‹ Maison rustique, pour servir a l'éducation de la jeunesseChapitre 29 sur 39 · CHAPITRE XlII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XlII

Du JroTuent.

' On compte environ onze espèces de froment : six annuelles et cinq vivaces • ces dernières n'intéressent nullement le cultivateur. Les espèces annuelles sont distinguées en froluent d'été , froment d'hiver , froment de Pologne, froment épeautre , froment à une seule logo.

La grande distinction établie entre les blés hivernaux et prinlaniers ou marsais doit ici fixer notre attention.

On entend par ces dénominations que les

liles liivernaux sont corn inuiicincnt semés en octobre et passent lliivor en terre, d'où ils ont pris leur dénomination générale; que les prinlaniers ou nsarsais ne sont semés qu'en mars ou à l'entrée du printemps -, ils ont encore des dénominations locales, qui tiennent plus aux cantons qu'à la réalité. D'ailleurs, toutes CCS espèces varient tellement , que si Ton sème le blé prinlanier pendant l'hiver, plusieurs fois de suite, dans de bonnes terres bien cultivées , il deviendra aussi beau , aussi gros que le blé d'hiver, parce qu'il est déniontré qu'une plante qui reste quatre à cinq mois de plus qu'une autre en terre y fructifie beaucoup mieux ; comme il est constant que la récolte des blés hivernaux, semés au printemps, sera mauvaise , parce que 1 espèce n'a pas encore pris son caractère fixe de d<3générescence; mais à la longue elle le prendra , comme les printaniers deviendront hivernaux.

Le blc méteil est on mélange de seigle et de froment, semés ensemble, en plus ou moins grande quantité de l'un ou de l'autre, suivant la volonté du cultivateur ; c'est assez ordinairement un mélange de moitié qui sert à nourrir les valets de la métairie. Néanmoins celte méthode est infmiment défectueuse et contraire à la saine raison , en ce que l'expérience de tous les temps et de tous les lieux prouve que le seigle, semé dans le même champ et en même temps que le froment , toutes circonstances égales ; est au moins huit

àquinze jours plus tôt mûr que celui-ci^ il est donc clair qu'en moissonnant tout ensemble ]a majeure partie du seij^le s'ëgrène sur le sol , ou dans le transport : si on moissonne le froment un peu avant sa maturité^ on le sacrifie donc au seigle, et on prévient seulement en partie la perle de ce dernier : ne vaut-il pas mieux semer sépare'ment le froment et le seigle ? on les recolle à leur point de maturité, et on fait ensuite le mélange bien plus commodément f t plus exactement dans le grenier. D'ailleurs , comme il est rare , quand ou ressème le méteil qu'on a recueilli, de voir réussir le seigle et le froment , il en résulte qu'à la longue il ne se trouve plus aucune proportion entre ces deux grains, et l'on finit par avoir tout seigle ou tout froment. Ainsi , sous quelque point de vue qu'on puisse considérer les semailles du méteil, il est certain qu'elles sont contraires à l'intérêt du particulier.

La coutume , fondée sur l'expérience , est de changer les semences du froment; mais les méthodes, à cet égard, varient comme les principes locaux; cependant, malgré les assertions diverses , l'expérience la plus constante démontre combien il est avantageux de renouveler tous les trois ans le blé qu'on veut confier à la terre , parce que les résultats prouvent que le même grain, semé plusieurs fois de suite dans les mêmes champs , s'y dété riore , même malgré l'avantage des bonneg saisons et celui d'une bonne culture. Au reste

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c'est itn point de fait reçu, non-seulement eu agriculture, mais encore dans la pratique constante du jardinage.

Il est notoire que telle ou telle espèce de froment se plaît plus dans un terrain que dans un autre j il est donc très-inte'ressant qu'un cultivateur connoisse celui qui convient mieux à son champ : pour cola il devra , dans ses courses, examiner dans les communes limitrophes le grain de terre et la nature du blë; dès qu'il aura rencontre' de l'analogie avec son champ et le grain qui y re'ussitle mieux, il ne doit pas balancer à acheter la quantité de Lie' qui lui sera nécessaire pour renouveler ses semences.

