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mère et mon beau-père ^ » Leur mort presque simultanée à tous deux lui fut un coup terrible, et dont il mit longtemps à se relever. Ses amitiés passionnées et un peu jalouses pour Paradol et pour Edouard de Suckau ne sont pas moins significatives. « L'amitié est un mariage^ », écrivait-il au premier. Et au second : u Je suis fou vraiment, j'ai un besoin passionné d'embrasser quelqu'un que j'aime. J'aurais un plaisir inexprimable à te serrer la main, et une lettre d'un de vous est une soirée de bonheur^. » Ou encore : « Avec toi, je suis cotïime dans la cour de l'Ecole, aux récréations d'été, t'en souviens-tu? la tête sur ta poitrine, tranquille et heureux*. » Ce souvenir, ces mouvements de sensibilité ne sont-ils pas aussi charmants qu'ils sont expressifs? Qu'on feuillette après cela les lettres écrites pendant la guerre et la Commune : « J'ai l'âme en deuil depuis six mois ^ ». « J'ai le cœur mort dans la poitrine ^ » « Il y a des jours où j'ai Tâme comme une plaie; je ne savais pas qu'on tenait tant à sa patrie ^ » Mot touchant dans sa détresse naïve. Non, quoi qu'on en ait pu dire, l'homme qui a écrit cela n'était pas au fond un impassible.