‹ Maistre Pierre PatelinChapitre 59 sur 200 · V. 28. Que nous vault cecy? pas un peigne · texte numérisé non relu

V. 28. Que nous vault cecy? pas un peigne

C'est ainsi que je lis au lieu d*empaigne que portent les

éditions. Je n'ai jamais vu Teropeigne d'un soulier citée comme terme de comparaison d'un objet de vil prix, tandis qu'tin peigne se rencontre souvent dans ce sens. Le peigne figurait parmi ces objets sans valeur intrinsèque que le vassal devait donner à son suzerain , à certaines époques , en signe de foi et hommage. Un peigne, une baguette, un couteau, de l'herbe, un fétu, et moins encore : « unum hombum ». Villon, dans la ballade Père Noé^ où il recommande « l*âme du bon feu matstre Jean Cotard » :

Jadis extrait fut il de vostre ligne, Luy qui beuvait du meilleur et plus cher ; Et ne deust il avoir vaillant qu*ur» pt gfM ; Certes, sur tous c*estoit un bon archer !

Sur quoi Le Duchat allègue ces vers du roman de la Rose, où le mot sercmt est substitué au mot peigne :

Quand les dons nous furent faillis, Lors devint il son pain querant.

Et je n'eus vaillant ung terani.

Les mots seran/, serancer, sont encore d'usage en quelques provinces, où serancer le chanvre, c'est le peigner.

Va , glous , che dist Gaufrois , je ne te prise un pigne I

(Baudouin de Sebourg^ 1. 1, p. 484.)

Cette expression un peigne, comme terme de mépris, se trouve encore au xvni* siècle, dans le poerae de Cartouche ou le vice puni, par l'organiste Grand val, père du célèbre comédien :

Quand j'ai bu, dit Gripaut, il n'est rien que je craigne : Je luerois maintenant un archer pour un peigne!

(Cartouche, chant X, p. 81.)

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