DES TRAVAUX DU JARDIN FRUITIER
.Jaîivier.
On continue, pendant les mauvais temps , tous les ouvrages du mois précédent qui se
font à couvert -, ou donne encore la chasse aux limaçons retirés dans les trous des murs , au pied des espaliers.
On continue la taille des arbres, des pommiers , poiriers et pruniers , quand il vient quelques beaux jours ; on attend , en février , a tailler les pêchers , les abricotiers • on a soin de réserver en taillant les branches dont on veut tirer des greffes , qu'on ne coupera aussi qu'en février,
F-èvrier.
On taille les pommiers, poiriers et pruniers , qu'on avoit épargnés jusqu'à présent , pour en tirer des greffes, qu'on prend sur de bons arbres vigoureux ; et l'on choisit de jeunes branches dé l'année.
Si l'on a quelques arbres languissans , dont la pousse s'arrête , on ne manque pas de les ravaler sur jeune bois , pour les rajeunir , et d'ébatter tous ceux que l'on veut greffer en fente e» avril , afin de conserver la sève.
On achève à couvert , pendant les mauvais temps, les ouvrages qu'on n'a pu finir en janvier.
On prépare les paillassons de paille ou de roseaux , afin d'abriter les arbres , les couches , etc.
C'est la vraie saison, à la mi-février, do tailler les abricotiers et les pécliers , sans attendre , suivant la routine ordinaire , qu'ils soient en fleurs ; car alors on ne sait où poser 5es mains sans çn abattre ^ et quelquefois ks in* 18
meilleurs. Il suffit, pour taillor, que les boutons à fruits marquent , en s'anoiulissant comme des pois: on ])alissc à mesure curoii taille.
Gommune'ment on peut tailler la vigne , sans risque , depuis la mi-février et le commencement de mars.
Quand la terre est saine , le temps au beau . et qu'on a beaucoup de plantations à iaire, on commence à planter les arbres qu'on n'a pu planter en automne , dans les terrains trop iiumides.
On visite les amandes , les châtaignes qu'on a mises en automne dans du sable à la cave , et l'on voit si elles sont germées et bonnes à planter • et si elles ne sont pas germe'es à cause de la trop grande sécheresse du sable , on le change , et on en remet de plus frais.
On plante et on sème les pépinières comme en novembre • celles-ci ont l'avantage d'échapper aux rigueurs de l'hiver et à la dent des mulots ; mais les plants poussent un peu plus tard.
Vous semez les pépins de citron , depuis la mi -février jusqu'à la mi-mars, pour faire des sujets propres à recevoir les greft'cs des orangers. Les pépins des oranges de Malte, selon quelques habiles orangistes , valent encore mieux.
On ne doit pas tarder de planter les rejetons enracinés des noisetiers, ainsi c[ue les boutures des groseilliers , des osiers , qu'on coupe d'un pied de longueur ^ et qu'on en-
fonce jusqu'à la terre dure ; il suffit que la tète sorte de trois à quatre pouces : on plante les bouturés par un temps lumiide , et jamais par
le liâle.
Il ne faut pas oublier , à mesure qu'on taille des arbres , d'écraser la punaise grise qui s'attache derrière les branches : les orangers y sont fort sujets , ce qui lui a donné le nom de punaise d'oranger.
Les limaçons n'ont pas encore quitte' leurs retraites ; il ûiut les chercher dans les trous des murs eL dans les tas de pierres.
Il faut labourer tous vos arbres aussitôt qu'ils sont taille's , avant qu'ils fleurissent , parce que l'humidité qui s'élèveroit de la terre fraîchement remuée, s'attachant aux fleurs , les exposeroit à la gelée. Ge labour est le second dans les terres légères et sèches qu'on a dii labourer avant l'hiver , et le premier dans les terres froides , qu'on n'a pas du, au contraire , ouvrir avant l'hiver ;, et qui ne sont pas mtme assez; ressuyées encore pour les labourer dans ce temps-ci : si elles sont boueuses , on attend en mars , en avril , ou en mai , quand les fruits sont noués.
On fume en même temps les terres légères avec du bon fumier de vache, bien consommé, et les terres fraîches avec du fumier de cheval.
On planté la vigne en février et en mars; les coteaux , la terre légère et caillouteuse \\n conviennent.
Mars.
Oii continue de planter les arbres et de faire les labours avaut que la fleur paroisse ; ou met une douve , une petite planchette audevant des pêchers qu'on a plantés, pour i^arantir les bourf^eons qui pousseront des i^eie'es et du grésil.
Les taupes coupent quelquefois les racines des arbres; elles tracent et remuent beaucoup de terre dans ce temps-ci : on doit leur tendre des pié(,'^es.
On commence, selon l'aiicienne coutume , ou l'on continue de tailler la vigne , si on a commencé à la mi-février ; ce qu'on a pu l'aire sans risque de la tailler trop tôt.
On plante les groseilliers de bouture à mesui^e qu'où taille^ et les framboisiers de plants enracinés.
Ou plante des mûriers , des grenadiers de plants enracinés , des cognassiers tle boutures et de plant enraciné, des noisetiers de plant euraciné , des figuiers de boutuies , de marcottes , de plant enraciné.
C'est encore le temps de planter des pcpiîiières de châtaignes , de noix , d'amandes et d'autres noyaux, si ou ne l'a point fait dans les mois précédens.
On continue jusqu'à la fin de ce mois tous CCS ouvrages -, il faut donner un labour aux osiers pour détruire les herbes.
