JEAN-MARC
Portrait de M’"‘ Roi'er.
Elle est assise derrière un balcon de pierre, en manteau bleu ouvert sur un corsage décolleté. Une petite coiffe bleue sur ses cheveux poudrés, un ruban bleu noué autour du cou. Au bord du corsage, un petit bouquet de roses. De sa main gauche gantee de blanc, elle pose son éventail sur le balcon, tandis que, de sa main droite, elle tient un loup de satin noir.
Haut-, 82 cent.: larg., 65 cent.
Collection de M. S. Bardac.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de Nicolas Luckner .
II est debout, de trois quarts à gauche, en habit bleu galonné d’or, son tricorne de soie noire à passementerie d’or retenu sous le bras gauche. Il porte des cheveux poudrés. Ses traits sont réguliers et graves.
Signé et daté : lyÔS.
Haut., 73 cent.; larg., 57 cent.
Mes recherches et les documents iconographiques que j'ai feuilletés me permettent d’affirmer que ce portrait est bien celui de Luckner.
La vie de Nicolas Luckner, né à Gham (Palatinat) en 1722, fut agitée : après avoir servi dans les armées bavaroise, hollandaise et hanovrienne, Luckner passa en 1763 au service de la France.
Le portrait ici reproduit, et daté de 1 765, le représente au moment où il était lieutenant-général.
Il ne reçut le bâton de maréchal qu'en 1792. On sait que, devenu suspect après la campagne de Belgique, où son âge le réduisait à l’inertie, il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire, condamné à mort et exécuté (1794).
I . N“ 71 du catalogue de l’exposition, sous ce titre : Portrait d’homme.
Collection de M. le Duc Deca:es.
PERRONNEAU
Portrait de Ch. -Nicolas Cochin '.
II est représenté de trois quarts à droite, en habit lilas foncé, le cou dégagé de la chemise blanche garnie de dentelle. Il tient de la main gauche un crayon à dessin et replie le doigt sur le bord d’un carton. Ses cheveux poudrés, relevés sur les tempes, sont noués par derrière avec un ruban noir.
Signé et daté : ^772.
Haut., 4.3 cent.; larg., 55 cent.
Ce ne sont pas seulement des pièces de comparaison iconographique qui me permettent de dire que ce portrait est celui de Nicolas Cochin. On sait quelles relations d’étroite amitié unissaient Charles-Nicolas Cochin à Desfriches et à Descamps, et l'on ne doit pas s'étonner que Perronneau, qui était également leur ami, ait fait un portrait de lui à une date, 1772, où la grande vogue de Cochin commençait de s’apaiser.
Charles-Nicolas, fils de Nicolas Cochin et de Louise-Madeleine Cochin, née Hortemels (1715- 1790), avait été reçu académicien le 27 novembre 1751, nommé garde des dessins du cabinet du
Roi en 1752 et historiographe de l’Académie le 25 janvier 1755. Le Roi lui accorda des lettres de noblesse en mars 1757. Il parut aux Salons de 1742 à 1781, avec d’admirables dessins, dont la valeur atteint aujourd’hui des chiffres élevés. Quant à son œuvre gravé, qui dépasse quinze cents pièces, il constitue, surtout en ce qui concerne l’illustration au xviii® siècle, un magnifique effort d’art.
Il écrivait avec une égaie facilité, et l’on a de lui des lettres nombreuses, toutes de verve, et des relations de voyages qui se lisent encore non sans agrément.
I. N® 73 du catalogue de l’exposition, sous ce titre : Portrait d'un peintre.
Collection de M. Pierre Decourcelle.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait présumé d’Hubert Gravelot '.
Sur un fond de tenture verdâtre, la tête se dégage de trois quarts à droite légèrement.
Autour du cou, un mouchoir de couleur noué sur un habit bleu. De la main droite, le personnage retient un album sur lequel on lit : Recueil d' Estampes.
