V. 300. Et si mengerez de mon oye
P. Gringoire fait allusion à cet endroit du Patelin :
Tel dist : Venez manger de Toye, Qui cheuz lui n'a rien d'appreslé.
{Les feintises du mande.)
Il serait intéressant de savoir au juste à quelle époque le soin de Teuphonie introduisit la permission d'unir le masculin du pronom possessif à un substantif féminin commençant par une voyelle, Sylvius, dont le livre parut en 1531, dit que les mots féminins, étable, exemple, évangile^ œuvre, épee, ame, épouse, étoile, amoureuse, s'unissent au pronom possessif masculin, « fuga apostrophi, » pour éviter une élision; qu'ainsi l'on doit dire : a mon, ton, son espée, ame , espouse , amou- )) reuse, etc.; car il serait trop dur de dire : m'estable, » m'exempte, m' évangile, m' espée,.. n [Isagoge, etc., p. 9/i.)
Le Patelin nous montre cette alliance des deux genres pratiquée au xv« siècle, et en voici un exemple qui remonte au xin« (si le passage n'est altéré). C'est dans le poëme de Roncisvals. Roland à l'agonie s'écrie :
Dame Deu père, mon arme et mon cors a vos rant.
Mais c'était une licence ; la règle, d'accord avec la logique, voulait : m' ame, m' espée. Le seul vestige que nous en ayons conservé est m'amie, qu'on écrit aussi ma mie,
à tort, bien que sous Tautoritédu Dictionnaire de l' Academie. (Voy. sur le vers 158.)