Voir à ce sujet le formidable -^ et amusanti — réquisi
ioricn des Origines, ce sont, au moment de la guerre et de la Commune, les émotions et les alarmes de son patriotisme, bref, un état particulier de sa sensibilité. Et c'est la nature, l'espèce et le tour habituel de sa sensibilité qu'il faut essayer de définir, si Ton veut comprendre l'origine de ses idées et la qualité même de son style.
<' Je viens de lire les Compagnons du tour de France, de George Sand, et mon âme est toute en éruption. Il se fait un bouillonnement physique et moral dans mon cerveau et dans mon cœur, dont je n'avais pas d'idée. Et cela m'arrive sans cesse. Quelle est cette fontaine vive de passions de tous genres qui s'est ouverte en moi-même? Pourquoi cette manière brusque, ce langage précipité, cette parole exaltée? D'où vient que je suis obligé de ne lire aucun journal, d'éviter toute conversation religieuse et politique, de peur de méchapper? Pourquoi, à chaque instant, est-ce que je sens l'animal fougueux et aveugle tirer la bride au moindre prétexte et bondir en avant ^? » C'est à son ami Edouard de Suckau que Taine écrivait ces curieuses lignes, désireux de « consulter » un psychologue de profession « sur un fait psychologique personnel ». Et vers la même époque, on nous le représente « courant la campagne de Nevers, son Byron à la
toire, — amusant de parti pris soi-disant scientifique, — que M. Aulard a dressé contre les Origines dans son livre sur Taine historien de la Révolution française, Paris, A. Colin, iOOT. — 11 faut lire sur ce livre l'article de M. Albert Mathiez dans les Annales révolutionnaires d'avril-juin 1908, et surtout le livre de M. Augustin Cochin, la Crise de l'Histoire révolutionnaire ; Taine et M. Aulard, Champion, 1909.