‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 78 sur 295 · REGLES PRATIQUES SUR L'INCUBATION DES OEUFS · texte numérisé non relu

REGLES PRATIQUES SUR L'INCUBATION DES OEUFS

au développement parfait des embryons.

Quand on fera éclore des poulets pour les livrer régulièrement à la consommation, il sera convenable de ne garnir les appareils le premier jour que du nombre d'œufs nécessaires pour subvenir an débit journalier, et d’en ajouter chacun des jours suivans une quantité égale pendant les 20 premiers jours, puis ensuite de remplacer par des œufs les poulets éclos, afin d'obtenir journellement un même nombre de poulets, et d’avoir un travail régulier pendant toute l’année.

On doit faire choix des œufs les plus frais et rejeter tous ceux qui sont âgés de plus de 15 à 20 jours. Les œufs vieillissent plus tôten été qu’en hiver. On doit préférer les plus gros parce qu'ils donnent les poulets les plus forts et les plus vigoureux. On rejettera ceux qui ont deux jaunes, ainsi que ceux qui en sont privés ou qui présenteront d’autres accidens semblables. Tout œuf qui, vu pat transparence à la lumière, a dans son intérieur un vide très-grand, qu'on peut rendre sensible par le balottement, est déjà ancien et n’est plus propre à êlre couvé. Il n’y a aucun signe appréciable pour s'assurer si des œufs ont été fécondés ou non; la chaleur de lincubation , qui donne aux matières transparentes et claires contenues à l’intérieur des œufs féconds, un aspect louche et opaque après un certain temps, peut les faire reconnaitre. Un œuf non fécondé reste clair après plusieurs jours d’incubation, et quelquefois même tout le temps qu’elle dure, sans manifester des symptômes appréciables de putréfaction.

Les expériences entreprises par M. GrRou DE BUZAREINGUES, sur la reproduction des animaux domestiques, ont prouvé : 1° que dans une même basse-cour et avec une même race de volaille, les plus fortes femelles procréent un plus grand nombre relatif de femelles que les plus petites; 2° qu'il n’y a pas de rapport certain entre le sexe du poulet et la forme de l'œuf; 3° que l’éclosion des œufs les plus petits est plus hâtive que celle des œufs les plus gros.

$ 11. — Manière de diriger l’incubation.

Les œufs ayant été choisis, on inscrit le quantième du mois sur le petit bout, et on les range dans le couvoir ou l’étuve, avec les précautions indiquées. Les œufs étant placés, on ferme les ouvertures et les issues pendant un certain temps pour faire remonter la température, que l'introduction des œufs et l'ouverture de l'appareil ont dû faire baisser, et, au bout de ce temps, on consulte les thermomètres pour la régler et la maintenir ensuite au point convenable.

Une fois les œufs introduits, il y a quatre circonstances auxquelles il faut avoir égard pour bien diriger l’incubation : la température des appareils, l'évaporation d’une portion des parties liquides de l'œuf, la respiration des poulets et leur développement normal.

La température, d’après tous les essais de Réaumur, doit être, autant que possible, de 32° R. (40 cent.) du thermomètre, Suivant ce

savant, il y a plus à craindre pour les poulets d'une chaleur trop forte que d’une chaleur trop faible; cependant une chaleur momentanée de 38° R. (47 cent.) et même 40 R.

(50 cent.), ne parait pas leur être funeste, surtout s'ils sont encore éioignés du terme de leur naissance ; ces hautes températures sont plus redoutables aux poulets qui sont près de naître. Une chaleur supérieure à 32° qui règne dans l’étuve ou le couvoir pendant tout le temps de l’incubation, fait éclore les poulets un et quelquefois plus de deux joursavantle vingt-unième. Une température trop faible parait généralement moins dangereuse pour LE poulets à tous les âges, même quand elle se prolonge un certain temps. Enfin, ajoute-t-il,une température qui pendant toute la durée de l’incubation a été de 31° R. (38° 50 cent.), ou un peu moins, fait éclore les poulets quelquefois un jour plus tard que sous la poule.

Ces résultats, que Réaumur devait à l’observation dans des essais d’incubatior faits dans ses fours, ne sont pas entierement d’accord avec ceux annoncés par quelques personnes qui se sont occupées depuis lui de l’art de faire éclore artificiellement les poulets. Suivant les uns, la chaleur doit être entre 28° et 32° R., descendre rarement à 28°, monter encoré plus rarement à 32°, et en moyenne, rester autant que possible à 30°. M. Lorz, quis’est beaucoup occupé en Allemagne d’incubation artificielle, assure que, d’après sa pratique, sur plusieurs sortes d'œufs d’oiseaux, la chaleur doit êire progressive : modérée d’abord, et commencant le premier jour par 4° R., elle doit s'élever successivement de jour en jour jusqu’au milieu de l’incubation, où il faut la porter à 24° (30° cent.), et depuis cette époque jusqu’à la fin, à 30° ou 31°, sans s'élever jusqu'à 32° R. D’un autre côté, CnapraL a cité un homme fort ingénieux de Montpellier, qui, en se livrant à cette industrie, avait, dit-il, remarqué qu’à mesure que le poulet se développait dans l’œuf, et que la circulation du sang s’établissait, la chaleur naturelle del’animal augmentait. En conséquence de cette observation, il éloignait insensiblement chaque jour du

oêle ou calorifère qui chauffait son étuve, es paniers suspendus à destringles qui contenaient ses œufs.

