V. 395. Et encore se j'eusse dit
La main ïïwr le pot, par ce dit Mon denier me fust demeuré.
Cette formule se rapporte à la coutume de boire le vin du marché : Si j'eusse renvoyé la remise du denier à Dieu au moment où nous boirions le vin du marché, au repas dans lequel il doit manger de mon oie et goûter de mon vin, comme ce moment ne viendra jamais, mon
argent me fût demeuré. Patelin se reproche sa générosité ou sa prodigalité : il aurait encore pu économiser le denier à Dieu.
Dans le Baudouin de Sebourg^ le traître Gaufroy de Frise offre au Rouge-Lion de lui livrer Emoul de Beauvais avec les quatre fils de ce prince ; mais, dit-il :
Mais ains que vous puissiez cestui fait terminer, Me donrez tant d*avoir que vourai demander , Et vùurai boire à vous enchois mon dessevrer , Car à tel marchandise foire et persévérer Affiert bien carité et boire bon vin cler.
— Par Mahom, dist li rois, bien me doit agréer! Or allonê boire ensemble, sans point de l'arrester, Car j'ay par pluseurs fois oî dire et conter Que trop pau de marquiez voit on à bien aller Puissedi c'en en fait carité respiter.
(Tomel, ch. I, p. 46.)
« J'ai ouï dire qu'on voit réussir peu de ventes lors- » qu'on oublie de les arroser du vin du marché. » Voyez Do Cangb sous Chanta»^ Mercipotus et Vinum,