‹ Maison rustique, pour servir a l'éducation de la jeunesseChapitre 23 sur 39 · III · texte numérisé non relu

III

oignons veulent une terre bien ameublie ; s'ils viennent trop dru , on les eclaircit ; lorsqu'ils sont devenus grands , et qu'ils ne profitent plus , on en foule les montans avec les pieds pour qu'ils deviennent plus beaux.

Pour en avoir de bien gros, on les arrache quand ils sont gros comme le tuyau d'une plume de poule, et on les replante en rayons au plantoir j les oignons blancs sont plus doux et plus estimes que les rouges. L'oignon ne veut ni un labour profond ni ctre plante' trop avant. Quand une fois l'oignon a pris de la force, c'est la chaleur qui le fait mûrir de bonne heure. Ceux qu'on destine pour monter en graine doivent être plantés au mois de mars , dans une terre ni trop forte ni trop légère : on les espace à un pied de distance les uns des autres , et lorsqu'ils sont montés en graine on enfonce en terre de pelils échalas, auxquels on attache , avec un lien do paille^ les tuyaux des oignons au bout desquels vient la graine. Il faut la laisser bien mûrir avant que de la recueillir , et attendre pour cela que le tuyau soit jaune et presqiie t"cc.

Oscille.

Il y en a de plusieurs espèces : les plus communes sont : 1° la longue , donl on fait usage dans nos cuisines , et qui a la feuille d'un vert luisant, oblongue et pointue j 2'' la ronde ^ qui a la feuille d'un vert pâle , .la

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tacliic menue et ]a lige rampante. La lonijue se sème en plein champ au mois de mars, dans une terre J3icn labourée ; e'tanl levée , on la sarcle , on l'arrose beaucoup , et ou recueille la graine au mois de juillet. La ronde se cultive de même. Il y en a encore <le jaune , dont la feuille est blonde^ et qui a moins d'acide que les autres.

L'oseille se multiplie encore de petits lejctons arrachés de vieux pieds.

Panais,

Ij, se sème dans les mêmes saisons et se cultive de la même manière que la caroltj : il soutient de plus fortes gelées.

Persil.

Cette plante fleurit en juin , et la graine paruit en juillet: on doit semer le persil après les gelées , en terre labourée^ et par rayons sur des planches, prir quatre rayons à chacune. On couvre de terre les rayons j on sj'me de l'oignon par-dessus, et on y met un peu de fumier de vieille couche.

Piiiiprenelle.

On la sème au printemps , en plein champ et dru; elle lève en été, et on recueille sa graine à la fm de l'automne. On la sème sur t( rre en planches ou en bordures; elle repousse

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après elro coiipec. On la multiplie aussi par les vieux pieds e'ciales el repifjues à liuil ou dix pouces de distance^ eu planches ou. en bordures .

Poireau.

Il se sème à la fin de l'hiver, dans des planches pre'parees j on l'arrache dans le mois de juin, et on le replante dans d'autres planches , dans des trous profonds de quatre pouces et espacés d'un demi -pied. On le serfouit de temps en temps ; on l'arrose au temps sec.

Poirée ou Bette.

Ses côtes, qui s'appellent des cardes lorsqu'elles sont devenues grandes et qu'on les a conserve'es pour cela, remettent en ragoût. On doit en semer la graine en plein champ ou sur couche , et dès qu'elle a poussé quelques feuilles, on la replante sur planche, on 1 arrose et on la sarcle. On peut recouper le plant fort souvent dans l'été , car il repousse aisément. Si on veut en semer dès le mois de février , on choisit les plus blondes. A l'égard des cardes, lorsqu'on en veut avoir, on les replante en terre préparée, dans le mois d'avril ou mai , à la distance d'un pied et demi. On doit les sarcler, les arroser, les couvrir pendant l'hiver de grand fumier sec , et les découvrir au mois d'avril ; et on continue de les soigner jusqu'au mois de mai;, qu'on peut en manger.

Pois'.

