V. 4 8. Aussi a il leu le grimaire
L'édition de Coustelier porte le grimoire^ d'autres la grandmaire.
Grimoire n'est autre chose en effet que grammaire défiguré. Dans Baudouin de Sebourg, poème du xiv* siècle, l'archevêque de Reims, envoyé parle roi pour traiter de la paix avec le redoutable Baudouin, s'informe où il pourra le trouver. Baudouin paraît tout à coup devant lui \
(4 ) Rien ne dit que ce fût un usage.
(2) Avant d'avoir vu l'édition de Guill. Leroy, j'avais adopté la leçon € leu de gramaire »; c'est pourquoi elle se trouve à la page 25 de l'introduction.
Kt li bastarl s'escrie : vez me chi, biaus amis. Lut avés de gramare : je suis li anemis.
(Chant XX, p. 242.)
Il fait allusion à ces histoires si répandues au moyen Age, de curieux qui, lisant imprudemment dans le grimoire d*un sorcier, avaient fait apparaître le malin esprit. — Vous avez lu dans la grammaire, dit Baudouin en plaisantant :
Vous avez évoqué le diable : me voilà !
Le Grimoire était la grammaire latine : « En France, » c'était aussi à Tétude du latin qu'on donnait le nom de » grammaire. » (Dadnou, Disc, sur l'état des lettres au xni* siècle, dans YHist. littér., XVI, p. 138.)