U Cil encore temps de semer des pépins
d'oranges sur couches , eu dans des pots qu'on enlbuit successivement dans plusieurs couches chaudes, pour les avancer : on marcotte aussi des brandies.
Si vous voulez, avoir des câpriers , vous les sèmerez, ou planterez dansles crevasses et trous de murs.
Les grandes gele'es étant passe'cs , on découvre les figuiers qu'on avoit couche's dans la terre en décembre , et ceux des espaliers qu'on avoit empaillés.
C'est le meilleur temps pour ôter la mousse des arbres , après quelques pluies , à la fin de l'hiver , parce qu'elle ne se reproduit point pendant la sécheresse et les chaleurs de fété^ et se trouve détruite pour cinq ou six ans.j mais quand on fote avant l'hiver , fhumidité de la saison la re^^roduit bientôt.
11 est temps de commencer à ratisser et \ nettoyer les allées. Il faut faire la guerre aux fourmis , dès qu'elles paroissent dans les arbres ; les fioles ou petites bouteilles remplies d'eau sucrée sont les pièges qu'on leur tend, • ainsi qu'aux perce-oreilles.
Quand la sève est en mouvement ; ce que l'on connoît lorsque l'écorce des arbres se détache facilement, on greffe en fente, en écusson , ou à la pousse : il vaut mieux attendre à la fin du mois, ou en mai, si la sève est encore languissante.
2l4 NOUVELLE
La mi-avril est la saison de marcotter les grenadiers ; c'est encore le temps de planter les liguiers de boutures, de marcotter des plants enracinés qu'on trouve sur les vieux pieds , ou des morceaux mêmes de vieille souche qu'on éclate , pourvu qu'il y tienne de la racine: les petits plants peuvent se planter en caisses ou en pots.
On taille les figuiers en pleine terre , quand ils s'élancent trop, aussitôt que leure yeux paroissent et que le fruit est sorti, c'est-à-dire qu'on raccourcit toutes les branches élancées et sans couronne , afin de les faire fourcher : ceux qui sont suflisamment garnis de branches depuis le bas jusqu'au haut, et dont les branches sont couronnées , peuvent s'en passer , cette taille n'étant faite que pour multiplier les branches à fruit. Mais pour les figuiers en caisses ou en, pots , on ne sauroit se dispenser de les tailler pour leur faire prendre la forme qu'on veut leur donner , qui doit être celle de l'entonnoir ou du buisson ■ les figuiers taillés en boule sur la tige ne produisent pas de fruits.
Dans les années hâtives , on commence par éclaircir les abricots lorsqu'ils sont trop serrés et par paquets j on supprime les plus petits , les mal faits , et on laisse de préférence ceux du bas des branches : dans les trochets, où ils sont serrés, on tourne entre les doigts ceux qu'on veut ôler, et on les tire doucement à soi pour ne pas endommager les autres..
3IAIS0N RUSTIQUE. 2l5"
La greft'e en couronne, entre le bois et l'e'corce, se fait aussi quand les arbres sont en pleine sève -, die n'c^t pas sans inconvénient.
Le contraste du froid et du chaud fait quelquefois cloqner toutes les feuilles du pécher, et le puceron s'^ loge : le remède est d'abattre ces feuilles, quand elles commencent à se faner , et de les brûler pour de'truire le puceron. Si on les abattoit trop tôt, la saison n'étant pas avancée, les nouvelles feuilles, qui ne tardent pas à repousser, seroient encore exposées au même accident.
C'est la saison de faire des ineisions longitudinales au corps des arbres dont la tige est restée plus maigre d'un coté que de l'autre , et se trouve arquée, ou bien quand la tige est restée en totalité plus maigre que la greffe., ce qui s'exécute avec la pointe de la serpette, en fendant l'écorce jusqu'au bois.
C'est aussi le temps en avril ou en mai . lorsque les nouveaux bourgeons ont cinq ou six pouces de longueur, de courber les branches trop vigoureuses de quelques arbres qui s'emportent plus d'un côté que d'un autre, ce qu'on appelle arbre épaulé , et de détacher et de laisser en liberté le côté le plus foible, qu'on lâchera alors, n'ayant plus besoin d'être contraint.
Il faut commencer à ficher des échaJas au pied des souches de la vigne.
Faire la guerre aux hannetons on secouant les arbres le malin et à midi.
2l6 NOUVELLE
Cherclier sur les poiriers de bon-clire'tien d'hiver la chenille noire , qui gâte ses fruits et tous les autres en général.
MaL
On fera bien d'accoler et de donner le premier lien à la vigne.
On visitera les espaliers pour retirer les nouveaux bourgeons qui passent derrière les treillages ; on attachera les plus longs, et l'on ôtera les feuilles éloignées et les limaçons.
Il faut pincer ou rompre les jeunes branches de groseilliers, élever les tiges que le vent pourroit casser.
Vous n'oublierez pas les greffes en écusson des châtaigniers, des cerisiers et des pru-niers , si elles ne sont pas encore faites ; celles en flûte ou en sifflet des figuiers y et encore celles en fente qui restent à foire des pommiers et des poiriers. Les greffes faites en ce temps-ci pousseront au bout de quinze jour.s si le temps est favorable, pendant que celles faites en avril sont quelquefois un mois sans qu'on y aperçoive aucun mouvement.
