‹ Maîtres d'autrefois et d'aujourd'huiChapitre 40 sur 61 · Taine. etc., t. II, p · texte numérisé non relu

Taine. etc., t. II, p

cipale était celle-ci : écrire les généralités et les particulariser par les grands hommes, laisser le fretin. Le but était d'arriver à une définition de Tesprit anglais K » Aussi les menus détails de Térudition critique rebutaient-ils son impatience de généralisation : << J'hésite à l'aire cette Histoire de la lillératiire anglaise, confiait-il, assez près du terme, à son ami Edouard de Suckau : ce sera trop long; il faudra entrer dans des jugements sur de trop petits personnages. Les idées générales sont dans les grands hommes, et Ton n'a qu'à les répéter, quand on rencontre les petits ou les genres accessoires. Peut-être ne ferai-je qu'une suite d'articles sur les grands hommes et les grands genres [n'est-ce pas exactement ce qu'il a fait?], une série de spécimens au lieu d'une carte détaillée ^ » Toutefois, un scrupule le hantait. Jusqu'alors, il n'avait étudié l'esprit anglais que dans les livres : les définitions auxquelles il aboutissait ne risquaient-elles pas d'être bien abstraites, bien théoriques, et, pour tout dire, assez peu conformes à la réalité humaine et vivante? 11 se résolut donc à aller les contrôler sur place. Le résultat n'était point douteux. Ils sont si rares ceux qui savent assez bien se déprendre de leurs idées pour ne pas voir à travers elles ce que nous croyons être la réalité! « J'aurai fait un voyage fructueux, écrivait Taine à Edouard de Suckau; ce qui me plaît surtout, c'est que les formules tirées de la littérature et de l'histoire se trouvent vraies ^ » Et généralisant son cas, comme il aimait à le faire,

Page 1