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vont mieux que la robe qui me va le mieux ».
<( Dire ce que vous n’aimez pas, le dire et que cela vous plaise ».
J’aime : « Il ne m’est pas permis de dire ù'Je » assez souvent, car je sens d’innombrables sœurs jeter leur voix dans mes paroles. Ce n’est plus moi que j’entends quand j’ose parler et malgré tout j’ai peur qu’on entende ce que je dis. » Cette force d’expression : « Le bruit flagellent des éloges excessifs. » Et : k II y a des devoirs charmants et des fautes mal choisies. » En souvenir : « Il y avait des ronds de soleil sur la nappe.» J’admire: « Audelà du mystère des voiles rayonne plus indissoluble le mystère de la clarté. » Des paroles désolantes : « Combien nous aimons plus que nous le disons, combien nous aimons moins!» Encore : <( Toutes les larmes ne prouvent pas que l’on pleure. » Et : « Le déchirant plaisir d’avoir à dire : Non. » Aussi : « Quand je pardonne, c’est que je regarde ailleurs. » Aveu : (( Je n’ai plus envie de pleurer, cela ne
fait de mal à personne. » Enfin : « Nul n’aime autant que moi qui n’aime pas. »
C’est à craindre de mentir devant elle !... C’est bien cela même que je cherche : Cette fleur du ton, la légèreté des passages, l’accent sans insistance, ce que je cherche, sans pensée de pastiche, avec un désir très vif et sans beaucoup d’espoir...
— Elle ne dit pas : « Je vous promets toujours d’aller vous voir, » elle dit : « Je me promets toujours... »
De moralité discutée cet individu désirant avoir affaire avec un honnête homme fut grossier; l’honnête homme hésite et — généreusement — soufflette.
Fragment de lettre :
... (( Madame de chez vous à chez moi, c’est assez près à vol d’oiseau ; mais, je suis un assez vieil oisel dont l’aile est un peu lourde... de
chez vous à chez moi, c’est tout près à vol d’oiseau... »
Rencontre : — Je voudrais vous parler...
— Je voudrais vous entendre.
Il ne sait pas lire et connaît les chiffres... Jn chiffre est à demi effacé, et il me dit quel est ce chiffre, — glorieux...
Notre grâce : (Une jeune femme de ce pays) : — Non le premier jour de janvier, mais tous les jours de janvier une étrenne de lui, une étrenne nouvelle : Un livre, un ruban, un bijou, une fleur, une orange... et je ne vous dis pas tout...
Cette prudence : Il dit : Lisez Madame ce beau conte grec que nous ne pouvons lire ensemble et nous ne nous en parlerons pas.
On parlait Amour, elle dit : — Vos grades. Doctorat ?...
— Non... Licence.
Fragment de lettre ;
(( Et comme il y a un très grand nombre de vertus, renoncez modestement à les avoir toutes. »
Etrennesx , Cette jeune dame raconte : — Il a été exquis, il ne m’a rien donné. Donner, que donner ? : Des crottes, des marrons... Il ne m’a pas même fait remettre sa carte, ce qu’ainsi il explique : « Elle rappellerait ma petite mine et mon très pauvre esprit. »
Elle dit : — Le dimanche, il garde sa voix de tous les jours.
Nous, nous-mêmes : A une comédienne, dite laide : — « Je ne comprends pas une comédienne sans beauté ! » — - (Inquiète), a On peut avoir une physionomie expressive. » — « Cela ne suffit pas. » — 1 Gaîment), « Alors, il ne me reste qu’à me pendre. » — « La corde cassera car il n’y a de corde solide que pour les laides et les sottes.» Et comme cela lui était imposé, à demi-rassurée, troublée encore, elle fut jolie.
Justice rendue : — Vous ne m’avez jamais offensée.
— Je m’excuse
Notre tact :
Si un homme célèbre a un rhume, nous ne disons pas : « Je suis enrhumé. » Il n’y a qu’un rhume, le rhume de l’homme célèbre.
Cette dame :
Elle sait, devine et ne dit pas : — « Vous êtes musicienne ? » elle dit : - — « Vous êtes musicienne. » Elle dit : <( Je » pour un blâme à recevoir et « Nous » pour avoir à partager une louange.
Ignorants tous les deux, nous n’ignorons pas les mêmes choses.
Assez souvent la politesse est le plaisant décor de la bonté.
Une femme : — Il ne faut rien dire : « Je vous aime, » c’est trop dire.
Il y a aussi la grâce d’un certain air rogne...
Une femme d’ici — Je m’acquitterai Poète... ah! par acomptes, Monsieur!
Parlant de son cheval, il dit : — Le vieux brave homme, qu’il était las !
Nos malices : Lui — Je pars avec elle pour l’Italie. Moi — Prenez trois billets.
— Non, deux seulement. — Soit, mais vous viendrez nous rejoindre...
Elle dit, la dame : — « Avec ses cheveux déjà blancs... » Elle dit aussi : — <( Chez lui le décor est seyant. » Elle dit : — « Ses mains, ses mains de prière. » Elle dit : • — ((Un mot de vous, ça dure. » Elle ne dit pas : — ((Je le connais,» elle dit : ((J’en suis connu.)) On lui avait dit : « Vous en parlez souvent. » Elle a répondu : — « C’est que souvent à lui je pense.))
(Quelqu’un qui n’est pas de chez nous) :
■ — Soyez mon témoin, il m’a donné des gifles. — Je serais votre témoin, si vous les aviez rendues.