Vous fumerez, s'il en est besoin , et labourerez aussitôt que les fruits seront noués , les i'.rbres qui n'ont pu l'être dans les terrés fortes et liumides-.
Si fou éprouve une grande et longue sécliorcsie en mai , les arbres manquent de sève , les fruits se délacîient et tombent 3 il faut alors verser avec l'arrosoir quelques scau^;
MAISON PTTSTIQUE. 217
d'eau par-dessus les feuilles , si l'on peut , et au pied de ses arln-es , pour les remettre en sève j les prunes tombent les premières.
On donne un second ratissage aux alle'es , et l'on tond les buis pour la première fois, afin qu'ils puissent se recouvrir de feuilles avant i'e'té.
Quand on s'aperçoit par des points noirs , particulièrement au revers des feuilles du î)on-chre'Lien d'Iiivcr^ qu'elles sont attaque'es du tigre , on les passe fortement entre ses doigts , pour e'craser l'insecte et ses œufs.
On sorties orangers de la serre, ainsi que les figuiers en caisse ou en pots^ on les travaille ensuite avec de l'eau écîiauffe'e au soleil 5 on enlève toutes les feuilles chancre'es , le bois mort , et l'on donne l'arrondissement à la tète en les taillant, car c'est la véritable saison. Les jardiniers , pour en tirer plus de fleurs , remettent à les tailler en septembre , mais aux dépens des arbres, qui restent trop chargés et mal formés pendant la fleur et tout l'été. Les petits orangers élevés de pepiii et sur couches n'ont plus besoin d'abri j on continue d'arroser ces arbres une fois par semaine, jusqu'en mai, qu'on commence à les arroser plus souvent ,• on rencaisse ceux qui en ont besoin.
Les gelées étant passées , il est temps d'ôter les petits paillassons qu'on avoit placés audessus de ses espaliers , en décembre ou en février; on ne les ôtera que dans le temps sombre et couvert , et non dans l'ardeur du III. 19
5il8 NOUVELLE
soleil ; on enlève aussi les petites planchettes qu'on avoit mises au-devant de ces arbres.
Les greffes faites en avril commencent à lemuer si le temps a été favorable.
L'ébourgeonnement du cerisier liatif ou précoce, qui est en espalier au midi, doit précéder celui de tous les arbres, son fruit mûrissant le premier • on lui ôtc peu de bourgeons, et l'on attache tout ce qu'on peut attacher.
On donne le second labour à la vigne quand tous les risques sont passés.
On donne un léger labour tous les mois aux orangers avec la houlette; tant qu'ils sont liors de la serre.
Il ne faut pas attendre la saison ordinaire pour ébourgeonner les pêchers où les four^ mis et les pucerons se sont jetés , et ont formé au bout des branches des houppes qu'il fai^ couper et jeté;" au feu»
Juin.
Au commencement de ce mois on met un second lien à la vigne pour rassembler les bras qui se sont alongés , et on l'ébourgeonne pour la secondefois.
Quelques-uns ne se contentent pas d'avoir, en avril, taillé leurs figuiers en caisses ou en pois , ils pincent et rompent encore à la fin de juin , à trois ou quatre yeux , les plus forts des nouveaux bourgeons ou les nouveaux jets les plus vigoureux, suivant leur force. Ces
'^MAlSfON RUSTtQUE. ^Stg
trois ou quatre yeux feront une couronne de branches à fruit pour l'année suivante;, et le fruit de l'année qui profitera de Ja sève qui s'y seroit portée , en deviendra plus beau -, mais comme c'est le temps de l'cxtravasiou du suc laiteux , que cet arbre rend avec abondance par l'extrémité de^ branches rompues , nous croyons cette opération plus dommageable qu'utile ; il vaut mieux se contenter de raccourcir les branches trop élancées en avriL
Contiimez de palisser les trcilles dont le vent casseroit ies bras les plus alongés.
On coupe le lien de la greiFe en écusson.j quand on voit que l'écusson est bien repris^ -alin qu'il n'étrangle pas la greffe.
Il est temps de tendre des pièges aux loirs, avant que ces animaux commencent à sortir pour manger les abricots et les pêches, afin qu'ils voient ces pièges en sortant, et s'y accoutument sans être épouvantés, comme ils le seroient s'ils ne les avoient pas vus d'abord ; les meilleurs pièges sont les quatre-de-cliifffi'e, ou les petits assommoirs, qu'on tend à leur passage, sur le chapiteau des murs, où ils coureut pentlant les nuits pour gagner le^ espaliers.
A la rni-juin on recoupe encore par la inuilié les branches gourmandes dont on avoit ;Tetmnché la moitié en mai.
On aiTose les figuiers en caisses ou en pots, •de deux jours l'un, depuis cette époque jusqu'à ce que le fruit soit cueilli.
On cueille les boulons de câpriers avant
que les fleurs épanouissent- les plus pelîis Jjoutons et les plus fermes sont les meilleurs.
On ne donne plus que des ratissages et menues façons aux pieds des arbres datis les terres légères • mais il faut travailler les terres fortes, fraîches et argileuses , qu'on ne sauroit trop ouvrir et remuer après l'hiver.
Il faut donner aux oliviers le premier la- Lour à la houe , et tous les mois un petit labour avec la houlette aux orangers.
