SCÈNE V
LOTIS, MADAME GUÉRIN, puis DESRONGERETS.
Ail! mon fils!
LOUIS
Pas un mot, ma mère; sauvons-la d'abord. — Voici M. Des-
ronCeretS, laisse-moi faire. (Entre Desroncerets, qui s'assied à droite
d'un air accablé.) Eh bien, monsieur, êtes-vous calmé ?
DESRONCERETS.
Hélas! mon ami, je rougis de ma violence et de mon ingratitude! Mais je n'avais pas compris... et qui n'eût pas été dupe à ma place de ce mensonge adorable ?
Quel mensonge ?
DESRONCERETS.
Ah! madame, cette enfant a pour son vieux père des délicatesses maternelles ! Forcée de m'avouer que je vis à ses dépens depuis trois ans, pour adoucir cette humiliation elle me parlait de mon génie, de l'orgueil d'être ma fille; elle avait foi dans mon œuvre!... Et moi, je l'avais prise au mot, c'était le ciel qui s'ouvrait... quand je suis retombé sur ce refus ! . . .
LOUIS
Que ne lui disiez-vous aussi que c'est pour rembourser Brcnu ?
DEiiBONCERETS.
Brénu ?
LOUIS
Est-ce que vous ne lui avez pas vendu volie château à réméré ?
DESRONCERETS.
Comment le savez-vous ?
LOUIS
Je le sais...
DESRONGE RETS.
Mais j'ai bien le temps d'y songer.
LOUIS
Pas trop. C'est demain soir qu'expire le délai fatal.
DESRONCERETS.
Demain ?... quel est donc le quantième ?
LOUIS
Nous sommes le premier septembre.
DESRONCERETS.
Eh bien! j'ai jusqu'au dix-sept...
LOUIS
Je crois que vous vous trompez.
DESRONCERETS.
Parbleu I je suis bien sûr de mon fait. J'ai signé l'acte le jour anniversaire de la naissance de ma fille, (u monte sur une
chaise et prend des papiers dans une potiche sur un bahut.) C OSt là que
je tiens mes papiers secrets; j'ai beau dire, Francine fait de temps en temps des rangements dans ma chambre, et vous comprenez...
LOUIS, preniiiit les pnpifrs.
« Fait double et de bonne foi le 2 septembre '1862. »
DESRONCERETS, descendant de la chaise.
Le deux septembre ?