V. 403. Ne pour crier ne pour 6r«sler
Mais au fort ay je tant bresté (v. 433). . .
Bresier^ c'est, au sens propre, attraper les petits oiseaux au brest, c'est-à-dire à la glu ; au figuré. Patelin veut dire que par violence ni par ruse on ne lui fera rien rendre. Et dans le second passage : Jlais enfin, j'ai si bien tendu mes gluaui, j'ai tant pipé, etc.
Bratfy brest, broi, limon, glu. Dans Gérard de Viane r
Que si sont pris comme oiselet à broi.
Si se tenront ea nostre loi Tant qu'il nos aient pris al broi.
(ParUmopettê.)
Broyer^ réduire en broi, en bouillie.
Le nom de la ville de Brest parait venir du limon maritime au milieu duquel elle est située. Ainsi est fait le nom de Bray-sur-Somme,
Pline, Columelle et Galpurnius ont employé bruttia (sous-entendu pix) pour signifier de la poix, à cause que le Bruttium fournissait beaucoup de poix. Est-ce de là que vient broi^ bray ? — Ménage l'affirme, et pour aider à la vraisemblance, il dit bruttia ou bretia ; mais cette variante a bien Tair d'être sortie de l'imagination aventureuse du grand étymologiste.
Le Manuel' Lexique de l'abbé Prévost (1755) donne encore « Breste, chasse à la glu pour prendre de petits » oiseaux. »
De l'Aulnaye se trompe donc lorsque, dans son glossaire de Rabelais, il explique « brester, contester, quereller, disputer. » Comme on fait trop souvent, il devine d'après le sens général du passage. Cette faute a été reproduite dans le Complément du Dict, de l'Académie.
Si l'on écrit bretté avec quelques éditeurs du xvi' siècle, c'est une autre métaphore. Bretter ou breteller, c'est, dit Furetière, gratter un mur, tailler une pierre avec un outil bretté ou bretelle^ c'est-à-dire dentelé. Truelle brettée, marteau bretté. Les sculpteurs ont aussi des ébauclioirs brettés.