Ebourgeonner les abricotiers , les pêchers , après le solstice, temps où le soleil, dardant ses rayons plus aplomb , cause à la sève une forte fermentation , et fait pousser une inliiiile' de bourgeons ; en un mot , c'est le temps de la grande pousse des arbres : c'est donc luie règle certaine, qui ne sauroit tromper, que de ne se pas presser d'ëbourgeonner plus tôt, pour ne pas recommencer, comme font ceux qui manquent de pratique ou d'instruction. Les poiriers et les pommiers, qui sont plus tardifs , s'cbourgeonnent plus tard , au déclin de la canicule , quand le bouton est formé au bout des branches.
On commence l'ébourgeonnement par les abricotiers , ensuite celui des pêchers à fruits hâtifs , si les bourgeons sont assez alongés , comme d'un pied ou quinze ponces, pour soutenir l'attache et pouvoir palisser.
Les jeunes pcchers sont toujours ceux qui pressent le plus , parce qu'ils ont ordinairement poussé de fortes branches fort alongées, que ic vciit casseroit : vous aurez soin de ré-
server en ébourgcoiuiant quelques l)ranches superflues , que vous ne couperez point , mais que vous marquerez et atlacherez au mur , afin d'en tirer des j,a'cfles , si vous en avez besoin pour les e'cussons à œil dormant en août.
Il est encore temps de courber les branches atlaque'es par les fourmis et "par les pucerons, si on ne l'a pas fait plus tôt.
Les arbres étant ébourgeonne's , on couchera en palissant les branches les plus hautes sur le chapiteau des murs, sans i-c*; couper et arrêter, parce qu'elles ne dépassent pas les murs , si ce n'est en septembre, lorsque la sève est arrêtée.
Le palissage étant fini, il ne reste plus quà éclaircir les pêches qui sont trop serrées^ qui se nuisent , et ne pourroient grossir ni mûrir parfaitement. Les abricots ont été éclaircis en avril • on éclaircit aussi les poires trop serrées, mais on n'ôle rien aux rousselets ni à la plupart des fruits d'été.
On retire quelques clous des arbres palissés au clou et à la loque , quand les clous se trouvent près du fruit , et l'on passe une petite pierre sous les branches où il se trouve quelques fruits trop près du mur, qui les endommageroit.
On a l'attention de n'éclaircir les pêches tardives que liuit à dix jours après les autres, parce qu'il en tombe ordinairement après i'ébourgeonnemnt. Les prunes des arbres à plein vent , quand il y en a tvop , perdent
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beaucoup de leur qualité, si l'on n'en diminue pas Je nombre^ en coupant celles qu'on veut otcr , par le milieu de la queue, avec des ciseaux.
Ce n'est qu'en juin que la vigne defleurit et que les grains commencent à paroîlre^ c'est le temps, aussitôt qu'ils sont de la grosseur dune tcie d'c'pingle, d'cclaircir les branches du muscat, dont les grains, toujours serrés etenfoncés, mûrissent difficilement • on en ôte les deux tiers ou les trois quarts avec de petits ciseaux pointus et bien affilés : les plaies se referment assez promptement, et les grains qui restent deviennent plus gros , plus croquans, prennent plus de couleur et mûrissent mieux.
La seconde opération après l'ébourgeonnement des arbres, c'est de découvrir les fruits qui sont cachés sous les feuilles, à mesure qu'ils en ont besoin ^ on n'abat point les feuilles entières, avec leur talon ou pédicule, ce qui nuiroit à la branche et au fruit , qui ne prendroit pas autant de nourriture j on les casse adroitement dans le milieu , en les serrant entre deux doigts , et les tirant prestement en tournant. On ne fait cette opération qu'après quelque petite pluie, et jamais dans 3a sécheresse et la grande ardeur du soleil, qui frapperoit les fruits trop vivement.
La tache blanche et large qu'on aperçoit sur des fruits découverts naturellement, ou qu'on a découverts mal à propos, vient d'un cQup de soleil; dont les poches qui en sont.
couronnées, comme on dit, ne profilent plus
et se gâtent
On attend, pour découvrir les abricots et les pèches lialives,que ces fruits commencent à tourner , ou prendre de la disposition à mûrir : on les découvre peu à peu , à mesure qu'ils avancent en maturité j mais la pèche de Ja'' Madeleine particulièrement.
On acliève d'ébourgeonner la vigne, et on donne à la fin de juin le troisième et dernier palissage des treilles : on pince, on casse à l'endroit de quelque nœud , le bout des branches pour les arrêter , et on devance de huit jours cette opét-ation dans les climats un peu plus chauds que celui de Paris,
Il faut se disposer, au isolstice , à arroser tous les jexme^ arbres nouvellement plantés. Si on veut assurer leur réussite, vous faites au pied de vos arbres un petit bassin d un pied de diamètre, en ramenant de la terre circulairement, et non pas en creusant au pied de l'arbre, comme le font maladroitement les jardiniers ignorans, qui découvrent ainsi les racines qui restent couvertes de trop peu de terre, et s'éventent quand la terre, après les arrose mens, se fend par l'ardeur du soleil.
Vous couvrirez le bassin , après avoir arrosé , avec de la litière ou du crottin de cheval, ou du terreau, ou d'une planche, et au défaut de tout, avec de la terre sèche et émiettée, afin d'y conserver la fraîcheur^ et d^empécher la terre de se fendre. Vous continuerea de les arroser jusqu'à la fin d'août.
