H. Taine, etc., t. Il, p. i40-14l
LA PEUSONNK ET L OIOIVUE DE TAINK. 181
cette date, Yllisloire de la littérature anglaise était déjà sur le chantier. L'origine du livre est forl curieuse. Très absorbé alors par des recherches de psycho-physiologie, et d'autre part, très désireux, pour vivn* et pour se faire connaître, d'écrire pour le grand public, le jeune écrivain avait songé à tout concilier en composant un livre de psychologie sur Shakespeare, Tun de ses poètes favoris. « Si Hachette accepte mon livre sur Shakespeare, écrivait-il à son ami Edouard de Suckau, je m'enfoncerai dans ces ((uestions-là.... C'est une recherche nouvelle qui pourrait s'appeler ainsi : Etude sur les causes principales des passions innées, sur leurs liaisons, et sur leurs incompatibilités. » Il semble bien que ridée de transformer cette étude particulière en une vaste étude d'ensemble soit venue de l'habile et perspicace éditeur auquel on devait déjà le Voyage aux Pyrénées et les Philosophes classiques. Taine accepta la proposition, et se mit sur-le-champ à l'œuvre. Il la poursuivit durant de longues années, à travers d'autres menus travaux de critique et bien des misères de santé. Mais il s'impatientait souvent de ne pouvoir, dans ce sujet d'histoire littéraire, philosopher comme il l'entendait : u J'ai fait, je crois, une sottise, disait-il un jour, en prenant cette Histoire de la littérature anglaise. Le chemin est trop long pour arriver à la philosophie. C'est prendre par Strasbourg pour aller à Versailles*. » Mais il n'oubliait pourtant pas son dessein primitif, qu'il définissait un peu plus lard en ces termes d'une juste et heureuse précision : « Mon idée prin-