MEDECINE DOMESTIQUE DES GENS DU MONDE
Traitement de la rougeole.
La rougeole est une maladie contagieuse et souvent épide'mique que l'on peut avoir en voyage • quand elle est he'n.igne , il est facile de la traiter sans médecin , ot c'est ce qui m'est arrivé avec succès dans un long voyage. . .
Dans les cinq premiers jours , il faut donner pour toute boisson de l'eau de mélisse légère, et une infusion de bourrache avec un peu de tilleul et de miel ; on donnera ces deux boissons alternativement. En outre, on se gargarisera souvent avec du sirop de mûres j si la tête est prise et qu'il y ait du délire, on mettra les pieds dans l'eau plus chaude que de coutume, deux fois par jour, chaque fois pendant un quart-d'heure. Si l'on avoit de fortes envies de vomir pendant les cinq premiers jours, on donneroit d'abord huit grains d'ipécacuanha j s'ils ne faisoieut pas d'effet , on
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jroît jusqu'à quinze (i). Si la fièvre n'est pas très-considérable , qu'il n'y ait pas de délire , on donnera un peu d'aliniens , surtout à un enfant, de la crème de riz légère ; si la toux est forte , on boira du sirop de gomme , on prendra quelques pastilles de kermès. Après les cinq jours on donnera des lavemens de graine de lin pendant quatre ou cinq^ si les remèdes n'agissent point, on purgera le dix ou le douze avec de la crème de tartre. Il faut purger ensuite quatre ou cinq fois avec les repos et l'intervalle convenables entre chaque purgation , et suivant l'état de santé. Enfin on soignera pendant long -temps sa poitrine, ses yeux, et l'on suivra un régime sévère (12).
Pour les dartres et les maladies de la peau.
Boire d'habitude de l'eau de racine de patience, et les matins une infusion de fleurs de pensée : régime rafraîchissant.
Pour les maux de nerfs.
Avant tout, de la tranquillité, une douce dissipation ; avec la religion , qui donne la
(i) Lorsqu'on a pris l'ipccacvianlia, il ne faut boire ensuite que lorsqu'on a vomi , ou au bout d'une heure et demie.
(2) 11 va toujours sans dire qu'on ne traitera cette maladie , même bénigne , sans me'decin , que lorsqu'on y sera force; car toute maladie, avec fièvre continue , demande les secours des gens de l'art.
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véritable pliilosophio , on trouVe la paix de l'âme dans loul.es Ic.-i situations. Ces maux indéfinissables dont les symptômes sont si divers^ les soufï'rances si variées, demandent surtout dans le malade de la raison, de la patience; et dans ceux qui le soldaient, de tendres ména^emens et une adresse ingénieuse. Dès qu'on a le genre nerveux véritablement attaqué, on est porté à se croire continuellement à la mort. Il faut tâcher d'ôter au malade cette idée, mais sans lui contester le malaise affreux et les souffrances insupportables de son état. Souvent on irrite, dans ce cas, avec l'intention de rassurer j on voudroit faire croire qu'on est malade imaginaire, ce qu'on ne persuadera jamais à une personne qui souffre des anxiétés d'autant plus cruelles qu'elles sont inexplicables. D'ailleurs , il faut savoir distinguer les maux trop réels causés et aggravés par Yùnagination, d'avec les maux imaginaires produits par une imbécile pusillanimité. Les gens qui ont mal aux nerfs sont toujours plus malades durant la nuit, parce que, seuls, livrés à euxmêmes, ils réfléchissent douloureusement sur leur état ,• alors ils sentent s'accélérer le battement du pouls, des artères et du cœur; les tressaillemens , les inquiétudes dans les jambes achèvent d'éloigner le sommeil, et l'on se croit à la mort. Il fliudroit, quand on est couché, écarter de son imagination toute réflexion et même toute pensée attachante , ou se faire lire tout haut, ou enfin s'occuper
