‹ Maîtres d'autrefois et d'aujourd'huiChapitre 17 sur 61 · Id., ibid., p · texte numérisé non relu

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LA PEUSONM-: KT L ŒUVRE DE TAIiNE. 143

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Il faut insister sur ce Irait : il est essentiel. Nous nous imaginons tous, — orgueilleusement et ingénument, — que nos idées nous viennent de quelque révélation spéciale, qu'elles ne procèdent en aucune fat^on de nos tendances intimes, qu'elles sont en nous la pure expression d'une sorte de raison impersonnelle, dont les décrets s'imposent à toutes les intelligences, et, en un mot, que le jour où nous les avons conçues, nous avons entrevu la vérité face à face. Nos idées ne sont jamais que la projection abstraite de notre sensibilité propre; et elles valent en profondeur, en étendue, en générosité, ce que nous valons, tout au fond de nousmêmes, dans l'intimité de la vie quotidienne, dans la spontanéité vivante de nos démarches intérieures, loin des systèmes, des constructions et des livres. C'est le mot de Pascal qui est le vrai : « Tout notre raisonnement se réduit à céder au sentiment ». Supposons Taine moins douloureusement troublé, plus légèrement affecté par les événements de 1870-1871 : non seulement il n'eût jamais songé à écrire les Origines; mais, à supposer même que ridée lui en fût venue, il les eût écrites tout différemment. Il se trompait sur lui-mônie, avec sa candeur habituelle, quand il déclarait que « c'est l'étude des documents qui l'avait fait iconoclaste* », — l'étude des documents n'a pas, que je sache, fait M. Aulard iconoclaste ^1 — ce qui a rendu tel l'his-

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