‹ Maistre Pierre PatelinChapitre 135 sur 200 · V. 841. Avez entendu, beau cousin · texte numérisé non relu

V. 841. Avez entendu, beau cousin

Beau cousin^ appellation d'honneur et d'étiquette à la cour, comme les titres de frère, mère, oncle, neveu, lesquels y étaient déterminés par les rapports d'affection ou d'étiquette, et non par les degrés de consanguinité. Ainsi dans le Petit Jehan de Saintré, l'héroïne du roman reçoit dans ce sens le titre de belle cousine ; la reine qui le lui donne ne peut avoir d'autre intention que de l'honorer ; mais il y a une intention maligne de l'auteur, cousine ayant aussi le sensde femme galante, fille de Joie. La Sale, par cette équivoque préméditée, flétrit d'une manière détournée celle qui, au dénouement, se rendra coupable d'une si odieuse et impudique trahison contre le noble Jehan de Saintré en faveur de Damp abbé, le gros moine sensuel. La preuve en est que La Sale, dans les Cent Nouvelles^ emploie ce moi cousines comme Collé dit nos sœurs de l'Opéra. — « Faisons venir au logis deux » jeunes filles de nos cousines , et couchons avecques » elles » (Nouv. 58.)

Ailleurs, parlant de celle qui se sauva de la peste en mettant quatre jeunes hommes sur les dents : — « Et » tiens, qui en auroil affaire aujourd'huy, qu'on la trou-

» veroit au renc de nos cousines en Avignon, Beaucaire » ou aultre part. » (Nouv. 56.)

Ainsi la dame des belles cousines^ c'est, selon qu'on voudra l'entendre, la première des favorites de la reine, ou la première des courtisanes ; et c'est à tort qu'on a voulu faire prévaloir exclusivement l'une ou l'autre de ces deux interprétations. Il me semble que le rappro* chement de ces divers passages ne permet pas de méconnaître l'intention de La Sale.

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