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et veiller jusqu'à ce que l'on ait envie de dormir. Les maux de nerfs , surtout durant la nuit, causent souvent des tintemens d'oreille ; et des bruits et des sons illusoires qui tourmentent excessivement j mais il ne faut pas s'en inquiéter, cette incommodité n'a rien de dangereux. Il faut alors tàclier de se distraire par quelque bruit effectif, qui puisse empêcher d'entendre ces illusions sans empêcher de s'endormir : des lectures ou le bruit d'une chute d'eau, d'un moulin à eau, une musique douce et monotone, etc. Voici les meilleurs remèdes pour les maux de nerfs : un régime très-doux, des demi-bains à vingtsix degrés du thermomètre de Réaumur ; des frictions sèches sur les bras , les cuisses et les jambes , faites avec une flanelle d'Angleterre • beaucoup d'alimens et de boissons farineuses et mucilagineuses , fécule de pommes-de-terre, sagou, salep, crème de riz, vermicelle , sirop d'orgeat , lait d'amandes , sirop de gomme, etc. j abstinence de vin de Champagne , de café , de thé , d'épiceries ; peu d'acides, à l'exception de l'orangeade, qui contient un doux mucilage très-bon pOur les maux de nerfs j éviter avec soin toutes les émotions violentes , toutes les occasions de s'impatienter et de se mettre en colère , et faire un exercice modéré,- enfin, ne jamais se coucher sans avoir sur sa table de nuit des boissons préparées en cas d'insomnie. Les meilleures sont une infusion de tilleul avec un peu de sucre, du lait d'amandes très-léger,
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et une infusion de chicorée sauvage coupe'e avec un quart de bon lait; et quand on se réveille, en boire une bonne demi-tasse, ou d'heure en heure la même dose, quand dn ne dort pas. Lorsqu'on a des soifs ardentes, ce qui arrive souvent dans cet élat, rien ne de'saltère mieux que de l'eau dans laquelle on a fait bouillir de la racine de réglisse. Les délayans et les boissons rafraîchissantes sont absolument nécessaires dans les maux de nerfs 3 il est donc indispensable de soigner son estomac, afm qu'il puisse supporter ce régime ; quand on sent qu'il se dérange , il faut le fortifier par un peu de diète , et les remèdes connus que l'on indiquera ci-dessous. Quand l'estomac est en bon état, et que le malade est sobre et raisonnable , rien de plus facile que de guérir les maux de nerfs , alors même qu'ils sont réunis au mal de poitrine; car les remèdes pour la poitrine et Jes nerfs sont les mêmes ; du moins peuventils s'allier ensemble.
Mixture anti - spasmodique pour ies personnes délicates.
Prenez des eaux distillées de fleurs de tilleul et de primevère , de chaque une once et demie ; de la poudre de gutèle , un gros ; du sirop de pavots rouges, une demi-once. On prend d'aborçl à la fois la moitié de cette potion , et ensuite une cuillerée tous les quarts-d'heure jusqu'à ce que le spasme cesse.
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Gouttes anti - spasmodiques pour de fortes convulsions.
Prenez de la liqueur de corne de cerf succinée , un gros • de la liqueur anodine d'Hoffman, demi- gros j mêlez -les ensemble, et prenez-en , de deux en deux heures , vingt gouttes , dans mie tasse de fleur de tilleul distillée.
Pour les dérangemens d'estomac»
Il faut d'abord manger moins que de coutume , et des alimens plus le'gers ; ne boire que de l'eau à ses repas ; prendre tous les matins, avant le dîner, pendant six jours, de l'eau de menthe poivrée, deux cuillerées à bouche , avec deux cuillerées d'eau et un morceau de sucre.
Pour les dérangemens d'estomac , boire à ses repas de l'eau de cachou , un gros dans une pinte d'eau. On peut prendre encore pendant dix à douze jours, dans la soupe, une prise composée ainsi : Trois grains de rhubarbe, quatre grains de quinquina, six grains de magnésie blanche • le tout mêlé ensemble.
Pour les épreintes , maux cV entrailles , etc.
Des lavemens de graine de lin ou de fraise de veau, dans lesquelles on a /ait fondre une cliandelle ; boire une ou d'eux cuillerées de
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sirop pur de gomme , et d'autres boissons adoucissantes. Pour la dysenterie , il faut consulter un médecin.
Pour les rhumes, catarrhes et fluxions.
