AÎAÎTRES d'hier ET d" A U J 0 l" R DH U I
aveu timide, l'altrait de la confidence murmurée à mi-voix. Ses toiles montrent à leur petit lever, à leur coucher, devant leur glace à coiffer, à laver, de jeunes dames en déshabillé et de clair vêtues, qui se reposent et se meuvent avec lenteur parmi des chambres parfumées et closes où s'épandent, à travers la gaze des rideaux, les effluves discrets d'une lumière assoupie.
L'œuvre signalétique de celte série est la Femme en peignoir rose étendue sur une chaise longue (1877). dont l'originalité reste saisissante. Comme les artiste? qui l'entourent, Berthe Morisot est éprise des joies de la clarté ; mais, respectueuse de son libre arbitre, elle réalise plus que jamais ses recherches selon un mode conforme à son idiosyncrasie. Par rapport aux peintres qui s'efforcent parallèllement, que signifie cette « morbidesse des couleurs » et que valent ces façons séparatistes presque? In critique, et non des moindres. Paul Manlz. va répondre. D'après lui. « il n'y a dans tout le groupe révolutionnaire qu'un impressionniste : c'est mademoiselle Berthe Morlsot... Sa peinture a toute la franchise de l'improvisation : c'est vraiment là Y impression éprouvée par un œil sincère et loyalement rendue par une main qui ne triche pas ^ ».
Le tourment de l'incertitude n'est pas toujours le signe d'une foi qui se trouble ou qui chancelle; il trahit aussi la difficulté à se satisfaire et la louable convoitise du progrès. Un résultat n'est pas atteint qu'aussitôt une ambition imprévue surgit. Sans renoncer aux scènes d'intimité. Berthe Morisot aime placer