V. 7i8. Avuy, dea! il ne [ai%oii rien Aux dimenches
Avoij! exclamation ou interjection très fréquente dans les Quinze joy es de mariai ge, « Aooy ! monsieur, fait la
nourrice Avoyl m'amie, fait le preud'homme
A*)oy! m*amie, fait-il. » Et passitn.
Avoy, par son étymologie, correspond exactement h cette espèce d'adverbe allons! — à voie, en mute, dont les Anglaisent reienxiaway. Mais, comme il arrive toujours, le sens primitif s'est un peu modilié par l'usage : Aoi, clans le Bolund , a le sons primitif; fivoy, dans
Patelin et dans les Quinze joyes, signifie simplement tiens ! exclamation de surprise et de mécontentement.
Dea^ forme abrégée de deabie. On prononçait dà ! oui, dà I non^ dà l Certains éditeurs de chansons de geste veulent que dea soit une allusion aux Mystères de la bonne déesse. Ils se partagent sur diva I qui est une autre forme de la même exclamation di[v)obole. C'est tout uniment diable! La plupart, adoptant l'interprétation doctement incertaine de M. Paulin-Pàris, voient dans diva deux impératifs des verbes dire et aller; en conséquence, ils écrivent avec une virgule (//, va! k moins pourtant,
ajoutent-ils, que ce ne soit : dis^ valet! {Gaiun le
Loherain^ II, 23.)
« // ne faisait rien aux dimenches! » Faire est ici dans le sens de donner^ comme lorsqu'un mendiant dit : Mon bon monsieur, faites-moi quelque chose! — Un marchand répondra dans la même acception : On n'en fait pas pour deux sous. I^e drapier était si avare, qu'il ne faisait rien aux dimanches ; il ne donnait jamais aux pauvres, pas même les jours de féte^ et dimanches. C'est là le sens, et non pas qu'il demeurait oisif les dimanches* La variante du manuscrit Bigot paraphrase cette expression de manière à lever toute équivoque :
(^ar certes il ne donnoit rien Ne pour feste ne pour dimanche.
Mais cette paraphrase laisse le second vers sans rime, et le vers suivant incomplet :
PATELIN
... Pour Dieu, sans rire !
S'il venoitil pourroit trop nuyre....
296 NOTKS.