‹ Maîtres d'hier et d'aujourd'huiChapitre 26 sur 32 · Le Temps. 21 avril · texte numérisé non relu

Le Temps. 21 avril

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SOUS le ciel libre ses modèles coutiimiers et une poursuite énergique de son effort l'amène à n'en plus offrir une image réduite et à s'instituer portraitiste; si elle s'entend toujours à faire voir les soins, attentifs ou graves, de la parure, et le divan, asile de repos dans la pénombre silencieuse, ailleurs elle évoquera la promenade parmi le jardin ensoleillé ou lavenue neigeuse, puis la joie du bouquet cueilli au massif du parterre et la volupté de la rêverie sur la barque qui oscille et glisse au lil de l'eau profonde. Ce renouvellement s'accompagne de plus d'ampleur dans la pratique et d'une aspiration inédite à réveiller la pâleur des harmonies grises par les irisations de l'opale et de la nacre, sans jamais sortir cependant de la gamme éteinte. « Mademoiselle Bertlie Morisot broie sur sa palette des pétales de fleurs », put-on dire avec vérité au sujet des ouvrages de cette manière et de cette période que caractérisent à souhait le tableau du musée du Luxembourg^ An bal, et le Corsage noir. En leur présence et devant une affirmation à ce point évidente du sens de la modernité, J.-K. Huysmans s'écrie : « C'est du Chaplin manétisé, avec en plus une turbulence de nerfs agités et tendus ! Les femmes que madame Morisot nous montre fleurent le nei\> niown hay et la frangipane; le bas de soie se devine sous la robe bâtie par le couturier en renom. Une élégance mondaine s'échappe, capiteuse, de ces ébauches que l'épithète d'hystérisées qualifierait justement peut-être \ »

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