JEAN-ÉTIENNE
Portrait de Charles-Simon Favart, auteur dramatique.
A mi-corps, vu de trois quarts, tourné et regardant à gauche. Il, est assis sur une chaise cannée, tête nue, robe de chambre en étoffe bleu clair avec doublure orange, les bras croisés reposant sur une table et tenant de la main gauche un livre entrouvert. Fond gris.
Signé dans le haut, à gauche et daté :
Haut., 70 cent.; larg., 55 cent.
Les deux Liotard, Jean-Étienne et Jean-Michel, étaient jumeaux, et tous deux furent artistes, mais tous deux eurent une carrière différente ; et si tous deux, nés à Genève en 1702, s’en revinrent finir leurs jours au bord du Léman, chacun eut son art à lui, sa façon de voir à lui.
Jean-Étienne, qui nous occupe, le premier manifesta des dispositions pour la peinture : encore presque enfant, il copia avec tant de précision un morceau de miniature de Petitot, « que le possesseur, qui était peintre, dit un de ses biographes, prit la copie pour l’original ». En 1725, Liotard était venu à Paris, où François Le Moine l’avait vivement encouragé. Le succès accourut d’autant plus facilement qu'il était étranger; Liotard exécuta alors nombre de portraits au pastel, en miniature et en émail. Puis, précédé d’une réputation habilement répandue — car c’était un esprit subtil et pratique, — il s’en fut à Rome, à Venise et à Constantinople, faisant
partout des portraits, dont la commande affluait chez lui.
Ensuite il passa à Vienne ; il se signalait par un accoutrement spécial : longue barbe et costume arménien, quelque chose comme le déguisement dont se revêt un personnage dans l’Étourdi de Molière. Si bien que Liotard fut, pendant un long temps, connu sous le surnom de « peintre turc ». A Vienne, il fut appelé à la Cour et fit plusieurs portraits dans la famille impériale. En 1744, il repassa par Venise et Paris, où l’attendaient quelques commandes, et finit par se retirer à Genève.
Ses œuvres ont été gravées par Faldoni, Gaillard, Petit, Littret, Ardell, Wille, Reinsperger, et lui-même fit mordre quelques cuivres : un portrait de lui, à la longue barbe ; le Chat malade, avec seize vers de lui ; les portraits de Marie-Thérèse et de Marie-Christine, dont les reprises au burin étaient faites par Camerata, etc.
Collection de M. Georges Pannier.