Il ne faut jamais tirer des ble's des cantons éloigne's, parce qu'on ignore la qualité du soi qui les a produits , et que le climat étant à coup sur diflérent, le grain souffriroit trop de cette transition subite ; par exemple , le blé de Barbarie, transporté dans nos contrées septentrionales, y péiiroit sûrement , parce qu'il craint la gelée ; mais on peut l'acclimater progressivement , et alors jl prospérera indubitablement.

En général, les cultivateurs ne risquent jamais rien d'acheter des semences dans un pays où le sol est plus maigre que le leur , parce que le grain y gagnera beaucoup ; mais s'ils prennent les blés dans un sol riche, pour les transporter dans un sol maigre , l'espèce en dégénérera subitement. De même, ils ïc~ i-ûiît ])icn de les prendre dans une temné-rj

raluro pins fioitlo rjue la leur , parce qu'ils ^'agnorout toujours dans une situation plus chaude.

Après avoir indiqué le choix des Liés, il faut voir la manière de les prépaier pour les semer : c'est en les passant dansurie lessive alkalinCj préparation que l'on appelle cliaulagc • mais quand le grain est net , propre , exempt de carie ;, de nielle , de charbon ou cliarbucle , etc. , cette préparation est parfaitement inutile , parce que ce moyen n'est vraiment qu'un remède contre les maladies de ce végétal. Si , au contraire , il en est atlaquéj le chaulage est indispensable , à moins qu'on ne veuille perdre sa récolte, ou avoir un grain malsain et dangereux pour la santé.

Si les grains , quoique sans mouchetures , sont soupçonnés , il sulïlra de les laver dans la lessive ci-après ; si au contraire ils sont tachés de noir , il faut les laver plusieurs fuis clans de l'eau de pluie ou de rivière, et ne les passer dans la lessive que quand ils n'auront plus de noir.

Manière de faire la lessive nécessaire an cliauloge des blés , suivant le niêmoire de Tdlet.

On prendra des cendres de bois neuf, c'està-dire ([ui n'aura pas été llollé, ou tel qu'il sort de la foret ; on en emplira un cuvier aux trois qi-iurlS; on y versera une sufTisanle quan-

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lité tVoau : cello de la lessive desUne'e pour Je i,M'aiii doit clrv3 de deux pintes, mesure de Paris, ou quatre livres d'eau pour une livre de cendres. Crtte proportion donnera une lessive assez forte : lorsqu'elle sera coulée , on la fera cliaufter, et on y fera infuser ou dissoudre assez de cliaux vive pour qu'elle prenne un blanc de lait.

Cent livres de cendres ou deux cents pintes do lessive, auxquelles on ajoutera quinze livres de cliaux : cette quantité de lesiive, ainsi préparée, suffit pour soixante boisseaux de froment^ mesure de Paris. Cette quantité de lessive revient au plus à quarante sous, ce qui fait buit deniers par cbaque boisseau.

On attendra, pour faire usage de cette lessive cliauffée, que sa cbaleur soit diminuée au point qu'on puisse y tenir la main- alors on versera ie froment déjà lavé dans une corbeille d'un tissu peu serré, et qui ait deux an es relevées, et on la plongera à plusieurs reprises dans cette lessive blaiiclicj on y remuera le grain avec 1 1 main ou avec une palette de bois pour qu'il soit également mouilléj on soulèvera la corbeille pour la laisser égoutter sur le cuvier, puis on égouttcra ce grain sur des cliarriers ou sur des tables pour le faire sécher promptement ; on remplira la corbeille de nouveau grain , et on la trempera, comme ci-dessus, dans le cuvier , dont on aura remué le fond avec un bâton, jusqu'à ce qu'on ait fait passer les soixante boisseaux.