Vous pincerez à sept ou huit pouces, et même un piod , le maître jet des £,nTlles en fente , quand il se trouve encore seul et qu'il s^'llonge trop, afin de le tenir bas et de lui faire pousser des bouri,'eons qui deviendront de bonnes branches que vous taillerez l'année suivante, afin de les avancer et de les faire mettre à fruit ; mais on ne parle que des j^reffos des arbres qui sont en pJace, et non de celles des pépinières et autres arbres à replanter, auxquelles on coupe la tcte eu les tran.s{)lantant- il n'y faut point toucher.
C'est le temps , vers la fin de juin , de couper à moitié de leur longueur tous les bourf,'^eons et nouveaux jets des extrémités les plus hautes des arlîres stériles, poiriers, pommiers ou pommiers nains , qu'on veut laisser aller sans les tailler, pour les faire mettre à fruit 3 ils repousseront de nouveaux bourgeons de tous les jeux restans , qui auront encore le temps de s'aoùter , c'est-à-dire do prendre de la consistance et de la maturité , par la chaleur du mois d'août.
Il faut évider les groseillieis en entonnoir, en les ébourgeonnant au-dedanset au-dehors, et pincer toutes les pointes à une égale hauteur , quand les groseilles sont tout-à-fait rouges , tant pour faire grossir et achever de mûrir le fruit, en le débarrassant de tousses bourgeons, et lui procurant la vue du soleil, que pour cueillir plus facilement et en éloigner les moineaux (pii se cachent dans l'épais feuillage, et détruire en
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même temps les pucerons qui s'y logent.
C'est aussi dans le solstice , où il se fait un nouvel epancliemeut de la sève, qu'il faut prendre garde au flux de gomme qui en provient : il ne paroit d'abord qu'une petite lâche à la lyianclie attaquée j mais bientôt, si vous ne la coupez deux doigts au-dessous du mal, il gagne promptement, et fait mourir toute la branche.
Les insectes qui ont attaque' les arbres au printemps se renouvellent et prennent de nouvelles forces dans ce temps-ci , ainsi que dans la canicule : ces insectes sont les punaises , les pucerons , If s clienilles.
Le bianc, la rouille, la chute des feuilles, sont aussi les accidens dû temps, qui disparoissent l'année suivante; mais les chancres, les ulcères et les excroissances, qui viennent de la même cause , restent ordinairement pour toujours.
Juillet.
On continue, dans ce mois , d'arroser les jeunes arbres, et l'on donne le troisième ratissage aux allées.
Les mêmes soins aux orangers qu'en juin ; ils sont en pleine fleur. On continue d'èbourgeonncr les pêchers.
On découvre l'abricot hâtif de quelques feuilles au commencement de juillet , et le gros abricot quinze jours après , lorsqu'il commence a jaunir et à s'éclaircir.
On coupe les branches gourmandes pour
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la troisième fois; on donne quelques Linaggis ou rcenues façons avec la binette à tout ce qui en a besoin, pour faire mourir l'herbe et rendre la terre meuble.
Depuis le 1 5 juillet jusqu'au commence-' ment de septembre, on peut faire des greffes en ëcusson à oeil dormant sur le prunier et; l'amandier, pour y élever des pêcliers et des abricotiers , et le premier sur son propre sauvageon , ou poser les e'cussons sur le pêcher même et sur l'abricolicr ^ mais seulement sur les branches de l'anne'e auxquelles on veut ajouter quelques branches qui manquent , ou changer d'espèce, et sur les poiriers et pommiers de même.
Depuis la mi-juillet jusqu'à la mi-septembre on peut écussonner les petits orangers de deux ou trois ans , lorsqu'ils ont acquis la hauteur du doigt , à deux ou trois pouces au-dessous du tronc , afin que la tige soit formée du jet de la greffe , et qu'elle ne repousse pas de l)ourgeons francs , mais de la greffe : si , dans la suileV quelque maladie ou accident obligeoit d'étêter l'arbre , on fera encore mieux d'attendre à les e'cussonner au commencement d'août.
On de'couvre un peu la pèche petite-mignonne qui mûrit dans ce mois- ci.
Les framboisiers, soit en haies, soit en buissons, seront tenus à la hauteur de trois pieds, quand le fruit sera passé, tant pour la propreté que pour donner plus de nourriture aux souches.
KTATSON RUSTIQUE. 227
On ne doit point encore e'hourgconnor les poiriers , pommiers et prmiiers , quoiqu on le voie faire à d'autres , afin que leurs arbres aient l'air d'être plus tôt arrange's : il n'y faut pas proce'der que le bouton ne soit formé au bout des branches , ce qui est le signe certain que la sève est arrêtée et ne produira plus de faux bourgeons.
On ébourgeonne de nouveau, on attache et on laboure la vigne avant le mois d'août; on détruit en même temps les limaçons, les perce-oreilles, qui sont logés dans les feuilles repliées et dans les liens.
L'écusson de pécher doit être appliqué sur diiférens sujets; au déclin delà seconde sève, sur le prunier de Saint-Julien, à la fin de juillet ', mais sur le jeune amandier, qui garde sa sève plus long-temps, ce n'est que vers la mi-octobre.
Août.
Lès arrosemens et les labours se continuent aux orangers comme ci-devant, de même qu'à tous les jeunes arbres de l'année :on n'ébourgeonne les orangers que vers le déclin de la canicule, comme les autres arbres, après le renouvellement de la sève d'août, quoique plusieurs jardiniers ébourgeonnent en juillet et septembre , aussitôt que la fleur est passée; mais cette propreté prématurée fait pousser de nouveaux bourgeons; après l'ébourgeonnement dont nous parlons on n'y touche plus. On greffe les orangers en écusson dormant.