Pour les rhumes la meilleure tisane est celle-ci : Dix jujubes, quatre figues grasses dans une cliopine d'eau, une bonne cuillerée de miel de Narbonne ; faites bouillir et passez.
En voici mie excellente encore : Une pomme de reinette pelée , coupée , et une cuillerée de miel dans une cliopine d'eau.
On peut prendre , outre ces tisanes , le bouillon suivant : Mettez dans un pot de terre une couche de navets coupés en tranches , une couche de rouelles de veau coupées menu et bien dégraissées, et toujours alternativement jusqu'aux trois quarts du pot; remplissez d'eau , et faites cuire à petit feu pendant huit heures. On ne met point de sel dans ce bouillon.
Pour les catarrhes , on doit faire usage de l'excellent sirop de Harumbure, pharmacien a Paris , porte Saint- Martin.
Pour faciliter l'expectoration dans les catarrhes , et mcme dans les fluxions de poitrine , on peut se servir d'une grande éponge imbibée d'eau bouillie avec de la mauve , qu'on tiendra assidûment à une petite distance du nez et de la bouche.
L'éponge trempée dans une décoction de fleurs de sureau mêlée avec une partie égale
de vinaigre bouillant , concourt aussi à rappeler l'expecloralion supprime'e.
Pour le mal de gori,^e , le rejnède de bonne femme , du bas de laine porté dans le jour et mis autour du cou pendant la nuit^, est le meilleur que je coniioisso : pour gargarisme, du sirop de mûres.
Fluxions sur V oreille.
Il faut appliquer à reprises re'ite're'es un sachet chaud , de parties égales de poudre de fleurs de camomille et de sureau , qu'on arrosera légèrement d'eau-de-vie camphrée. Dans l'intervalle de ces applications , on fera couler dans l'oreille quelques gouttes d'huile de camomille tiède.
Recevoir dans l'oreille, par le moyen d'un entonnoir, la vapeur d'une décoction bouillante de sauge ; ce remède adoucit les maux d'oreille , et guérit la surdité.
Quand il survient de petits abcès dans les oreilles, ou de gros boutons enflammés, il faut mettre dans l'oreille , pendant plusieurs jours , une petite éponge bien imbibée d'une forte décoction de racine de guimauve, et entretenir avec soin l'humidité de cette éponge.
Pour le gonflement de la luette et des amygdales , on appliquera uii sachet de cendres chaudes autour du cou ; on se gargarisera souvent avec du lait , dans lequel on aura fait bouillir assez, de pv..ivre pour le rendre piquant. Si la difficulté d'avaler étoit ac- III. 2
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compagnec d'enrouement, on respircroil la vapeur d'une de'coclion de (leurs de sureau.
Traitement d'une allaque de goutte.
D'abord un lavement j cnsuife, si Ls iroultc se ii.xe ordinairemonlavec quelque diiFiculte, un bain de pied dans de l'eau un peu plus cliaude que tiède, et dans laquelle on jettera deux cuillere'cs de moutarde en poudre, Lroye'es dans de l'eau bouillante. Pendant les grandes douleurs , diète, et boire de l'eau panée et de la limonade légère. Celte limonade de goutteux se fait ainsi : Prenez deux livres d'une légère décoctiou d'orge ou de riz ; ajoutez-y le jus d'un gros citron^ bien [plein de jus j coulez à travers un linge, et sucrez le tout médiocrement. Au délaut de citron et de sucre, mettez une cuillerée de miel et deux de vinaigre. Ce traitement est pour la goutte légitime ; mais pour la goutte illégitime , c'est-à-dire celle qui remonte, il €n faut un plus fort • on emploie des sudorifiques, etc., et l'on doit appeler un médecin.
Voici un remède que l'on dit assez bon pour la goutte dans l'estomac : On prend un bol de lait , dans lequel on a fait bouillir, pendant sept ou huit minutes , trois pincées de gingembre. Ce même remède est bon pour le rhume.
Les goutteux ne doivent boire ni vin ni liqueurs; ils doivent s'abstenir de café. On dit que le lait, pour toute nourriture , guérit sûrement la goutte , quand il passe bien.
Pour les engorgemens de glandes.
Une dëcoclion de houblon et de parie'laire, ou seulement de houblon^ deux petites tasses à jeun.