Les pois halifs^ soit verts ou blancs , sont ceux qui paioissent les premiers , et qui se vendent si cher : ils demandent du soin. On les sème au commencement de février 3 mais on les- fait tremper quatre heures dans l'eau, et on lefr laisse quatre autres dans un lieu chaud, pour qu'ails germent. On les sème dans une exposition au midi , cm sur quelques ados ou rayons stir planches : on met quatre range'es à chaque planche , pour avoir la facilité de les biner et d'y mettre des éclialas ., pour ramer ou appuyer les rangées de pois. On doit laisser une planche entre deux pour leur donner de l'air , et crainte qu'ils ne s'étoufient -, il faut arroser lorsqu'il y a du haie et de la sécheresse.

Les pois de tous les mois durent presque toute l'année : on doit les semer en quelque abri. Leur culture est la même que poulies autres • mais on doit conper promptement les cosses^ et n'en laisser sécher aucune. ' Les pois , en général, demandent une terre grasse et amendée , un bon fumier de mouton ou de vache : les petites pluies leur font grand bien , le froid leur est mortel ,• il leur faut toujours un plein soleil : on doit les recueillir à mesure qu'ils mûrissent.

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Ponnncs-de-terre .

Les pommos-de-terrc qu'on destine pour la table doivent être mises dans nne cnvc ou dans un tonneau , avec des feuilles sèches de noyer ou de cliène , par couclies alternatives on par lifcsf elles se conservent ainsi fraîclicset vertes jusqu'au mois de juin, pourvu que le lieu ne soit pas trop chaud ni trop humide.

Pourpier.

Il ne se multiplie que de graine qu'on sème assez dru vers la mi-mai : il est très-sensible au froid. On le coupe et on le consomme en petite salade dès qu'il a deux ou trois feuilles forme'es. Depuis la fm de mai jusqu'à l'automne, on peut semer du pourpier vert et mieux du pourpier doré, qui est plus tendre et plus estimé , en pleine terre meuble ou ameublie avec du sable , bien unie et hersée avec le râteau , ou du terreau fui;, ou des cendres cliarriées. On sème la graine fort clair à la volée j ou répand dessus un peu de terreau ou de sable , où l'on passe trc:légèrement le râteau pour l'enterrer un peu; on le mouille tous les jours jusqu'à ce qu'il soit levé, et on arrose fréquemment le plant en plein midi pour l'entrcLcnir tendre.

Raiponce.

Ses feuilles et sa racine se mangent en sa- Ifule : les bonnes viennent de Mcaux. On les

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sème au mois de juin. xVvant que cette plante soit levée il faut l'arroser et la sarcler.

Raves et radis.

Il y en a de plusieurs espèces. La première s'appelle rave, la seconde grand raifort, la troisième petit raifort. C'est la dernière qui est le plus en usage. On peut en semer tous les mois, depuis février jusqu'en septembre j on laisse monter la première semée , pour avoir de la graine j on sème sur couche , puis on fait des trous avec le doigt à trois ou quatre pouces de distance; on met trois graines de rave dans chaque trou ; on les recouvre de terre, et s'il fait froid on les en garantit avec des paillassons. En tout autre temps que l'hiver on peut la semer sur couclie ou sur planche ; en rayons ou en plein, champ.

Salsijîs,

Il y en a de deux sortes : les salsifis communs, et ceux d'Espagne, qu'on appelle scorsonères, qui sont d'un grand usage dans les remèdes. On sème les salsifis au printemps et au mois d'août , en planches ou en plein cliamp. Il faut éclaircir le plant , l'arroser pendant les chaleurs , et avoir soin de sarcler. On ne laisse en terre que jusf|u'en avril ceiixscmés au printemps.

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Sarrielle.

Elle se propage par ses graines, et plus promplement par ses vieux pieds éclates.

Sauge:

Il y a la grande et la petite : celle-ci est la plus estimée; elle se multiplie de pieds e'clate's, que Ton plante au printemps en toufïbs ou en jjordures, .

Thj.

Au printemps on e'clate les touffes du iîiym , pour former d'autres touffes ou des bordures.

Topinambour.

