‹ Maison rustique, pour servir a l'éducation de la jeunesseChapitre 34 sur 39 · CHAPITRE XVIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIL

Des grains Janneux.

Les grains farineux sont les pois, les haricots^ les fèves, le millet^ lepanis^ le sorghum et les lupins.

Les pois sont plus volontiers cultivés dans les potagers que dans les champs^ mais souvent aussi on les cultive en grand, et alors ou choisit les pois communs, les carrés verts, hs verts d Angleterre et le normand. On compte en général douze espèces de pois ; savoir : le pois michauXj le pois domine, le pois haron, le pois suisse, le pois commun, le j)ois carré blanc, le pois carré vert, le pois normand, le pois vert d'Angleterre, le pois carré à cul noir, le pois de Clamait et le pois nain. Nous ne parlerons que des quatre pour la grande culture.

Le pois commun se sème depuis novembre jiuqu'en mars; 1q carré vert; depuis le com*

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incnccmcnt de mars jusqu'en mai; les vcrls cl' Angleterre en toute saison; le normand eu avril.

Les pois aiment à changer de sol ; ainsi le cultivateur doit d'avance assigner leur place de manière à ne les rescmcr dans le même endroit qu'au bout de six ans.

On cultive encore dans les champs les pois relativement au fourrage. A cet effet, aprÀ avoir laboure les terres plusieurs fois en croisant et recroisant avec la charrue, on sème fort dru, et par préférence, les pois qui produisent naturellement plusieurs tiges ,• cette culture n'intéresse guère les contrées méridionales, mais infiniment celles du centre et du nord ; on sème aussitôt après avoir donné le dernier labour, et l'on passe la herse.

Le pois ne tarde pas à germer et à produire des tiges qui étouffent toute espèce de mauvaise herbe; ce champ ne demande aucun soin.

On peut couper ou faucher par partie les pois dès que leurs tiges sont assez hautes , afin de procurer une bonne nourriture aux agneaux et aux brebis qui nourrissent; dans plusieurs cantons on attend leur plus grand état de floraisoù, alors on traite ce fourrage de la mcnie manière que le foin.

' Quelquefois on sème des fèves, des vcscos avec les pois; on leur procure par ce moyen un meilleur soutien, c'est ce qu'on nomme dragée en Flandre.

Souvctit aussi on sème des pois dans les

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terres nouvcllcmont défrichées et clans celles qu'on veut amender j alors on les enterre avec la charrue lorsqu'ils sont en Heurs, parce que, jusqu'à cette époque, ils n'ont tiré que trèsj)eu de substance do la terre, à laquelle ils rendent infiniment plus qu'ils n'en ont tiré.

Les haricots sont tellement multipliés par leurs variétés et les dillércnces occasionnées par celles des climats et des sols ou de la culture, que la description la plus étendue soroit encore incomplète. Cependant on les distingue en espèces grimpantes ou à rames, et en haricots nains.

Les espèces i^rimpanles sont : le liaricot d'Espagne, le haricot ordinaire, le haricot blanc commun, le haricot blanc hâtif, le petit haricot rond, le haricot de Soissons, le haricot blanc sans parchemin, le haricot rognon de Caux ou de coq, le haricot rouge d'Orléans, le haricot sans iil, le haricot-asperge et le haricot de Hollande ou scM'hert, qui signiîie sabre , ainsi appelé à cause de sa forme.

Les espèces de haricots nains sont : le ha-v ricot gris, le haricot blanc hùtif ou mongète, le haricot suisse blanc, le haricot suisse gris cl le haricot suisse rouge.

Toute espèce de haricots on général aime une terre fraîche, légère, substantielle, bien l'umée. Ils peuvent être semés deux ou trois années de suite dans un même champ. Lorsque l'année seconde les soins du cultivateur , la récolte des haricots rend beaucoup plus que celle des blés. D'ailleurs ^ cette plante

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sert à alterner, parce que le ble réussit parfaitement après , surtout si on a fume' à la fin de février ou mars , parce que l'engrais n'aura pas eu le temps d'être absorbe' par les haricots. Ne'anmoins, quand on veut obtenir une belle re'colle de ces derniers, il faut jeter l'engrais sur les terres à la lin d'octobre et novembre, l'enfouir au premier labour s'il est pailleux, afin qu'il ait le temps de se combiner avec les principes de la végétation. Si

1 engrais est consomme, on ne 1 enfouira qu au

second labour^ qui aura lieu vers le milieu de

février^ ou au plus tard à la fin, attendu que,

lorsqu'on n'enterre le fumier qu'au troisième

labour, sa combinaison ne sera pas faite ^ et

ce ne sera que la récolte qui doit suivre qui

eu profitei"a.

Pour semer les haricots on s'y prend de deux manières , ou par raies, ou en échiquier. Si ce sont des haricots grimpans, il faut laisser d'espace en espace un sillon vide, afin de pouvoir ramer quand la plante l'exige. Les haricots nains peuvent se passer de sillon vide ; cependant il n'est pas inutile, parce qu'il facilite au cultivateur le sarclage et le binage.

Il faut renoncer à la culture des haricots dans les terrains secs, s'il est impossible d'y conduire de l'eau, soit en détournant un ruisseau , soit d'une autre manière.

Voyons maintenant la culture des fèves. On connoît cinq espèces de ce légume : la promièie a^jpelée improprement fève de marais • la seconde connue dans les contrées méridio-

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nalps sous le nom d'aboïKlancc ; la IroisLiMiio nommée julienne- la qualrième esl la petite fève de marais à châssis j et la cinfiuième lu jj^ourgane ou ieve de cheval.

