ou tubes verticaux et creux, placés de distance en distance autour de l'appareil. Ces colonnes descendent jusque sur le plancher du foyer C qui est lui-même à double fond et dans lequel l’eau peut aussi se répandre. La face supérieure de la chaudière qui forme couvercle peut s’enlever à volonté tant pour remplir le vase d’eau que pour ajuster le flotteur. Ce flotteur E est un vase renversé, placé dans la partie moyenne de la chaudière, et surmonté d’un cylindre qui embrasse la cheminée le long de laqueile il peut monter et descendre librement; il s'élève ainsi jusque près de son extrémité.

Voici maintenant la manière de se servir de l'appareil, et le jeu du flotteur.

On enlève le couvercle de la chaudière et on y verse de l’eau chaude. Cette eau se répand dans les colonnes et le double fond du foyer. Quand la chaudière est remplie et que le plateau inférieur de son disque supérieur est couvert d’eau, on ajuste le Gi A Pour cela on le plonge dans la chaudière; cependant, comme un vase renversé ne peul se remplir de liquide par suile de l'air qui résiste, on ouvre un bouchon fermant un peüt tube e qui surmonteleflotteur, et on laisse écouler l'air, lequel s'échappe ainsi à mesure que Je flotiteur descend. Mais, avant que tout cet air sait échappé, on referme le bouchon, et je flotiteur se maintient en équilibre dans le liquide au moyen du petit volume d’air qui s’y trouve emprisonné. C’est

cet air qui sert à régler la température. En effet, quand l’eau de la chaudière acquiert, par l’intensité de lacombustion dans le foyer, une chaleur plus considérable que celle qu’on a voulu déterminer, l'air placé sous le flotteur y participe très-promptement , se dilate, et par l'augmentation de son volume, refoule l’eau et rend le flotteur plus léger. Celui-ci monte aussitôt dans le liquide, et en s'élevant bouche les trous qui surmontent le tuyau de la cheminée et intercepte ainsi le courant d'air; la combustion étant alors moins active, la température de l’eau baisse et reprend celle qui à été fixée. Le contraire aurait lieu si la température s’abaissait, le flotieur descendrait et permettrait, au moyen d'un plus grand accès d’air, d’avoir une combustion plus vive.

Ce moyen, aussi simple qu’ingénieux, se règle avec une extrême précision et pour toutes les températures qu’on désire; c’est la quanuié d'air qu’on laisse sous le flotteur qui

étermine son degré de sensibilité. Seulement, quand on est arrivé par quelques essais faciles à faire fonctionner le flolteur à peu près à la lempérature requise, on achève de déterminer le point précis au moyen de quelques anneaux légers de métal dont on charge sa partie supérieure, ou qu’on lui enlève suivant le besoin. Lorsqu'on est parvenu à ce point, la chaleur dans le couvoir se maintient à 31° ou à 32° à volonté, pendant 24 et 36 heures, sans varier de Lou même de 1 degré pendant tout cet intervalle. Avant de placer dans le couvoir les œufs, quise posent, comme on le voit dans la figure, sur le fond de la chaudière et sur une tablette en bois garnies de ouatte decolon,on le fait marcher pendant quelque temps, et lorsqu'il est arrivé à une marche constante, on enfourne les œufs et on referme les portes ou coulisses dont l’appareil est muni.

Ce que ce couvoir présente encore d’intéressant, c'est qu'il est à circulation d’eau chaude; en effet, l’eau chaude, en s’élevant à l'extrémité supérieure de la partie cylindrique de la chaudière, se déverse sur le disque qui la couronne. Là elle perd une petite quantité de son calorique, et pressée d’ailleurs par celle qui monte incessamment, elle ne trouve d’autre issue que quelques-unes des colonnes creuses par lesquelles elle descend jusque dans le double fond du plancher du foyer sans communiquer dans son passage avec le disque inférieur de la chaudière, ainsi qu'on le voit dans la partie droite de la figure par la direction des flèches. Mais bientôt, appelée par le vide qui se fait dans la chaudière, elle remonte par la colonne opposée et rentre par le disque inférieur, qui en cet endroit lui présente une ouverture. On voit par là qu’il y a une réparlitionu très-égale de température dans toutes les parties de l’appareil, comme on peut s’en convaincre au moyen des thermomètres, qu’on place en divers endroits.

Pour entretenir la moileur nécessaire à la santé et au développement des poulets dans les œufs, la chaudière est entourée d’une double enveloppe en cuivre, dans l'intervalle de laquelle on verse un peu d’eau qui, par son évaporation lente, donne à l'air la

cHAP. 4°.

quantité de vapeur nécessaire à la température. %

La partie supérieure de la chaudière peut également pendant l’incubation recevoir des œufs placés sur du coton, mais dès que les poulets sont éclos , on enlève la ouatte et on la recouvre d’une toile cirée pour en former une cage D, où l’on tient ces jeunes animaux pendant un jour ou deux avant de leur donner à manger. :

Sous le plancher du foyer est une poussinière garnie d’une peau de mouton P sous laquelle les poulets sont logés chaudement jusqu'à ce qu’on puisse les laisser vivre en plein air.

Tout l’appareil, qui est carré, octogone ou mieux de forme ronde, est entouré d’une enveloppe en bois ou en carton, dans laquelle il y a un certain nombre de portes à coulisses

our placer, retireretrelournerles œufs,enever les poulets, enfin pour tous les travaux du couvoir. Un certain nombre de trous trèsfins, pratiqués à diverses hauteurs, servent à fournir l’air nécessaire à la combustion, ainsi qu'à la ventilation intérieure. Enfin des ouverlures un peu grandes, garnies d’un verre mastiqué, permetient de voir dans l’intérieur de l'appareil sans qu’il soit nécessaire d'ouvrir chaque fois les portes à coulisses.

$ V. — De quelques autres méthodes d’incubation.

On a essayé encore quelques autres méthodes pour faire éclore des poulets. Ainsi on à cherché à profiler de la chaleur perdue des fours de boulangers, de pâtissiers, des fours banals des villes et villages , etc., et on pourrait employer avec avantage celle qui se dissipe en pure perte chaque jour dans les fours, les fourneaux,les machines à vapeur, et dans une foule d’établissemens industriels, où l'on entretient continuellement du feu, et qui pourraient fournir une température égale, constante et très-économique.

On a également fait des essais dans de simples chambres chauffées par un poële et garnies de tringles, où l’on suspend les paniers d'œufs plus ou moins près du foyer de chaleur, suivant le besoin. Ces chambres toutefois exigent des attentions continuelles pour être gouvernées convenablement.

Enfin M.p’Arcer a proposé de profiter de la chaleur des eaux thermales pour faire éclore artificiellement des poulets et des pigeons. Cette idée ingénieuse a déjà été mise par lui avantageusement en pratique à Vichy en 1825. et en 1827 à Chaudes-Aigues.

SECTION II. — Règles Pratiques sur l’incubation des œufs et l'éducation des poulets.

$ 1°°. — De l'établissement des appareils; choix des œufs.

L'appareil destiné à l’incubation des poulets sera placé dans un endroit calme, retiré, à l'abri des vents, des changemens subits de température, et surtout du bruit et des ébranlemens fréquens, qui sont contraires

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