Cette plante se multiplie de tubercules eiirtiers ou coupés en morceaux, mis en terre au printemps, et cultivés comme la pomme-deterre. En automne , lorsque ses tiges sont desséchées, on recueille ses tubercules, dont on laisse en terre le moins qu'il est possible , car ils s'y muitiplieroient et s'y étendroient tellement qu'ils deviendroieut incommodes et difiiçilcs à détruire.

DES JARDI^"S FRUITIERS.

Ou les fruitiers sont entièrement séparés et plantés en arbres à plein vent; alors ce sont

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des vergers proprement dits : ou ils;Sont plante's en arbres en éventails, eu buissons et en espaliers, avec quelques pleins venlsj alors ce sont de simples jardins fruitiers.

Sous les premiers rois de France les arbr^^s fruitiers étoient encore trcs-rares; et on a toujours cité oomme une cliose curieuse le ver^^er que Cbarlcmagne possédoit à Paris', dans lequel étoient des sorbiers -, noisetiers., cliataigniers, pruniers, pommiers et poiriers. Il n'y avoit alors que le roi qui possédât une telle réunion d'arbres.

Le verger de Charles V, à l'endroit où est aujourd'hui le Jardin des Plantes à Paris, est aussi cité dans l'histoire comme une chose extraordinaire. Il étoit composé de cerisiers^, pommiers et poiriers j on y attachoit tant de prix que, dans l'inventaire de son' palais, on désigna le nombre de chaque espèce d'arbres. On peut donc dire que, depuis l'invasion des Francs, il s'est écoulé plus de dix siècles sans qu'il y ait eu dcs changemens considérables pour la culture des arbres à fruit>

La renaissance des lettres sous François I^^ est aussi l'époque de la renaissance de la culture des arbres à fruits. Ce prince, en donnant aux arts une heureuse impulsion, ne dédaigna pas de s'occuper de la culture des arbres; il en lit venir des pays étrangers; il fit recueillir des renseignemcns sur les diverses manières de les cultiver en Italie; il encourag;ea les livres sur l'agriculture; mais ceux qui écrivirent, comme ceux qui travaillèrent, au lieu de s'altachex

à observer et à imiter la nature, se livrèrent à tous les écarts de l'imagination et des plus absurdes préjuge's.

Olivier de Serres^ le patriarche do l'agriculture française, qui cultivoit avec succès ses terres et beaucoup d'arbres à fruits dans nne contre'e méridionale , qui opposa son Théâtre d'agriculture aux sottises qu'on imprimoit alors j et particulièrement le cardinal DubcUay, évoque du Mans, donnèrent la plus heureuse extension à la culture des arbres à fruits. Retiré dans son diocèse, ce dernier se livra avec une sorte de passion à la culture des arbres. Il fit venir des pays étrangers^ et surtout de l'Italie, des arbres et des plantes qu'il cultivoit dans son jardin. Il y avoit établi des pépinières j il y distribuoit des plantes, des graines et des greffes à ceux qui en désiroient. C'est lui qui le premier, pour conserver des pêchers que les fournis attaquoient toujours, fit bouillir et tamiser les terres, afm de fairepérir tous lesœulis de ces insectes qui pouvoient être dans la terre qu'il mettoit en caisse.

Il étoit en relation intime avec le médecin Belon , homme vraiment passionné pour les progrès de l'agriculture et de la botanique, et qui fit, dans ce dessein, un voyage en Syrie, en Egypte et en Perse, d'où il rapporta des plantes et des arbres précieux. Belon fut dans le seizième siècle ce qu'a été dans le dix-huitième le vertueux et célèbre Poivre. Les jardins du cardinal Dubellay étoirnt la pépinière et le dépôt précieux de ces envois.

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Cest aux bienfaits de ces deux hommes que 1rs provinces du IMaiiie, de l'Anjou et de la Tourainc ont dû le bonheur d'être les premières de France qui ont eu des arbres à Fruit de toute espèce; et c'est véritablement de ces lieureuses contre'es que se sont répandus dans le reste de la France tous les arbres à fruits (j[ui furent plantés en vergers.