Pour les obstructions et la jaunisse.
Feu M. Zell , premier médecin de sa majesté le roi de Prusse , et l'un des plus grands médecins de l'Allemagne j m'a guéri d'obstructions et d'un commencement de jaunisse,, en me prescrivant le régime suivant :
Pour toute boisson , pendant trois mois , de l'eau légère de carottes • pour toute nourriture , pendant le même temps , des carottes au bouillon de bœuf, veau et poulet , parties égales , et du pain de froment bien cuit et rassis. Eu outre , une bonne cuillerée à bouche de jus de raifort, dans une grande assiette de soupe , à déjeuner ^ une seconde cuillerée à dîner, dans la soupe. Je suivis exactement ce régime, depuis le i^"^ novembre jusqu'au 3o mars suivant, et je recouvTai une parfaite santé j je n'ai jamais eu, depuis , le moindre ressentiment d'obstructions. M. Zell me dit alors qu'il ne faut pas prendre de jus de raifort en été. Il me fit prendre des jus d'herbes au printemps, composés ainsi : Cerfeuil, pissenlits, fumeterre, pariétaire, parties égales ; quatre cuillerées le matin , à jeun; pendant six jours^ ensuite cinq pen-
danl huit, et enfin six pendant six semaines. On dit f[ac le suc de bouleau est un excellent remède pour toutes les jaunisses. Uiclcre noire, ou jaunisse noire, est la plus dangereuse et la plus difficile à guérir^
Pour les jeux.
Ne jamais lire ni e'crirc à une grande clarté' j ne jamais se baigner les yeux dans les petites l^aignoires faites à cet eflet, elles forment sur les yeux des espèces de ventouses qui peu- Tent nuire à la vue ; d'ailleurs , il est dangereux de tremper l'œil ouvert dans quelque «au que ce puisse être. Il suffît de passer sur les yeux ferme's une petite éponge imbibée d'eau fraîche et d'eau de roses, parties égales. Une très -bonne chose pour les yeux , est , en s'éveillant , de les humecter avec un peu de salive. Tout effort peut porter aux yeux , et leur est contraire. Une chose très- dangereuse aussi est , lorsqu'on a les yeux fermés , d'endurer une forte pression sur le globe de l'œil. Il faut ne jamais regarder fixement où souvent de la neige ;, du feu , des éclairs , une yïxe lumière et la lune (i). L'humidité est très-contraire aux yeux j et par conséquent
(i) Il semble que cette doTice clarté' ne puisse ctre nuisible; cependant l'efiet produit à la longue par la lune sur les vitres, verres de Bohême, etc. , prouve une propriété corrosivc qui juslide l'idée reçue , qu'il est dangeiçux de regarder long-temps de suite cet astre.
le lavage des cheveux et de la tête à tous les âgesj car, après avoir lave' les cheveux, on a beau ies peigner , il y reste toujours une humidité pernicieuse pour les yeux et pour les dents.
Lorsqu'on a un véritable mal aux yeux , il faut laisser là les remèdes domestiques , et recourir sans délai aux gens de l'art. Nous avons de si grands oculistes , que l'on ne doit pas hésiter à les consulter ;, pour peu que le mal paroisse sérieux. Quand on veut se fortifier la vue , on laisse débouchée pendant trois jours une bonne bouteille de vin rouge, ensuite avec ce vin on se frottera le globe de l'œil fermé et le dessous de la paupière. Mais ce qui vaut infiniment mieux , c'est l'excellente eau anti-ophtalmique do Boissy, qui ne se trouve qu'à Genève, chez Peschier, pharmacien. Cette eau m'a rendu en quinze jours la bonne vue que j'avois eue jusqu'à l'époque d'un excès de lecture, à la lumière, d'un volumineux ouvrage manuscrit. Je voyois depuis ce temps ^ c'est-à-dire depuis quatre ans , une mouche noire , que nul remède n'avoit pu m'ôter , et dont l'eau de Boissy m'a débarrassée totalement en quinze jours, en m'en servant soir et matin , il y a de cela dix-huit mois : dans cet espace de temps, j'ai beaucoup écrit et peint en miniature, et ma vue est meilleure que jamais. Cette eau a l'odeur la plus agréable ; voici comme on s'en sert : On trempe un doigt dans le goulot de la bouteille, et à plusieurs reprises on passe
ce doigl sur le i,^lobe de l'œil fermé et sous la paupière infe'ricurc, soir et matiu. 11 faut que l'eau n'entre pas dans l'œil. J'ai éprouvé im effet si miraculeux de l'usage de cette eau, que si je pouvois la mettre à la mode^ je croirois faire une bonne action, et rendre surtout un véritable service aux gens de lettres et aux peintres en miniature , qui presque tous ont la vue affoiblic.