On découvre la pcclie grosse-mignnnnc , à mesure qu'elle commence à tourner ou blanchir, du coté de la queue , qui est le côté opposé au soleil^ et les prunes de reine-claude qui sont en espalier au midi.
Pendant le renouvellement de sève de la canicule, appejée sève d'août, les arljres poussent une multitude de jets. Le pécher principalement, après avoir été ébourgoonné exactement en juillet, paroît tout-à-coup hérissé d'un nombre prodigieux de bourgeons confus, qui se reproduisent jusqu'au-delà de la canicule, après quoi cet arl)re devient sage. Il faut bien se donner de garde d'ôter aucune de ces branches folles : l'expérience apprend qu'il en repousseroit de nouvelles en plus grand nombre; il faut donc laisser vos pêchers jeter leur feu , et préférer de les voir long-temps en désordre , que de les perdre par une propreté mal entendue ; mais on est assuré qu'au déclin de la canicule il ne poussera plus de ces faux bourgeons : c'est le cas alors de les supprimer, c'est-à-dire à la fui du mois ; on n'épargne que ceux qui peuvent être palissés.
On donne le troisième labour à la vigne avant que les vignerons aillent en moisson. Repassez le long de vos espaliers , pour attacher les pointes des branches qui sont alongées depuis le palissage qu'on a fait eu ébourgeonnaut.
Découvrez de leurs feuilles après quelques pluies p comme il a été dit , eu cassant
MilSOlSl' RUSTIQUE. 229
les feuilles pav la moitié^ du poirier, du honclire'iieu d'hiver et de la pomme d'api y pour leur donner de la couleur.
On continue de greft'er en ecusson jusqu'au i5 septembre. Le temps est venu de supprimer aux pêchers tous les faux bourgeons dont on a parle' précédemment,
Septembre.
On donne quelquefois en septembre un sarclage léger au labour, pour détruire f herbe qui a dû croître dans les vignes, quand le mois d'août a été' pluvieux; ce travail favorise la maturité du raisin. Quand on veut tenir ses arbres proprement , on fait un troisième pa-' lissage pgur attacher toutes les branches de la pousse du mois d'août ,• on coupe celles qui débordent le chapiteau, quand on peut les coucher au-dessous ', on ne craint point alors qu'elles poussent de nouveaux bourgeons.
On continue de greffer en ecusson jusqu'au i5 septembre.
Il faut découvrir de quelques feuilles les raisins de treille, quinze jours seulement avant leur maturité, et avec précaution, ne découvrant d'abord que ceux qui se trouvent étouffés sous un trop épais feuillage, à qui l'on peut procurer plus d'air sans les découvrir encore tout-à-fait; carie raisin surtout ne mûrit pas lorsqu'il est trop dépouillé de ses feuilles; quand il est découvert à propos, le chasselas/ prend cette belle couleur ombrée qu'où estime,
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On découvre aussi de la même mam'erc la poire de bon-clirelien d'iiiver et la pomme d'api, si on ne l'a pas fail plus lot, afin de leur faire prendre un rouge vif qui en relève la beauté.
On donne la quatrième façon ou ratissage aux allées, au moyen de quoi elles resteront propres pendant tout l'hiver.
Les arbres que l'on plantera en novembre , et même au printemps, en vaudront mieux si on fait les trous pendant ce moment ; les impressions de l'air en préparent la terre.
On continue de serfouir ou labourer légèrement les orangers; mais ils ne seront plus arrosés qu'une fois par semaine, jusqu'au commencement d'octobre , huit jours avant de les rentrer dans la serre, ainsi que les figuiers en caisses et en pots.
On tond les buis pour la seconde fois.
On greffe le pêcher sur le jeune amandier vers la mi-septembre.
Quelques jardiniers ne taillent leurs orangers qu'en septembre, quand la sève est arrc- ,ée, pour avoir plus de fleurs; mais ils font tort à leurs arbres, et confondent l'ébourgeon- ^raent avec la taille; car c'est le temps de jcs ébourgeonner en septembre et en octobre après la fleur. On a du les tailler en mai. Ou laisse échapper quelques menues brandies pour avoir de la fleur en hiver.
On achève de découvrir les chasselas de toutes leurs feuilles ; il n'y a plus de risque à présent ; le raisin est clair et dans toute sa
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grosseur ; il n'a plus qu'à prendre couleur , c'est-à-dire à devenir blond et doré en mûrissant , ce qui est la perfection du chasselas. On laisse en place jusqu'en octobre celui qu'on veut conserver pour l'hiver.
C'est le temps de garder les noix; on les met en monceau dans un lieu sec et aéré où elles achèvent de s'écailler ; on laisse sécher les noix, dépouillées de leurs robes, à l'ombre dans le grenier; elles se conserveront sèches tout l'hiver j mais on a soin de mettre dans le sable, à la cave, celles qu'on destinera pour planter en pépinières au j^rintemps.
Pour cueillir tons les fruits en général , il jiaut choisir un tenipj sec, afin qu'ils se conservent mieux ; observer de ne pas rompre leur queue, de les peu toucher, de les porter doucement sans les heurter ni les meurtrir. .On a pour cette cueillette de grandes corbeilles plates à deux anses, que deux hommes portent,* on en garnit le fond et les côtés avec des feuilles de vigne ; on pose dessus un seul rang de fruits , jamais l'un sur l'autre, et surtout des pèches, plus sujettes à se meurtrir que d'autres.