Ce qu’il y a de certain aujourd’hui, au milieu de ces opinions contradictoires, c’est que l’incubation peut avoir lieu et réussir depuis 24° R. (30° cent.) jusqu’à 36° R. (45° cent.), mais que la température la plus convenable, celle qui donne les poulets en plus grand nombre, les plus sains et les mieux conformés, est celle de 31° à 32° R. pendant toute la durée de l'incubation. Les physiologistes ont en effet remarqué qu’une température qui n’est pas convenable , ou qui offre des alternatives fréquentes, développait trop rapidement, ou arrêtait dans sa marche le développement du système sanguin-respiratoire, et que dans le premier cas le poulet s’atrophiait, ou périssait asphyxié dans le second, ou enfin présentait des disproportions bizarres dans les diverses parties de son corps. La pratique au reste peut enseigner promptement le meilleur mode d’opérer.

ARTS AGRICOLES : INCUBATION ARTIFICIELLE

Les œufs, abstraction faite de leur coquille, perdent par l’incubation, suivant Réaumur, du 5° au 6° de leur poids par l’évaporation ou transpiration insensible qui s'opère à travers la coquille d’une partie des fluides aqueux qu’ils contiennent. M. GEOFFROY-ST.- HiLAIRE, en pesant des œufs entiers au commencement et à la fin de l’incubation, a trouvé, à peu de chose près, que cette perte de poids s'élevait au 6°; et M. Dumas, dans desexpériencestrès-précises, dilque ses œufs ont subi une diminution à peu près égale au 7° de leur poids. Ainsi, en ayant égard à ces résultats et à ceux oblenus par ProUT sur des œufs non couvés, un œuf perd par l’incubation huit fois autant de son poids qu'il en perd pendant le même temps dans les circonstances ordinaires. Si celte évaporation nécessaire à l’évolution et à la respiration du poulet ne peut se faire à cause de l’humidité de l’atmosphère où les œufs sont plongés, ou si elle se fait trop rapidement par suite de la sécheresse de l’air qui les environne, on a remarqué, quand cet état avait duré longtemps, qu'il se produisait alors des altérations très-variées dans le développement des poulets; que l’incubation échouait, ou que ces animaux naissaient mal conformés et non viables. Il faut donc, autant que possible, entretenir dans les appareils une atmosphère imprégnée d’unequantité de vapeurmoyenne et conforme à sa température en se servant de vases remplis d’eau qu’on place dans les couvoirs et surtout dans les étuves.

D’après les observations de plusieurs savans modernes, au bout de 15 à 20 heures d’incubation et jusqu’à la fin de cette opéraüon, le poulet resprre, et dès la 30° heure il possède les principaux organes qu’il doit conserver à l’état adulte. Cette respiration a lieu au moyen de l'air qui se tamise au travers de la coquille et qui arrive au contact des membranes vasculaires de l’animal. En entravant, en suspendant ou en viciant cette respiralion, on arrête le développement du poulet, ou bien les diverses parties de son corps se développent d’une manière inégale.

On concoitainsi qu'il estnécessaire d’environner les œufs d’une atmosphère pure et fréquermment renouvelée si on veut avoir des poulets bien conformés, ou si on ne veut pas les voir périr dans l’œuf.

Tous les jours les ovipares dans l’incubation retournent régulièrement leurs œufs, ramènent ceux du centre à la circonférence, et réciproquement. On doit imiter cette pratique et retourner chaque jour les œufs d’un demi ou d’un quart de tour , les changer de place, c’est-à-dire mettre dans les endroits les plus chauds ceux qui étaient dans les places les plus froides des appareils, et réciproquement. Par cette manœuvre la respiration du poulet, qui s'exécute par toule la surface de la coquille, a lieu d’une facon plus parfaite, et la nutrition s’opérant d’une manière régulière dans toutes les parties de l'embryon , on a des poulets plus vigoureux et mieux conformés.

La plupart des appareils que nous avons décrits ayant des régulateurs du feu, une ou

lusieurs visites dans les 24 heures sont suf- Écane surtout dans les premiers temps de

cHAP. 4°.

l’incubation. Mais il faut plus d’attention quand il survient des variations brusques de température dans l'atmosphère, ou quand on a été obligé par une cause quelconque de chanser ou de modifier l'allure des couvoirs, ou enfin les jours qui précèdent la naissance des poulets et ceux où ils éclosent.

$ LI. — Naissance des poulets.

Le terme moyenauquel les poulets éclosent est le 21° jour de l’incubation; ce terme, au reste, suivant les observations des naturalistes, peut varier beaucoup, par des causes, la plupart inconnues, comme on ie verra par le tableau suivant des termes extrèmes et moyens de l’incubation des oiseaux domestiques.

TERME |TÉRME |TERME | le plus le plus | le plus faible. |ordinaire| fort.

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