Quand on cultive cette plante dans les jardins on a pour ohjet de les servir en vert pour Talimcnt de Thomme; celles des champs sont pour les animaux, soit qu'on les leur donne en grain ou en fourrage; et enfin, la culture des semis destin-'s à servir d'engrais aux terres.

C'est quand on ne craint plus les s;elëes qu'il faut s'occuper de la culture des fèves. On laboure la terre, on la croise ensuite, et une femme ou un enfant, tenant à son bras ruà panier plein de fèves, marche après la charrue pendant le second labour, et jette le grain. Le coup de charrue qui trace le sillon suivant recouvre le sillon semé^ et l'opération est terminée.

Cependant, si la terre est sèche lors de^J semailles, on fera bien de faire tremper tes fèves dans l'eau pendant quelques heures/aiin qu'elles germent plus facilement. Dans quelques endroits on sème les fèves à la volée .; mais cette méthode est défectueuse, en co <{u'elle empêche de les serfouir, cl qu'elle met \in obstacle au sarclage.

Pour les fèves destinées à servir de fourrage, il faut absolument les mêmes préparalions à la terre, mais on sème à la volée et très-épais; ensuite on passe la herse aiin d-î bien égaliser Iç terrain. Lorsque la pluile m. 26

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commence à fleurir, on la fauclic, on la laisse SL'clier sur le champ, on la tourne ctrelournc comme le foin , et on la porlc ensuite à la me'tairie. La même pratique a lieu pour la seconde coupe, et quelquclois pour la troisième, suivant les années, surtout si les pucerons ont épargne la plante.

Quand on sème ensemble pour fourrage la grosse fève mole'e de féveroîe ou fève de cheval ou gourgano, les pois, les vesces et les lentilles que l'on coujie au moment de la fleur, ce mélange est appelé dragée. La culture de la féveroîe ne diffère en rien de la précédente, si ce n'est qu'on la sème un peu plus lard.

Il faut tenir les fèves dans un lieu bien sec, et les remuer souvent; sans ces précautions elles s'échaulfcroient.

Le millet a aussi son nlileté ; c'est une plante qui nous vient des Lides orientales ; son grain est ovoïde, un peu aplati d'un coté , luisant et très-lisse. Sa farine est fade, insipide et indigeste ; on en fait cependant du pain dans quelques contrées de la France; les Tartares en tirent une boisson et en font leur aliment ; on le donne aux bestiaux, mais son principal usage est de nourrir les volailles.

Le petit millet des oiseaux , dont le grain Cit rond, s'appelle panis, sa farine est fade aussi, un peu raucilagineuse; on en fait du pain en cas de disette. On mange encore ce grain mondé et cuit dans le lait , dans le houillon ou dans l'eau. Ces deux espèces se

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plalscnl clans les terres légères, mais substantielles j les terrains trop luimides pourrissciit la semence; un labour ou deux suffisent; on en ajoute un troisième quand la terre est forte.

Ces semences se ressentent de leur climat originaire; elles craignent la petite gclee; c'est donc après les froids qu'il faut les confier à la terre.

Il faut semer le millet par 1 ailles de trois ou quatre rangées de plants, afin qu'il y ait de petits sentiers entre deux, qui facilitent l'enlèvement des herbes et le serfouissagc de temps à autre : cette dernière ope'ration est très-importante.

Il faut semer à la Tolec et clairement , parce qu'on saura toujours bien enlever les plantes surnuméraires avec les mauvaises herbes; c'est l'ouvrage des femmes et des enfans.

La maturité' du millet s'annonce par une belle couleur paille que j^rcnncnt les feuilles, la tige et les panicules; si on attend une tro|) grande maturité', non-seulement on perd beaucoup de grain, mais on en infecte son champ pour l'anne'e suivante.

Quant au sorghum, on a beaucoup écrit sur les avantages de; sa culture; mais l'exptrience a prouvé que cette plante étrangère ne réussi roit qu'avec peine dans nos contrées méridionales. Ce n'est guère que pour servir d'engrais qu'on cultive les lupins ; c'est le meilleur engrais végétal. A cet avantage cette plante joint celui de détruire complètement les mauvaises herbes^ attendu qu'elle

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croît très- serrée par ses rameaux, que ses feuilles, très-niultipliees, occupent tout Tespacc d'un pied à l'autre, et que l'herbe qui sort de terre en même temps est gagnée de vitesse et s'ctiole, languit et périt enfin, prive'e des bienfaits de l'air.

Pour employer le lupin comme engrais, il faut le semer aussitôt après la récolte des blés ou des seigles,- il végétera jusqu'au mois de septembre, et alors on l'enterrera; ensuite on sèmera à l'époque ordinaire, pourvu toutefois que le climat le permette.

Cette plante ne peut entrer dans la nourriture de tous les bestiaux; les chevaux ne veulent ni de ses feuilles ni de ses tiges; mais fin revanche les moutons en sont très-friands, principalement lorsque la plante est jeune ; aussi est-il essentiel de garantir le champ de la dent du troupeau.

La graine est d'un usage plus général. On la donne aux bœufs, aux chevaux et aux moutons. La meilleure manière est de la leur faiie moudre, et de leur en donner une certaine quantité soir et matin ; celte nourriture les tient fermes en cliair, et engraisse proniptement. Quant aux lupins qu'on destine à grener, on doit les mcllre dans un champ à part; lors de leur maturité on les arrache comme les pois, les har:c,ots, et on les bat de même. La tige dessécliée sert à la litière des animaux, on la brùlc, on en chauffe le four dans les endroits où le bois est rare; la graine se eoaserve très-bien sur pied, dans sa gousse;,

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et elle attend, sans craindre les pluies ou les frimas, qu'on vienne la récolter.

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