JEAN-MARC
Né à Paris le 17 mars i685, mort le 7 novembre 1766 ; fils cadet de Marc Nattier et son élève; filleul de Janinet ; académicien le 29 octobre 1718 ; adjoint à professeur le 26 mars 1746; professeur le 29 mai 1752.
Portrait de M. Ro^er'.
Il est assis à sa table de travail, vêtu d’une robe d’intérieur havane, galonnée d’or et doublée de rouge; il s’interrompt d’écrire la scène de l’opéra commencé, pour laisser voir presque de face son visage. Près de lui, on aperçoit son clavecin à quatre claviers, sur lequel il a posé un violon et un archet.
Haut., 82 cent.; larg., 65 cent.
Jean-Nicolas-Pancrace Royer était né, vers 1700, d'une famille noble, en Savoie. Enfant, il apprit la musique pour son plaisir; mais ses parents étant morts sans lui laisser aucune fortune, il demanda désormais à son talent d’organiste, de claveciniste et de compositeur, de pourvoir à son existence.
Il arriva à Paris en 1725 et se fit de suite connaître par quelques cantates et cantatilles. En 1730, il fit représenter à l’Opéra un Pj'rrhus qui fut écouté avec bienveillance. Ses autres œuvres lyriques, représentées également sur la scène de l’Académie Royale de Musique, sont Zdide (1739), le Pouvoir de l'Amour (1743), Almasis {1750).
Royer avait occupé plusieurs situations qui devaient aider à mettre en vedette sa personnalité. Directeur de l’orchestre de l’Opéra en 1741, maître de musique des Enfants de France en 1746, com¬
positeur de la Chambre du Roi et directeur du concert spirituel en 1747, il devint inspecteur général de l'Opéra en 1753. Mais d’Argenson nous apprend que, sous la pression d’une cabale montée à la cour, il dut résigner ses fonctions. Il mourut en 1755. Sa fille avait épousé un musicien, nommé Lagarde, qui briguait la direction de l'Opéra.
Voltaire n’est pas tendre pour Royer : il y avait eu entre eux des discussions au sujet d’un opéra que Royer avait fait sur un poème de Voltaire et malgré lui ; Royer avait même aggravé son cas, en faisant « tripatouiller » le poème de l’écrivain sans son assentiment.
Aussi, lorsque Royer mourut en lySS, Voltaire écrivit avec malice : « La seule chose dont je puisse bénir Dieu est la mort de Royer : qu’il veuille avoir son àme et sa musique 1 » (23 janvier lySo.)
: . N» 68 du catalogue de l’exposition, sous ce titre : Portrait de M. Le Royer, conseiller au Parlement de Paris.
Collection de M. S. Bardac.