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11 faut, outre cela, prendre garde que les sacs ou corbeilles dans lesquels on a apporte les ble's pour les chauler ne servent pas à les remporter après l'opération , atteudu que la poudre noire s'attache à leurs parois j alors les grains s'en imprègnent de nouveau , et reportent dans le seiji de la terre les principes empoisonnés dont on a voulu les préserver.

Il faut encore avoir soin de ne pas faire l'opération du cliaulage à l'époque des semailles, dans la crainte que les temps humides n'empêchent les grains de se dessécher j et s'ils restoient long-temps dans cet état d.'humectation,ils germeroient, et les germes seroient dans le cas d'être brisés dans le transport ou en les semant : d'après cela un cultivateur prévoyant doit, dans lesprenuers 4)eaux jours de septembre, ou au plus tard à la fin, procéder au chaulage de ses grains; il les remuera à la pelle, de temps à autre, dans un lieu sec où il y ait un courant d'air ; il observera, sur toutes choses, qu'il n'y ait pas eu dans cet endroit du blé carié, quelques précautions qu'on ait prises pour le balayer. Passons à l'époque où l'on doit semer.

Comme chaque végétal est soumis à une loi particulière , le froment n'obéit qu'à la sienne, et ne fait pas exception à la loi générale de la nature ; sa germination ne se fait qu'en raison du degré de la chaleur ambiante <5ui lui coaYient. C'est donc cette époque que

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1*011 doit choisir,- c'est encore elle qui a donné lieu aux semailles des froniens marsais ou printaniers, parce qu'alors le degré de chaleur de l'atmosphère est égal, ou du moins près* qu'égal à celui qu'on éprouve assez communément en septembre. Dans ce moment l'opération de la nature est libre ; quand on sème plus tard elle est forcée^ ainsi il faut toujours hâter les semailles, à moins que les circonstances physiques ne s'y opposent , parce que plus les plantes restent en terre, plus elles tallent, et mieux les grains sont nourris. Si on en veut un exemple contre lequel il n'y a pas de réplique, que Ton considère les grains restés en terre après la moisson ; leurs tiges sont toujours belles, bien fournies; et cela parce que ce blé a suivi l'ordre de la nature : d'ailleurs, un avantage réel des semailles précoces, c'est qu'alors le froment sort de terre naturellement , qu'il a le temps d'achever tranquillement son opération, parce qu'à cette époque il est rare que les pluies soient abondantes ; ses racines travaillent continuellement et s'enfoncent; la plante acquiert de la force pour résister à la rigueur de fhiver, redoute moins la sécheresse de l'été, et les récoltes sont plus belles.

Les anciens avoient des signes qui leur indiquoient lé temps des semailles, tels que la chute des feuilles, le travail des araignées terrestres, qui ne fiienl en automne qu'alors que le ciel est disposé à faire germer les nouveaux blés : CCS indications ne sont pas indiill'-

rciilos, parce quo la nalurc n'a pas change j et (\u(i colle des anciens est la noire.

Un semeur expérimente est mi homme infiniment précieux ; mais il s'en trouve peu qui sachent semer bien e'galcjnent^ chacun a sa routine, et il est bien diOicile de la lui faire abandonner. Les uns sèment sur une toise de largeur, moitié en allant, moitié en revenant j les autres sur deux toises. Celte dernière méthode est à coup sûr celle qu'on doit préférer, parce qu'on semé moins épais, et qu'il y a un moyen bien certain pour semer son champ comme les circonstances l'exigont , c'est de ralentir son pas quand on veut semer plus clair, attendu qu'il faut que le semeur ne manque pas de prendre la mrme quantité de grain dans la main, et qu'il la répande d'une manière uniforme ; car s'il varie la valeur de ses poignées son champ sera irrégulièrement semé. Au reste, les indications sur la quantité ■des semences qu'on doit répandre sur la tene, étant en raison de la conlincnce des mesures locales, nous ne pouvons prendre que celle de la toise pour établir un calcul proportionnel; on estime donc 1° que sur une surface de terre de quatre cents toises carrées ( la toise de six pieds ) on peut semer avant Thiver quarante livres de froment, poids de marc, et cinquante livres pour les marsais; 1° dans les champs sujets à l'herbe, cinquante livres avant l'hiver, et soixante livres après l'hiver; 3» plus le sol est riche et propre au froment, plus on doit diminuer la quantité de semences^

