‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 82 sur 295 · LIV. 1W · texte numérisé non relu

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est bien connue, ou dont les toisons jouissent des qualités qu'on recherche dans le commerce.D’ailleurs, les laines superfines perdant en général jusqu’à 75 p. °/, au lavage, les frais de transport, qui en définitive retombent tou- Jours à la charge du producteur , sont beaucoup moindres pour les laines lavées préalablement. Enfin, connaissant mieux sa laine, le nourrisseur sait ce qu'il vend, et ne peut plus être dupe du marchand, qu’une longue habitude et des achats journaliers rendent fort expert dans la connaissance de ces produits.

En Allemagne les laines sont toujours soumises à un lavages à dos,et en Espagne à un iriage consciencieux et à un bon lavage en toison, qui ont contribué à faire rechercher les produits de ces pays par les peuples étrangers.

Le parti le plus sage, pour les propriétaires de troupeaux, serait donc d’avoir recours aux lavoirs à facon, quand ces établissemens lui offriront les sécurités désirables, ou bien de procéder eux-mêmes au lavage de la laine qu’ils récoltent dans leurs domaines.

Le lavage des laines sur le dos des animaux n'offre pas de difficulté, et est souvent suffisant, surtout pour les laines communes, pour procurer à l’éleveur les avantages dont nous venons de parler; mais quand on veut laver les laines en toison pour fixer d’une manière plus précise leur véritable valeur commerciale, dèslors il faut les soumetire aux opérations d’assortiment, de triage et de lavage, qui exigent qu’on joigne à beaucoup de pratique une longue expérience, puisque la connaissance des laines ne s’acquiert qu’en se livrant avec sagacité et pendant long-temps à ce travail. Cependant, comme un éleveur, à moins qu'il ne soit propriétaire d'immenses troupeaux, commeen Espagne, n'aurait ainsi par an qu'une quantité trop petite de laine pour apprendre et faire avantageusement le classement et le lavage lui-même, nous pensons qu'il serait peutêtre plus utile pour tous les propriétaires de troupeaux d’une commune, d’un canton ou d’un arrondissement, de former à frais communs un lavoir banal, d’après les principes des fruitières suisses (voy.t. LIT, p. 57), où l’on s’occuperait du classement, du triage et du lavage de leurs laines, pour leur propre compte, et où les marchands et fabricans, comme dans un dépôt central, trouveraient réunies des laines de toute finesse et de qualités diverses. C'est afin de mettre les éleveurs et les propriétaires à même d’assortir, de trier et de laver à frais communs leurs laines, et de former de pareils lavoirs, ou seulement pour leur apprendre quels sont le but et les détails de ces opérations, que nous allons entrer dans les développemens nécessaires pour éclaircir ce sujet.

Pour exercer avantageusement cette branche intéressante de l’industrie agricole il faut apprendre: 1° à connaître les qualités et les défauts de la laine; 2° à l’assortir et à la trier; 3° les divers procédés de lavage.

Secrion I". — Qualités et défauts de la laine.

Nous ferons ici connaître les qualités qu’on doit surtout rechercher dans les laines fines où de 1‘ choix, parce que ces sortes de laines

CHAP. 5°, devant les réunir presque toutes au plus haut degré, il sera facile, d’après ce que nous en dirons , de juger de la nature des laines plus communes; ensuite, nous procèderons, d’après les mêmes principes, à l'énumération des défauts; seulement nous rappellerons auparavant que les laines françaises peuvent être divisées en laines indigènes, laines de mérinos mélis, laines de mérimos purs, et laines longues des moutons anglais ,Importésen France, ou de leurs métis.

$ I°*.— Qualités de la laine.

Nous pensons qu'il est superflu d’entrer dans des détails techniques sur la structure du brin de la laine, sur son mode de croissance et autres objets dont la connaissance est de peu d’utilité dans la pratique; ce que nous croyons devoir rappeler ici, c'est que les laines indigènes, métis ou mérinos pures, ont des caractères propres et spéciaux qui ne permettent pas à un œil exercé de les confondre.

Ceci posé, voici les qualités qu’on doit surtout rechercher dans ies laines de 1°° choix, d’après les agronomes français et allemands les plus habiles dans cette matière :

1° La finesse. C’est la qualité principale de la laine, et celle qui lui donne généralement la plus haute valeur vénale. La finesse est le plussouvent un indice des autres qualités préaeusés qu'on recherche dans ce produit; elle se mesure par la grandeur du diamètre de chaque brin ; une laine est d'autant plus fine que ce diamètre est plus petit. Les laines fines de mérinos sont ordinairement o7dées où ondulées, c'est-à-dire forment sur leur longueur un certain nombre de courbures ou ondulations; en général, plus ces ondulations sont petites, basses, étroites et multipliées, plus la laine a de finesse.

2° L'égalité du brin. On entend par ces mots

ue le brin est uniforme et d’un diamètre par-

aitement égal à l'extrémité, au milieu ou à sa

racine. C’est une qualité précieuse pour la fabrication des beaux Lissus, qui ne se rencontre guère que chez les troupeaux perfectionnés etaccompagne presque toujours la grande finesse.

3° Le parallélisme des brins. On désigne ainsi la structure identique, la netteté et l’uniformité dans la croissance et la longueur des brins. Ces brins, rapprochés par groupes de 10 à 15, uniformément ondés, se suivant parallèlement dans toutes leurs ondulations depuis leur racine jusqu’à leur extrémité, doivent se réunir en groupes pour former prés de celle-ci une mèche bien distincte et dans laquelle on n’aperçoit pas des poils ou brins courant ou se dirigeant au hasard. Unetoison bien nourrie, c’est-à-dire celle où les brins se pressent et se tassent ainsi parallèlement , offre un des caractères d’une laine très-perfectionnée.

4° L’élasticité. Toutes les laines sont élastiques, mais non pas de la même manière. Une laine dont le brin est grossier, dur et roide, reprend presque instantanément son volume primitif quand on la presse en masse d’une manière quelconque; une laine fine, au contraire, ne reprend lesien qu'avec une certaine lenteur. En tirant un brin de laine entre les doigts, jusqu’à le rompre, on remarque dans

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