Dans les années hâtives, ou ramasse déjà des châtaignes. On gardera les pépins des poires et des pommes, mettant à part ceux de doucin et de paradis, pour former des pépinières en novembre ou en mars. Le moyen de se pourvoir d'une quantité suffisante de pépins de poires ou de pommes , c'est de ramasser, quand il est sec, le marc de ces
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fruits qui ont été sous le pressoir j on les frotte entre les mains et on les crible • ceux même des fruits pourris sont aussi bons que d'autres. On étend ces pépins sur le plancher d'un f^renier , où ils restent jusqu'à ce qu'on les sème, ou bien quand ils sont secs on les conserve , à l'abii des pourris , dans des sacs suspendus au plancher.
Il faut se transporter vers le commencement d'octobre dans \qs pépinières , pour choisir les arbres qu'on veut planter j on les frappe au pied d'un petit coup de marteau, pour y laisser rcmjncinte de deux lettres, afin de les reconnoîlre et de les lever ensuite quand la feuille sera tombée : les arbres en valent mieux de ne pas être arrachés plus tôt , ce qu'on n'observe point assez. Si on attend plus tard à marquer ses arbres, on court risque de trouver les j:)lus beaux enlevés , et de n'avoir que le rebut.
On plante les marcottes des grenadiers qu'on a faites en ^vril.
Octobre.
il est encore temps de donner le dernier ratissage aux allées, si on ne l'a déjà fait, et une petite façon à tout le jardin , afin qu'il reste propre pendant tout l'hivei'.
Dans les plants de bois et dans les ])é- ■pinières qui sont dans les fonds humides, où il a crû beaucoup d'iierbes, il faut ramasser les terres en buttes et par chaînes,
pour faire pourrir les licrbes rclournécs pendant l'hiver ; ces terres s'ei^^outtent et se mûrissent ainsi : on les re'pand au printemps , et c'est la meilleure façon qu'on puisse leur donner.
On cueille tous les raisins, tant cliassclas que muscat et autres , par un l^eau temps, pour les conservei* dans des armoires ou sur des claies, à l'jibri des gele'es et de toule impression de l'air.
Il n'y a plus de pèches en octobre que la persique et la pavie , qui mûrissent rarement. La pavie surtout ne mûrit guère que dans les pays les plus chauds , comme la Provence, où la grande ardeur du soied, qui est contraire, dans ce pa3^s , aux pèches tendres , n'a que la force nécessaire pour attendrir la pavie , et lui donner la qualité qu'elle n'acquiert jamais ici.
On cueille les poires de messire - jean , de marquise^ de cressane, de bergamote d'automne et de saint-germain, vers le lo octobre , les pommes de calville rouge et de calville l>lanc.
Dans les années hâtives on achève la récolte des châtaignes et des amandes, et oa met dans la cave celles qu'on destine aux pépinières.
Si on a empaillé des groseilles en JLiiliet^ on eiî a encore jusqu'aux gelées.
Si votre terrain n'est pas trop froid, on l'année tardive , vous cueillerez tous les fruits d'hiver le g jusqu'au i5 octobre^ mais da;îs III. 20
23^ ' isauvEXLT:
les deux cas ci-dessus vous attend rcz jusqu'à la, fin du mois.
Il ne faut pas se presser trop de cueillir ces fruits ; quoiqu'il en tombe quelques-uns , ils ne seront pas perdus en les serrant sèchement, s'ils ne sont pas meurtris, et en les faisant cuire au cliaudron , dans Teau re'duite au sirop. Le» fruits cueillis trop tôt se rident, se fane» t et se dessèchent; il n'y reste que la peau et le cœur pierreux,, sans jamais mûrir.
On fera bien de laisser le bon-chre'tien d'hiver huit jours plus tard que les autres sur l'arbre pour le perfectionner, et la pomme d'api le plus long-temps que l'on pourra, afin qu'elle prenne plus de couleur.
On continue de faire des trous pour planter des. arbres.
On peut encore, dans cette saison, changer de terre les orangers qui en auront besoin; on rechausse avec tlu petit fumier de mouton ceux qui sont languissans ; on les serfouit et on les mouille tous pour la dcrîîiëre fois, huit jours avant de les renfermer. On emporte ceux qu'on a élèves sur couche , et on finit par les entrer tous dans la serre, vers le i5 du mois.
On porte les nèfles au grenier, sur de la paille , pour les faire nuirir. >■
A l'égard des coings, il ny a pas do risque d'attendre, pour les cueillir, jusqu'aux gelées, qu'ils ne craignent pas, et jusqu'à ce qu ils aient acquis une belle couleur d'or : on les
essuie pour en ôter le duvet ; et , après les avoir mis un peu au soleil, on les serre clans un lieu sec et séparément, à cause de leur odeur forte qui feroit gâter les autres fruits. Malgré toutes ces précautions, ils pourrissent bientôt si l'on n'a pas soin de bonne heure d'en faire des compotes, de la marmelade ou du ratafia.
On finit le travail de ce mois par porter des terres neuves , des gazons , des gravats ou démolitions de 'murs faits en terre, des boues de rues long-temps reposées à l'air, et autres engrais qu'on répand aux pieds de ces arbres, ainsi que les fumiers qu'on ne fait non plus que répandre sur les terres froides avant l'hiver.
