‹ Maîtres d'autrefois et d'aujourd'huiChapitre 34 sur 61 · André Ghevrillon, art. cité, p · texte numérisé non relu

André Ghevrillon, art. cité, p

mêmes où il en parlait avec le plus d'intelligente sympathie : on se rappelle les pages célèbres qui, dans les Origines^ terminent les chapitres sur rÉglise : d'un accent moins âpre, elles aflirment aussi nettement que l'un des premiers articles publiés par Taine, sur Jean Reynaud, l'opposition radicale, absolue de « la conception scientifique » et de « la conception catholique du monde ». Sur ce point essentiel, il n'a jamais varié, et, à cinquante ans d'intervalle, l'état d'esprit de sa quinzième année, tel qu'il s'exprime dans le morceau sur la Destinée humaine, lui dictait encore les mêmes conclusions. Ce n'est pas que, parfois, il n'ait eu, semble-t-il, quelque regret d'en être réduit à maintenir ses anciennes conclusions. Ne nous lassons pas de citer les Origines : « // n'y a que lui (le christianisme) pour nous retenir sur notre pente natale.... Ni la raison philosophique, ni la culture artistique et littéraire, ni môme l'honneur féodal, militaire et chevaleresque, aucun code, aucune administration, aucun gouvernement ne suffît à le suppléer dans ce service. » Qu'est-ce à dire? et comment concilier tout cela ? Jadis, c'est tout le christianisme qu'il répudiait en bloc; et le protestantisme ne trouvait pas plus grâce à ses yeux que le catholicisme : « Oh! cher ami, écrivait-il en 1856 à Paradol, ne nous rends pas protestants, laisse-nous voltairiens et spinozistes.... Arrière les bouchers, les fanatiques, les trembleurs, les puritains, les inventeurs du cant. Gardons la moquerie, la hardiesse d'esprit, voire les licences de l'École^. » Quelques années plus tard, —

Page 1