‹ Maison rustique, pour servir a l'éducation de la jeunesse (volume 2)Chapitre 12 sur 33 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le chêne-Uége. ( Quercus suber. )

Son e'corce est très-ëpaisse et mollasse, c'est elle qui constitue le liège. Il croît naturellement dans les parties méridionales de l'Europe , et en Afrique.

Lorsque l'arbre a acquis environ vingt ans, on enlève son écorce , qui cette fois est crevasse'e, remplie do cellules ei de parties ligneuses , et n'est bonne qu'à brûler ou à cire employée dans les tanneries; car elle estastringente comme celle de tous les autres chênes. On y parvient en la coupant circulairement au-dessous des grosses branches, et à quelques pouces de terre , et en la fendant du haut en bas, dans deux ou trois endroits , avec une hachette faite exprès , et dont le manche est terminé en coin pour achever l'opération. Il faut avoir attention de ne pas entamer l'écorce intérieure, ou le iiber, ce qui feroit une blessure nuisible à la bonté des récoltes suivantes. Au bout de huit à dix autres années , cette écorce est régénérée , et on l'eniève de nouveau; mais elle n'a pas en-

core la perfection qu'on cU'sirc. Elle sert aux pécheurs et aux diflerens arts. Huit à dix ans après l'e'corce a ordinairement acquis l'épaisseur et la qualité' convenaljlcs; et, depuis cette époque jusqu'à la mort de l'arbre, c'està-dire pendant deux ou trois siècles peutêtre ;, on continue de la récolter à la fin des mêmes intervalles.

L'écorce du liège , délaclice de l'arbre , reprend plus ou moins la forme circulaire qu'elle j avoit , et, pour la lui faire perdre, on la chauffe, même on la grille à la flamme, et ensuite on l'entasse sur un sol uni, et on la charge d'un grand nombre de grosses pierres dont le poids la force à se redresser ; cette opération a de plus l'avantage de resserrer ses pores et de lui donner du nerf, comme disent les bouchonniers. Les qualités qui constituent un bon liège sont d'être épais au moins de quinze lignes , souple , élastique , ni ligneux ni poreux , et de couleur rougeâtre ; le jaune est moins bon ; le blanc qui n'a pas été flambé est le plus mauvais.

La culture du liège est positivement la même que celle du chéne-yeuse • il demande comme lui à être semé en place , car il souffre difficilement la transplantation , même dans sa première jeunesse.

On emploie , comme on sait , le liège à une infinité d'usages utiles, et même en médecine • brûlé et réduit en poudre, il est astringent. On fait à Rome, avec du liège , des modèles en petit et en relief, imitant des ruines des

plus beaux monumens antiques. Ces modèles sont charmans par la vëritc du ton de couleur et de l'imitation.

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