Des dents et de leur conservation.
Il ne faut jamais dans la jeunesse faire netloyer avec le fer , ou ftiire limer ses dents seulement pour les égaliser , avant l'âge de dix-liuit ou dix-neuf ans. On ne doit avant cet âge employer le fer que pour limer une dent qui commenceroit à se gâter. Et si l'on est attaché à la conservation de ses dents , on doit mémo ne les jamais faire limer pour les égaliser, c'est-à-dire pour les rendre un peu plus belles. Tous les acides, l'oseille, le citron , blanchissent les dents, mais attaquent l'émail, ainsi que les poudres. 11 faut ne se servir que d'opiat deux ou trois fois la semaine , et fait par un bon dentiste. Il est quelquefois nécessaire de se faire saigner les gencives quand elles sont gonflées , et qu'il n'y a point d'inflammation. Un peu d'caade-vie camphrée avec de l'eau est pour les dents ce qu'il y a de mieux. Il ûiut tous les matins et après le repas se laver les dents , et les nettoyer avec uu cure-dent , non
de mêlai , mais de plume. Maclier de la sauge tous les jours est un grand moyen de conservation ; et même , dans les maux de dents , mâcher de la sauge rcrte, et la tenir long-temps dans sa bouche , apaise la douleur. Pour raffermir les gencives, il faut mâcher du cochle'aria. On doit avoir l'attention de ne jamais faire éprouver aux dents une sensation brûlante ou glacée ; il Auit ne les laver qu'avec de l'eau fraîche , qui ne soit ni tiède ni à la glace. Du bon état des gencives dépend la bonté des dents. Voici un moyen sur pour rendre les gencives parfaitement saines et belles : Prenez du sucre royal le plus beau possible ;, réduisez-le en poudre , passez cette jîoudre dans un tamis bien fin'^ ensuite nettoyez-vous les dents , et surtout frottez-vous bien les gencives avec cette poudre, et vos gencives deviendront d'une beauté parfaite au bout de douze ou quinze jours. On peut avoir foi à ce remède , j'en ai vu les plus étonnans succès. Il a été souvent employé sur mer pour guérir les gencives scorbutiques, qui, comme on sait, dans ce cas, ne viennent point d'un sang corrompu. Mais, je le répète, il faut que la poudre de sucre soit tamisée de manière à la rendre aussi fine qu'il est possible. On doit avoir soin de faire voir souvent ses dents à un excellent dentiste , afin qu'il ote sans délai un point de carie s'il y en avoit ,• car , sans cela , ce point creuseroit et formeroit un trou qui gâteroit la dent. Souvent, faute de cette pré-
caution, on perd ses dents promplement.
Ces points de carie se forment entre les dents, ne se voient point , ne causent point do douleur ; il faut souder les dents pour les découvrir; cependant on peut soi-mcme en cire averti en se nettoyant les dents : si , en passant un cure-dent entre deux dents, le curedent accroche , il y a de la carie , si ce n'est pas quelque corps étranger; alors il faut consulter un dentiste, et si la dent est attaque'c, il faut que la lime y passe.
Quand on s'est fait limer ainsi une dent trèsattaquée, c'est-à-dire dont le trou étoit profond, on peut la conserver un temps infini en prenant les pre'cantions suivantes : Il faut tous les jours , entre cette dent et la dent voisine où se trouve un vide produit par ce qu'on a limé, introduire et laisser un petit morceau de coton bien imbibe' d'cau-de-vie camphrée sans eau: on renouvellera ce coton plusieurs fois par jour, et l'on conservera toujours cette dent, que l'on perdroit promplement sans cette précaution.^