Notre race : Le général de Lawoestine aimait les artistes. A une Revue de la Garde nationale passant devant Henri de Beaulieu, Préault (nous étions mis comme des voleurs disait Henri de Beaulieu), le général sourit et dit : — (( Très bien, très bien. » Aussi, devant une assez pauvre lithographie du vieux général Lawoestine paré, coquet encore, courbé, j’aime à dire : ((Très bien, très bien! » Je m’acquitte.
Notre mélancolie : — D’autres hommes, les heureux, jouent la pièce, je l’écris.
Portrait de femme .* La bouche parle , les yeux chantent et son petit nez de malice s' égaie, semble s égayer de ce que dit cette bouche et de ce qu expriment ces yeux : J'ai vu de jolis enfants boudeurs , bouder de cette bouche .
jjMAITRE DE SA JOIE 169
Il lui disait : — Rien n’est isolé. Si vos yeux sont beaux et ils sont beaux, ils ne sont pas seuls beaux.
Rudesse : A une comédienne : — Vous n ’êtes pas bonne dans La Glu ... vous y êtes adroite, vous n’y êtes pas bonne. Ah ! si c’était une femme qui se donnât par amour!... Vous n’êtes pas bonne dans La Glu ...
Un jour il propose à Coquelin Cadet, admirateur exalté de Coquelin aîné d’écrire en collaboration une comédie : « Les Jaloux. » Deux comédiens, deux frères... Et Coquelin cadet, opprimé par le collaborateur, dit d’une voix sans chaleur : — Il a de l’organe... Il a de l’acquis... Il connaît son affaire...
— Vous dites et je crois entendre..,
— Vous répondez et je crois comprendre...
Elle dit à une amie en le regardant : — Ah !
ne nous laissez pas seuls...
— Aime-t-elle ?
— Demandez-le lui.
— Est-elle aimée ?
— Demandez-le moi.
Fragment de lettre :
« De la femme être pensant, on loue les cheveux, les dents, les pieds, les mains, quelle insolence! Je vouls prends la main sans la dire blanche.
— Oui ? — Non. — Non... Quel non ?
Et ceci : — On ne vous a jamais traduit ? - — Jamais, j’ai des craintes. — On peut aussi vous traduire pour ce que vous dites.
De notre sang :
Une jéune marchande de fruits avenante et provocante le buste en saillie : • — On goûte !...
iyi
Chaque jour cet amant heureux fait sa
cour.
Elle dit : — « J’ai prêté votre livre et on ne me l’a pas rendu... Je comprends. »
Il parle de sa peine et doucement elle dit : — « je sais. »
De notre France :
LlSBETH, peint? e de fleurs :
Après les fleurs jolies, un peu d’autre fois, les fleurs de Fantin-Latour après les fleurs décoratives de Quost, d’autres fleurs, fleurs du jardin de mélancolie, fleurs d’un pays de rêve, fleurs lointaines... Que je voudrais !...
Un livre de poète (est-il un autre livre ! ) avec les fleurs de Lisbeth en marge : Une réponse d’entente : Des blancs différents, des roses pâles, des mauves, des violets... Que je voudrais!... Peintres de fleurs, Messieurs, ce que vous dites, ne vaut pas ce qu’elle chante.
De nos gens :
Le cocher a son cheval qui dort : — Lh ! monsieur l’employé !...
Nos grâces :
— Avec vous, madame, je voudrais tout voir et vous voir.
Elle ne dit pas : « Comprenez-moi » Non : (( Entendez-moi », dit-elle.
J’avais rendez-vous avec le jeune poète Tristan Klingsor, mon ami à la Porte-Maillot, et dans un désir de distinction, pour me montrer, avec quelque effort, homme ide bonne compagnie, j’ai réglé de façon étudiée tous les détails de mon vêtement tenant compte du :lieu jde départ et du lieu d’arrivée, de l’heure et du jour, aussi de la tenue probable de l’ami qui m’attend. Je pars et dans un désir de bonne éducation toujours, j’arrive avant
l’heure, un peu avant dix heures du matin, j'arrive le premier. Un passant me dit : — - ((Je ne me trompe pas, je 11e crois pas me tromper... l’âge... les années... vous êtes bien?...
Il me nomme. — « Oui, » et il me dit : (( Vous me reconnaissez ? » Je réponds : (( Certes ! » Et je ne le reconnais ‘pas.J Je n’avoue point... Comment avouer ! Il faut dire quelque chose, je dis : — <( Et vous êtes content ?» — : (( Ce n’est pas la gloire... je fais pour le pain. » Est-il professeur, écrivain, artiste4 ? Je ne sais.
(( Toujours jeune..,» — a Je ne m’en lasse.» — (( Au revoir » - — <( Au revoir. » et il passe, Dix heures dix, dix heures vingt, Tristan Klingsor n’arrive pas... Dix heures et demie... Au loin apparaît Klingsor, il marche, il marche, le bon garçon ! Dans une pensée assez délicate je fais le tour d’un groupe de maisons pour laisser croire au poète qu’il arrive le pre mier et je lui fais les excuses qii ïl me doit... Assez fier, glorieux, je rentre le soir en mon
quartier et alors je fus pour jamais ramené à la modestie : Une jeune marchande de fruits qui me vend assez souvent une pomme, une orange me dit : a II y a longtemps que je vous ai vu.... Je vois bien que vous n’avez pas été malade... »
<( Je vois bien... à cet homme aux' yeux brouillés et d’assez petite mine !... Ce « je vois bien» admirable d’une fille de pauvre m’oblige à l’humilité. Je renonce à la distinction.