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,4" plus ilcstinaigrc, plus ou doltraugnienlnr, mais uo pas excéder ciuquaule livres avant riiiver, et soixante livres après l'hiver.

Il faut prendre garde de semer trop e'pais; car pour peu que le sol soit bon et que les saisons soient favorables au tallemcntdos blcs, s'il survient des pluies lorsque l'épi sera formé et qu'il approchera de sa maturité, les grands coups de vent les verseront, et ils ne pourront se relever. Moins les tiges sont serrées, plus elles sont fortes et capables de soutenir les épis.

Les saisons et les climats doivent être aussi consultés dans la manière de recouvrir le grain; il faut recouvrir davantage les semailles d'hiver que celles des blés printaniers, et beaucoup plus dans les pays méridionaux que dans les contrées seplentrionale.s, à cause de l'iulensilé de la clialcur de l'automne et sa continuité à l'entrée de l'hiver. Les manières de recouvrir les semailles varient aussi suivant les localités; néanmoins la plus usitée est la liei'sc, qu'on passe à une ou plusieurs reprises sur le champ nouvellement semé; dans quelques endroits où l'on se sert de l'aralie , on recouvre aussi avec cet instrument aratoire; dans d'antres, on recouvre avec l'araire à oreilles, après s'en être servi pour labourer; en général^ dans un terrain bien défoncé et bien ameubli , le grain doit y elre recouvert de quatre à cinq pouces de bonne terre ; alors il ne craindra nullement les effets désastreux de la sécheresse.

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Au renouvellement de la saison , les herbes parasites qui se dc'veloppent avec les ble^s dévorent leur substance; c'est alors qu'il faut sarcler, c'est-à-dire arracher ces mauvaises herbes.

Plusieurs cultivateurs cependant considèrent le sarclage comme inutile, et ils ont tort ou raison , suivant les circonstances. Sans doute, lorsque la semence a été bien purgée des graines étrangères, ou lorsqu'après une longue suite de travaux on est parvenu à détruire toutes les mauvaises herbes, le sarclage est à peu près inutile; cependant, si on a répandu du fumier sur les terres, comment se débarrasser des semences importunes qu'il renferme? d'ailleurs, il ne peut exister en agriculture de lois générales sans de grandes modifications, puisque dans tous les autres cas le sarclage est très- utile. Au surplus, A fiuit sarcler le plus lot possible , parce que la célérité est toujours un grand bien dans les travaux de l'agriculture. A cet eflet, on choisit un temps qui ne soit ni trop sec ni trop humide. Il y a plusieurs manières de sarcler : ou en arrachant les plantes avec la main, et on déchausse moins les racines du blé; ou en se servant d'une petite pioche , large d'un pouce , longue de trois à quatre, et fixée à un manche de deux ou trois pieds. La première méthode est préférable, parce qu'elle détruit parfaitement l'herbe, pour peu que la terre soit humide; l'autre est néanmoins \\ws cxpéd-ilive^ moins dispendieuse cl nioiiisfaliganle;

mais elle ne produit presqu'aucun avantage réel.

