LAVAGE A CHAUD DES LAINES
Pour sécher promptement la laine, surtout dans la saison avancée, et en même Lemps la rendre plus blanche en exprimant la plus grande quantité possible d'eau de lavage qui entraine toujours avec elle quelque saleté, on peut la tordre dans des toiles, la fouler dansles paniers, ou la mettre dans des “aisses percées de trous, ei la soumettre ainsi à l’action d’une petite presse. Les instrumens de ce genre que nous avons fait connaitre dans les figures 45, 46, 47,50 et 52 du tome III, et dont la forme est très-simple, pourraient être employés à cet usage.
Après que la laine est bien sèche, on peut encore l’éplucher à la main pour en retirer les pailles ou autres saletés qui n’ont pas été enlevées parle lavage et quialtèrent encore sa pureté. Alors on la transporte dans le magasin, où elle est empilée dans de grandes cases en planches jusqu’à ce qu’elle soit emballée et expédiée. Par le lavage français, la laine fine de mérinos, dépouillée de son suint et d’une grande partie de sa matière grasse, perd 66 à 75 p. 0/0 de son poids, et conserve encore 4, 5,6, 7 p. 0/0et au-delà de matière grasse, suivant la nature de la laine et le soin apporté dans les manipulations, ou les habitudes du laveur. …
Un bon laveur n'est pas une chose commune, etun ouvrier qui est habile dans cet art doit livrer deslaines propres et bien purgées , blanches, non cordées , nouées ou cassées, et d’une nuance uniforme.
Depuisbienlong-temps on fait usage dans le midi de la France, et surtout dans le Languedoc, d’un excellent mode d’échaudage pour les laines, sans avoir recours à d’autre moyen de dessuintage que le suint lui-même, parce qu’on a reconnu que tous les autres agens durcissaient le brin et altéraient sa qualité.
Pour cela on emploie une grande chaudière remplie d’eau quon fait chauffer de 40 ou 60° R. suivant que la laine est plus ou moins difficile à nettoyer. Au-dessus de 60° la laine serait altérée. On se sert de 2 filets à mailles serrées comme ceux employés par les teinturiers en laine. Lorsque l’eau se trouve au degré de chaleur convenable à la laine qu’on veut dégraisser, on jette dans la chaudière un des filets chargé de 30 kilog.
de laine en suint. On commence ordinairement la 1"* jetée avec les basses qualités, soit patins, ou cuisses, pour garnir le bain de suint. Le bain ainsi garni, on commence une 1j'° mise de laine fine, et on juge s’il est au degré nécessaire par le prompt dépouillement du suint. Lorsque la laine est dans la chaudière on laremue avec un bâton, et après 5 ou 6 minutes de séjour on relève le filet avec un tour placé sur la chaudière el semblable à celui des teinturiers. Pendant que cette 1° mise égoutte, on jette le 2° filet, dans lequel on met autant de laine que dans le 1°"; et durant l'intervalle que cette laine reste dans la chaudière, on porte la 1'*° mise aux laveurs.
Dans le Midi, les paniers de lavage sont ronds , en fer ou en chêne; d’autres sonten carré long entourés d’un filet à mailles serrées. Le fond de ceux-ci est en planches de chène pour que la laine ne puisse s’échapper,
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Pour bien épurer une laine, 3 laveurs ayant chacun un panier devant eux se placent au milieu d’un courant d’eau. La distance entre eux est de 3 pieds, et ils sont séparés l'un de l’autre par un plateau sur lequel its se passent la laine successivement. Chacun tient une fourche bien polie à 3 cornes recourbées, dont le manche a 4 pieds de long.
Le 1° laveur prend une ou 2 livres de laine à la fois, la met dans son panier, la retourne et la remue avec sa fourche, faisant en sorte de ne pas la coordonner, el lorsqu'il l’a remuée un certain temps, il la remet au 2° qui la lave, la remue à son tour, puis la passe au 3° qui la lave encore jusqu’à ce qu’elle soit bien épurée et que l’eau en découle claire ; alors il la jette sur Le gravier. Chaque laveur donne à peu près à la laine 3 à 4 tours à droite et autant à gauche. Dans le midi on jave aussi à la jambe dans la belle saison; les laveurs sont dans les paniers et font faire avec la jambe 3 ou 4 tours à gauche, puis autant à droite, à la laine qu’ils se passent de l’un à l’autre. Le 3° laveur achève le lavage en mettant la laine lavée par lavée dans un grand pauier ovale qui peut en contenir 60 environ et que 2 hommes portent à l’étendage.
Le séchage ne diffère pas de la méthode espagnole que nous avons décrile ci-dessus.
Quand la laine est sèche, on la met en piles, puis en balles.
On voit que dans le lavage français c’est le
bain d’eau de suint qui est l’agentle plus actif de cette épuration, et un laveur attentif doit veiller avec soin à la conservation de ce liquide, pour former le bain soit quand on manque de laines en suint, soit pour dégraisser celles manquées au 1‘ lavage, donner un supplément de suint aux agnelins, aux laines mal nourries ou lavées par la pluie, pour laver les pelures à la chaux, auxquelles il rend de la douceur et du moelleux, soit enfin pour achever le dégraissage chez le fabricant avant la mise en teinture, oupour le foulage des draps et autres étoffes de laine. Au reste, l’opération de l’'échaudage exige qu'on la fasse avec intelligence, et le laveur se rappellera que les laines offreut plus ou moins de résistance à l’action du bain, suivant qu'elles sont plus ou moins chargées de suint, que cette matière a plus ou moins de consistance, que la laine est restée un temps plus où moins long en balles, et a fait un plus long voyage ; il observera aussi que le bain de suint varie suivant son activité et sa force; qu'il y a un degré de température variable pour chaque espèce de laine, etc.; tous détails dans lesquels nous ne pouvons entrer ici, mais que la pratique enseignera aisément.
3° Lavage Russe ou Davallon.
En 1828 M. Davallon a introduit en France un lavoir qu'il avait déjà établi à Odessa, et qui paraît offrir de notables avantages.
Fig. 104.
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Celavoir(fg. 104)est composé 1° de 2 réservoirs supérieurs À, ayant 1 toise cube chacun, placés en lête d’un canal-lavoir. L'un de ces réservoirs contient de l’eau propre,et l’autre de l’eau de suint, dont il est alimenté par une pompe D qui la puise dans une citerne B aumoyen d’un tuyau d’aspiralion descendant à peu près jusqu'au milieu de sa profondeur.
Tous deux versent les liquides qu'ils contiennent dans le canal par les robinets E.—-2° Un canal-lavoir F,K, long de 36 pieds, de 4 1/2à 5 de profondeur, et d’une largeur de 22 pouces, construit en bois, solidement établi sur des charpentes, et fortement archouté par des liens. Ce canal est divisé en 6 parties. La division F ou d’amont recoit des réservoirs À l’eau propre et celle de suint qui s’y mélangent. Une vanne qu'on peut élever ou abaisser à volonté sert à introduire dans le reste du canal ces eaux mélangées qui cou-
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