En voyant former tant de jardins anglais y on auroit dû espérer qu'on formeroit aussi des massifs d'arbres à fruits , et qu'à côté des chaumières, ou villages postiches, on feroit voir des vergers réels ; mais on a préféré des arbres étrangers, stériles en fruits.

Les vergers étant l'ornement des habitations, c'est auprès d'elles qu'il convient de les placer^ tant pour l'agrément qu'ils peuvent procurer que pour l'utilité qu'ils peuvent avoir pour d'autres usages économiques.

La forme en quinconce est toujours la plus agréable et la plus utile; ainsi disposés, les arbres se défendent mutuellement; les racines ont une portion de terrain plus considérable ; les branches se nuisent moins par le contact ou par l'ombre.

Il importe beaucoup de varier les espèces de fruits.

La distance entre les arbres doit être étendue, surtout si le terrain est fertile; cependant elle doit varier en raison même des arbres. Le noyer veut plus d'espace que le pommier, le poirier moins que le pommier, le prunier moins que le poirier, le pécher moins que le

prunier. Presque tous ceux qui plantent des arbres, avec quelque dessein d'ornement, pou't jouir plus tôt de leur ombre ou de leurmassif, approchent trop les plants les uns des autres. Arrivés à un certain Age ils se nuisent ; on ne peut pas se décider à en sacrifier, et on a des. arbres- qui se déforment ou qui languisseïit.

On ne peut trop recommandei^ de clore les jardins destinés aux vergert, soit p<)ur garantir les jeunes arbres contre le frottement et Ic^s dents des bestiaux, soit pour les préserver des coups de vent dans la jeunesse. Un clos, tl'ailleurs^ inspire plus d'intérêt et donne plus d'a^ grément. Un mur pourroit trop coûter , il sufïlra de faire un large fossé garni de deux rangs d'épines, et que le premier rang d'arbres soit sur la jetée même du fossé.

Il j a long-temps qu'on a reconnu la grande utilité de faire à l'avance les trous d'arbres larges et profonds, si le sol est mauvais, sauf à les remplir de bonne terre à la hauteur convenable. C'est une précaution essentielle de îa<pielle dépend le succès, et surtout la durée de l'arbre.

Les arbres des pépinières sont des enfans gâtés et accoutumés aux soins* ils sont rarement assez bien arrachés pour qu'il n'arrive pas aux uns et aux autres des déchirures qui font languir l'arbre transplanté. En supposant qu'ils soient bien arrachés, le planteur n'a pas toujours le soin de rafraîchir et disposer les racines d'une manière propre, et de dis-poser le sommet.

En plantant des sauvageons , au contraire, pris dans des bois ou forels, sur un sol ingrat eu inculte, on est plus certain de la reprise ; soigné dans le terrain dispose' il développe une prompte végétation. On ne le greffe que quand il est bien repris j n'ayant pas de déplacement à éprouver, il fournit aussitôt uœ abondante sève à la greffe.

Les arbres des pépinières en général sont le produit de semis faits avec des pépins d'arbres déjà greffés de génération en génération. Il semble qu'ils se ressentent plus. des effets de la domesticité. Les sauvageons de bois, au contraire, ne sont venus que de pépins de fruits sauvages, dans lesquels la nature conserve encore tous les germes d'une grande croissance; car si dans ses desseins elle fait croître certains arbres pour donner des fruits, elle les fait croître aussi pour devenir grands et forts; c'est au surplus une observation généralement faite, que les arbres greffés sur place et sur sauvageons viennent beaucoup plus gros que ceux des pépinières.

Si on a donc l'intention de former des vergers il iaut préférer les sauvageons ; si on ne veut avoir que des espaliers il faut préférer les arbres des pépinières, autant pour le choix des fruits que pour le succès même de l'arbre; car j'ai vu souvent des sauvageons greffés pour espalier trop s'emporter en sève , ne pas rapporter, et avoir besoin d'une main bien habile pour les mettre à fruit.

