‹ Maîtres d'autrefois et d'aujourd'huiChapitre 42 sur 61 · Taine, etc., t. II, p · texte numérisé non relu

Taine, etc., t. II, p

s'y trompa, et lui-môme en convenait : « L'assimilation des recherches historiques et psychologiques aux recherches physiologiques et chimiques, voilà, disait-il, mon objet et mon idée maîtresse ». Et aux critiques de son ami Gornélis de Witt, il répondait : « Crois-tu qu'on ferait le métier que je fais, si Ton ne croyait son idée vraie? Non, cent fois non. Mieux vaudrait mille fois être banquier, épicier.... Nous n'avons qu'une seule compensation, la croyance intime que nous sommes tombés sur quelque idée générale très large, très puissante, et qui, d'ici à un siècle, gouvernera une province entière des études et des connaissances humaines.... Nous ne valons, nous ne vivons, nous ne travaillons, nous ne résistons que grâce à notre idée philosophique ^ »

Quand on croit avec cette ferveur à la toute-puissance des idées abstraites, il est tout naturel que, dans un moment de grande crise nationale, on mette au service de la patrie commune les facultés qu'on peut avoir pour découvrir la vérité et pour la propager. C'est ce noble dessein qui a présidé à la lente élaboration de la dernière grande œuvre de Taine, ces Origines qui devaient tour à tour susciter des jugements si contradictoires et si passionnés. « Je suis bien heureux, écrivait-il à un lecteur, que r Ancien Régime vous ait paru impartial : j'ai taché d'être purement historique; mais les hommes de parti ne veulent pas le croire. Avanthier, un de mes amis légitimistes me faisait entendre que j'avais gardé des préjugés bourgeois contre l'Ancien Régime, et un autre, républicain, me disait :

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