SCÈNE IV
Les Mêmes, DE S RONCE RE T S, entrant pnr lo ion,!. FRANGINE.
Tu t'es perdu?
nESRONCE RETS.
Pas beaucoup. Bonjour, niadamr'.
CECILE, assise sur le petit rnnnpi' à (rnucho,
Vous avez fait une bonne promenade ?
DESROXCERETS.
Charmante.
FRANGINE, prenant la canne et le eliapeau île snn pÎTe.
Mais un peu longue; qu'as-tu pu faire pendant trois heures?
DESROXCERETS.
Il m'est arrivé une petite aventure.
c^';GILE.
De voleurs?
De meudiants.
Cela se ressemble.
CECILE
DESRONCERETS.
l\i> tout à fait. — Je mart^hais devant moi, depuis une heure dans un joli sentier sous bois qui me déposa tout à coup sur une grande route. A vingt pas, j'aperçois un pauvre diable agenouillé sur le rebord du fossé, son chapeau devant lui, ot une petite fille de huit à dix ans à ses côtés. Connaissez-vous rien do plus navrant qu'un mendiant sur un cluMiiin où il no passe personne?
ACTI' PREMII-R. 15
CKCILf.
La preuve qu'il y passe quelqu'un, c'est que le mciidianl s'y tient.
FRANGINE, appuyée sur le dossier du oanapé.
Et que tu passais.
DESIIONC fîRETS, s'asseyant à cùté de Cécile.
C'est vrai. Quoi qu'il en soit, la petite fille accourt à ma rencontre, et, me tendant la main : « Pour un pauvre aveugle qui n'a pas mangé depuis hier. » Je me fouille... j'avais oublié ma bourse; pendant que je clierche inutilement dans toutes mes poches, l'enfant tire de la sienne un gros morceau de pain et y mord à belles dénis. — Paibleu! lui dis-je, s'il a faim, partage ton déjeuner avec lui.