Je conseillera.i encore à ceux qui voudroat

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former des vergers de tenir tout le terrain en état de Jabour, pendant au moins cinq à six années; je n'ai pas besoin d'avertir que ce travail doit être fait avec une grande circonspection, et que le dessous des arbres doit être travaillé à main d'homme. On pourra semer quelques végétaux printaniers pour dédommager des fruits; d'ailleurs, la détriture des feuilles , la fraîcheur qu'elles concentrent , ne pourront que favoriser la végétation des arbres.

Quand les arbres du verger seront grands, quand ils auront plus de moyens, par leur liauteur et leur ramification, de soutirer de ratmosplière l'humidité qui leur est propre, on pourra alors laisser le sol du verger se couvrir de gazon, et s'en servir pour faire paître quelques bestiaux.

Parmi les diverses plantes cependant qui pburroicnt former ce pfiturage, je conseillerois d'en proscrire le trèfle, le sainfoin et surtout la luzerne, dont les racines fortes et profondes, et l'action même de leur végétation, absorberoient trop les sucs propres aux arbres. Il est inutile de recommander d'en pioscrire les ronces et les épines, et j'ajouterai Tes orties, patiences, bardanes, dont les racines sont très-funestes aux arbres.

Parmi les bestiaux il en est aussi qu'il faut constamment proscrire , comme les chèvres et les bêtes à laine • elles ne nuisent pas seulement par leurs dénis , quand elles peuvent atteindre le*; branches , m.MS encore par

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leurs émanations, quand elles sont réunies en troupeaux.

De la formation des jardins Jruitiers.

Ils supposent ne'ccssairement une plus grande profondeur à la couche de la terre ve'gétale , <[ue celle des le'gumiers, afin que le pivot des arbres plonge et s'enfonce sans éonlrainte , et surtout sans être forcé de s'étendre horizontalement.

Il esf, très-ordinaire de voir dans un jardin fruitier îcs arbres à fruits d'été, d'automne et d'hiver^ mêlés indistinctement les uns avec les autres; on ne sépare pas plus les arbres dont la végétation a une force, par exemple , comme douze, de ceux dont le degiéde végétation n'excède pas six. Il résulte de ces bigarrures qu'une allée, qu'une partie d'un es^ palier, sont dégarnies de fruits et de feuilles, tandis que les arbres de certaines places en sont chargés. Il vaut beaucoup mieux désigner un emplacement pour chaque espèce en particulier; par exemple, tous les bonschrétiens d'été ensemble, etc. 11 en est ainsi pour les arbres inégaux en végétation. N'estil pas plus agréable de voir dans une allée des arbres taillés, s'oit en éventail, soit en buisson , et tous de la même force et de la même hauteur, plutôt que d'en voir un plus haut, l'autre plus bas ? Le jardinier tîura beau tailler long et court, par exemple, une Arménie panachée, ses branches ne s'élèveront, ne

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s'étendront et ne se feuilleront jamais autant que celles d'un Da^^obert^ etc. j le premier aura perdu ses feuilles à la premièic matinée fraîche, tandis que l'autre ne se de'pouillera qn'aux gele'es. Que d'exemples pareils il seroit lacile de rapporter!

J'insiste sur la séparation des espèces , afin que le jardinier ne fasse point de nie'prise à la taille. L'homme instruit connoît la qualité de l^rbre ^ Ja seule inspection du bois ; mais pour parvenir à ce point de certitude il ûiut une longue praticjue , et surtout avoir l'art de bien observer. Un autre avantage qui résulte de cette séparation consiste dans la facile cueillette des fruits • elle évite le transport çà et là des échelles , des paniers ;, etc.

La j>osition la plus utile pour un jardin fruitier est celle d'un coteau à pente douce , et à l!abri des vents orageux. Dans les déparlemens du midi il est indispensable que l'on puisse conduire l'eau au pied des arbres , au moins deux ou trois fois dans l'été , et après que l'eau a pénétré la terre , la travailler ; sans cette précaution , le fruit flétrira sur l'arbre , ou bien ^ s'il y reste attaché , sa trop précoce maturité ne permettra pas qu'il prenne sa jçrosseur ordinaire ni son goût parfumé.

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