V. 500. Je doy boire et si mengeray DelV
Beroalde de Verville, au chapitre 81 du Moyen de parvenir, fait le conte d'un curé gourmand qui avait mis rôtir une oie, et au moment de Tentamer, appelé au chevet d'un malade, comme il se défiait de ses domestiques, s'avise d'aller serrer la volaille toute chaude au fond de son église , en un bahut dont il cache les clefs sous une tombe. Cependant son valet l'avait guetté : « Sitost » que le curé eut pris l'air, il s'en vint avec la cham- » brière et un autre de leurs familiers, et allèrent manger » l'oie tant qu'ils purent ; puis ils dépendirent toutes les » images et les mirent autour de ce cofire, leur ayant » graissé le minois et les mains du reste. Il restoit encore » une demi-cuisse qu'ils mirent en la goule du diable » qui est sous saint Michel, et s'en allèrent fermant l'huis » et remettant les clefs au mesme lieu où elles avoient )) esté mussées. Le curé revenu va droit aux clefs, et » les ayant trouvées comme il les avoit mises, dit : Je » mangerai de foie à mon compère!.,, etc. »
Le bon curé se rappelait son Patelin, et il le citait en lui-même, bien éloigné de croire le rapprochement aussi exact, et qu'il dût se voir frustré de son oie comme le pauvre drapier Guillaume Jousseaimie.
M. P.-L. Jacob, qui a donné la plus récente édition du Moyen de parvenir^ met ici en note :
« A pour avec; locution bien plus ancienne que » l'époque assignée à la composition de ce livre. »
Cette erreur provient de ce que l'éditeur n'a pas reconnu l'allusion. Je mangerai de l'oie avec mon compère ne signifierait rien ; il n'a pas été question de compère dans l'histoire : c'est l'oie de mon compère Patelin.