Novembre,
On lève , dans les pépinières , aussitôt que la feuille est tombée , les arbres qu'on a marqués en septembre ; c'est la saison de les planter, particiilièremenl dans les terres lé-= gères '( surtout dans les départemens méridionaux ). Nos cultivateurs de IMontreuil préfèrent, en général, la plantation du printeitips ; elle peut être plus favorable dans leur terrain- mais on conviendra que d'attendre au printemps à planter dans les terres légères, si la saison est sèche, la plantation manque en plus grande partie ; au lieu que si on plante avant l'hiver , les arbres ont poussé quelques racines, qui ont pris corps et se sont alliées sivec 1^ terre, de façon qu'il-:
craignent moins la sécheresse. Le pommier et le prunier surtout exigent encore plus que d'autres d'être plantes avant l'hiver.
On répand du fumier aux pieds des arbres, dans les terres froides qu'on ne laboure qu'au printemps • mais pour toutes les terres usées, ou trop sèches , les sables et les terres légères en général, on les laboure profondément avec la fourche, dans le commencement de novembre • nous disons avec la fourche, car la bêche, qui tranche les racines des ar])res, doit être bannie pourj jamais du jardin fruitier.
Vous n'oublierez pas de planter en pépinière dans cette saison, comme;iu printemps, toutes les boutures et rejetons enracinés de pruniers, merisiers, poiriers^ pommiers, etc., on un mot, tous les plants, les châtaignes, Jcs amandes, les nojaux, etc. On a vu en février la raison de former les pépinières de ces noyaux au printemps, en les conservant pendant fhiver dans du sable à la cave, pour les faire germer. On peut toujours, sauf à recommencer, semer quelques pépins qui avanceront plus que ceux que l'on sème en février et mars, s'ils échappent aux rigueurs de l'hiver.
Quand on veut avoir du plant de mûrier, on a soin de marcotter des ])nmches quand la feuille est tombée.
L'olivier se plante eu novembre dans les pays chauds, et eu février et mars dans les pHjs leinpérés.
On coupe les osiers vers le 1 1 novembre, quand la leuillcest tombée, après les premières i;elécs. On ne coupera qu'en mars ceux qu'on réserve à faire du plant.
On tire les échaias de la vigne pour les mettre par chevalets dans le jardin ^ pour passer l'hiver ou les serrer à l'abri , s'il y en a peu , et l'on cure les raies dans les vignes , c'est-à-dire qu'on en relève 'a terre qu'on jette à droite et à gauche sur les planclics avec la houe ; ce qui fait des sentiers propres, et donne de l'e'coulement aux eaux.
On retire le petit fumier de mouton ^ qu'on avoit mis en octobre aux pieds des orangers languissans, parce que ce fumier, s'il y on restoit plus de six semaines, au lieu de les raviver, les brùleroit.
Quand les gelées deviennent trop fortes, ou les pluies trop fréquentes, et qu'on ne peut ni labourer ni planter, on s'occupe à couj)cr des perches pour i accommoder des treillages, et à faire des paillassons j on coupe et on aiguise les échaias , on élite les osiers, on fait des caisses.
On taille le câprier.
On peut enfin , quand les feuilles sont tombées, éplucher et préparer la vigne pour la taille, ainsi que les pêchers et les abricotiers, ôtant les chicots, les bois morts, queicpaes bourgeons et brandies inutiles ; c'est autant d'ouvrage fait avant la taille , qui n'aura lieu entièrement qu'en février pour la vigae , pour les pcchcrs et les abrico-
tiers; mais pour les autres, aussitôt que la feuille est tombe'e.
On peut commencer à enlever la mousse des arbres après quelques pluies , et continuer de même pendant l'hiver ; mais /C" mieux c'est à la fin de l'hiver.
Décembre.
On ne tailloit autrefois les poiriers et les pommiers qu'en février^ comme les pêchers après les fortes gele'es; on les taille à pre'sent aussitôt que les feuilles sont tombe'es; il est rare que la gelée soit assez forte en ces climats pour les endommager.
Dans les climats froids/ on fait bien d'attacher les figuiers près des murs, afin de les couvrir de paillassons et de litière , de fougère ou de cosses de pois, qu'on arrête dessus avec des perches et des osiers pour garantir de la gelée.
Quand les figuiers sont adossés à des bali-' mens assez élevés pour les mettre à ''abri, ils n'ont besoin ordinairement d'aucune précaution ; ce n'est que dans les hivers très-rigoureux qu'ils sont sujets à geler.
Les figuiers ce trouvent-ils éloignés des abris, on les couche dans la terre.
A mesure que les arbres sont taillés, on leur ôtc la mousse facilement dans les temps humides; il est plus avantageux d'attendre la fin de l'hiver. L'instrument le plus commode pour abattre la mousse dans toutes
les branches est le sarclet des maraiciiers> avec lequel ils nettoient l'herbe des planches d'oignons.
En enlevant , avec le même instrument , 1rs écorces galeuses et chancreuses, on détruit la retraite d'une infinité d'insectes.
On continue de charrier et de ramasser au pied des arbres toutes sortes d'engrais convenables, tels qu'ils sont indiqués à la fm d'octobre.
On raccommode les treillages, les outils de jaïd/n ,• on aiguise les échalas.
On fait bien de placer au-dessus des espaliers des pêchers , de petits paillassons de ■ deux pieds de largeur , pour garantir ces arbres pendant l'hiver de la neige et du verglas qui les gâtent.