Aux approches de la moisson ily a un autre sarclage , dont le but est de se procurer des Iromens nets, dépouillés de seigle, d'orge et de vesce , parce que tous ces grains déprécient beaucoup la qualité du blé^ mais il faut qu'il soit fait par des garçons , parce que les femmes cassent et couchent les tiges avec leurs vétemens ; encore faut-il que ceux qui font cette extirpation ne marchent pas, mais traînent leurs pieds pour avancer d'un espace à l'autre , afin de ne pas briser les plantes,

Des maladies des grains.

Pour prévenir la nielle , M. Aimen est d'avis que l'on choisisse pour la semence le plus }>oau grain j le plus mùr- qu'on le batte sans difl'érer, et que sur-le-champ on le passe à la chaux, soit pour empocher, dit-il, qu'il ne s'y forme de la moisissure , soit pour détruire celle qui seroit déjà formée.

Moyen de prévenir le charbon.

Il faut convenir que les connoissances qu'on a acquises sur la cause de la maladie qu'on nomme charbon ou bosse ont mis les observateurs sur la voie d'y trouver un rcmcdo convenable. En effet, puisque la poussière du cliarbon porte la contagion sur les grains qui en sont empreiutS; U est probable que tous

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les moyens capables d'enlever celte poussière doivent cire regardés comme cfTicaces, pourvu que le virus n'ait pas, dès le premier contact, alTecle' l'intérieur du grain qu'on se propose de mcUre en terre. En ce cas, les dilïerens ( ribles proposes dans le Traité de la conservation des grains, et les lotions avec l'eau claire, telles qu'on le pratique en plusieurs endroits, pour améliorer les ble's moucbetés, pourroient être propose's comme des remèdes eiTicaces , ainsi que l'eau de cLuux qu'emjxloient nos fermiers; la forte saumure, qui est en usage dans quelques provinces de France j la solution d'arsenic, dont quelques personjies ont prétendu faire un secret : toutes ces j)réparalions devroient être avantageuses , et suivant les expériences de M. Tillet elles le sont effectivement; mais souvent aussi elles ne sont pas suffisantes.

C'est une bonne précaution de laver dans jnusieurs eaux les grains moucbetés, mais il faut ensuite les imprégner avec des eaux chargées de sels , et absorber ces saumures avec de la chaux , en les y plongeant comme nous l'avons dit.

Une forle saumure de sel marin est trèsbonne.

Une partie de nilre dans neuf parties d'eau a encore plus d'action que le sel marin : on doit en faire usage dans les endroits où les terres nitreuses sont fort abondanles.

Les fortes lessives alkallnes sont encore meilleures ; la soude ; la potasse , les ccndrei

gravclëes, les lessives de cendres ordinaires , fort cliarjjjées de sel ; l'urine d homme ou de vache alkaUse'e par la putreAiclion : on peut choisir entre ces différentes drogues celles qui sont les phis communes dans les Heux où on aura des graines à préparer pour les semences. On peut , par exemple, employer en Normandie la soude de varcc , qui y est àtrès- Lon marche' : cette soude , rejelée pour les teintures et lessives , parce qu elle est plus chargée de sel marin que de sel alkali , pourra être utilement employée pour les préparations des grains.

Il est toujours aisé de séparer la plus grande partie des grains ergotes par le secours du crible , parce que la plupart de ces grains malades sont beaucoup plus gros que les grains sains. Les paysans de Sologne font cette séparation dans les années où le grain n'est pas cher ; mais dans les années de disette ils se gardent bien de perdre les grains ergotes ; et c'est alors qu'ils sont attaqués d'une gangrène sèche qui leur fait tomber les extrémités du corps , sans presque sentir de douleur et sans hémorragie. On a vu quelques-uns de ces pauvres misérables à l'Iîotel-Dieu d'Orléans, à qui il ne restoit plus que le tronc, et qui ont cependant vécu en cet état plusieurs jours.

Comme l'ergot ne produit pas tous les ans CCS affreux accjdens, on a pensé qu'il pouvoit y avoir deux sortes d'ergots 5 l'un qui n'est point pernicieux , et l'autre qui occasionne k

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