‹ Maîtres d'hier et d'aujourd'huiChapitre 27 sur 32 · iJArt moderne, Paris, 1883, p · texte numérisé non relu

iJArt moderne, Paris, 1883, p

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Sur l'apport de Berthe Morisot aux Salons impressionnistes de 1880 et de 188J, il n'est pas de jugements comparables, pour l'intérêt, à ceux qui furent émis dans la Gazelle et la Chronuiiie^ sous la plume de Charles Eplirussi, et quelque surprise vient à ce que la critique, soi-disant liislorique. ait omis d'en faire état, tant leur autorité mérite maintenant encore de prévaloir. Ils se produisent dans le temps oii se dessine, contre les vulgarités et les outrances du naturalisme, la réaction des esprits et des goûts délicats. Dans la préface-manifeste des Frères Zemganno (1871)), Edmond de Concourt préconise, pour l'école moderne, l'abord de thèmes nouveaux et il marque quelle pénétration plus aiguë réclament l'étude et la représentation des gens du beau monde : « La femme et l'homme du peuple, plus rapprochés de la nature et de la sauvagerie y), observe-t-il, « sont des créatures simples et peu compliquées, tandis que le Parisien et la Parisienne de la haute société, ces civilisés dont l'originalité tranchée est faite tout de nuances, tout de demi-teintes, tout de ces riens invraisemblables, pareils aux riens coquets et neutres avec lesquels se façonne le caractère d'une toilette, demandent des années pour qu'on les perce, pour qu'on les sache, pour qu'on les allrapc. » Prêchant d'exemple, Edmond de Concourt veut « exprimer toute la féminililé d'un être de luxe » et « créer de la réalilé élégante, en rendant le joli et le dislingiié de son

1. Gazette des Beaux-Arts, 1880, t. I. p. i89 : Chronique des arts, 1881, p. l:3'i.

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sujet' ». Dans Chérie, où il s'y essaye, on saisit, on mesure quelle sensibilité identique rapproclie le plus impressionniste des romanciers de l'artiste peintre « impressionniste par excellence- ». Il vous souvient du passage autobiographique des Hommes de Ivtlies 011 les Concourt analysent le talent de Charles Demailly , « ce talcMit nerveux, rare, exquis dans l'ohservation, toujours artistique, mais inégal, plein de soubresauts et incapable d'atteindre au repos, à la santé courante... » On ne dirait pas autrement de Berlhe Morisot; et elle s'applique avec autant d'opportunité à l'artiste, cette remarque de Jules Lemaître sur le style des deux frères : « Ils aiment à nous livrer leur travail préparatoire, parce que l'impression se fait sentir plus immédiate et plus vive dans l'ébauche intempL'rante que dans l'œuvre définitive, et qu'ils craignent, en châtiant et en terminant l'ébauche, d'en amortir l'ellet ^ »

L'aventure n'est pas sans seconde, et, à se renfermer dans le domaine des arts plastiques, sans remonter fort avant le cours des âges ni quitter la France, les précédents s'offrent d'eux-mêmes à la mémoire. C'est de quoi trouve à se féliciter grandement Charles Ephrussi. Il applaudit chez Berthe Morisot à la survivance de la tradition nationale; il insiste sur la qualité « toute française » de son art ; il en découvre les points d'attache et le lien avec le siècle de la femme

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