Dans l’Art du XVIII‘ siècle, les Concourt ont défini avec une spirituelle précision ce que fut le génie propre d’Hubert Gravelot :
« Gravelot, disent-ils, est l’artiste complet et parfait de son génie ; il en réunit toutes les aptitudes : l’intelligence de la composition qui lui fait presque toujours abandonner le motif commandé de l’estampe, une lecture immense qui l'aide à trouver le milieu et toutes les convenances de la scène. Il a la science perspective, une imagination d’architecture riche, égayante, en fleurissant les fonds, le goût de meubler, de décorer l’appartement, de faire courir les élégances autour des personnages, comme les serpentements de l’or et de l’argent autour d’une gouache de tabatière, avec l’effet du point de vue sur chaque objet. » Dans le portrait qu’il fait de lui, Perronneau, à l’aide du carton à estampes et des livres qu’on
Haut., 63 cent.; larg., 49 cent.
aperçoit au fond , a parfaitement caractérisé Hubert-François Bourguignon, dit Gravelot, graveur et illustrateur, interprète merveilleux des textes dont il s’était pénétré et dont il synthétisait si délicieusement l’idée dominante.
Si sa jeunesse fut quelque peu dissipée, les orages de sa vie le remirent à temps dans la bonne voie. Né en 1699, il était, en 1745, en possession d’une situation établie.
Parmi ses principales illustrations, il faut rappeler ses Aunales de Tacite, ses Tragédies de Corneille, sa Jérusalem délivrée, ses Contes moraux de Marmontel, son Décaméron de Boccace, son Asirée, sa Manon Lescaut, son Voltaire, VAlmanach de la Loterie Royale, VIconologie, etc.
Il mourut en 1773, ayant fourni un œuvre considérable.
I. N* 74 du catalogue de l’exposition, sous ce titre : Portrait d'artiste.
Collection de M. Doistau.
PERRONNEAU
Portrait de Jeanne Doras, à l’âge de 32 ans, en iy53.
De trois quarts à gauche, en costume bleu au corsage décolleté, la tête légèrement renversée, la figure souriante, un rang de perles autour du cou.
Salon de 1753.
Haut-, 66 cent.; larg., 57 cent.
Marie-Jeanne Doru ou Dorus était la troisième femme de Le Moyne. Il l'avait épousée en lySi (cette date n’est pas certaine). Il eut d’elle une fille, qui fut mariée à Pierre-Guillaume Bernard, |
intéressé dans les affaires du Roi, et qui signa, avec ses beaux-frères, l’acte de décès de J. -B. Le Moyne (25 mai 1778).
Collection de M. Georges Dormeuil.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTEJ
Portrait de Pierre- Ambroise-François Choderlos de Laclos'.
De face, la tête légèrement penchée vers l’épaule gauche, il est assis, en habit gris brodé d’or. Il a engagé sa main gauche, le bras ployé, dans l’ouverture de son gilet. Autour de son col blanc, qu’achève un jabot de dentelle, joue le ruban noir d’un ordre dont on ne voit pas l’insigne. Ses cheveux poudrés font paraître avec plus d’accent son visage au teint chaud et aux traits virils.
Daté : /770.
Quand on parle de Pierre-Ambroise-François Choderlos de Laclos, on ne se souvient guère de lui que comme étant l’auteur des Liaisons dangereuses. On a oublié le brillant officier qu’il fut, et, à cause de son poste de secrétaire des commandements du Duc d’Orléans, la part qu’il eut dans les intrigues de la branche d’Orléans pour se substituer à la branche aînée.
Sa carrière connut les avatars les plus divers, sans cependant subir de trop longs arrêts, puisque,
I. N» 76 du catalogue de l’esposition, sous ce titre : Portrait d’homme.
Haut., 90 cent.; larg., 75 cent.
né en 1741, il était fait général par le Directoire, et inspecteur général à l’armée du Sud-Italie par l’Empire. Il a écrit des poèmes, collaboré à la Galerie des États-Généraux, à la Galerie des Dames françaises, etc.
Le portrait de Perronneau nous le montre au seuil de la trentième année, à l’époque où il promenait dans la société sa curiosité mélancolique et son ambition soigneusement dissimulée.
Collection de M. Georges DormeuiL
PERRONNEAU
Portrait de femme.
De face, en costume noir à rubans roses, corsage décolleté, un ruban rose plissé
autour du cou; les cheveux poudrés coiffés haut.
Haut., yS c
ent. ; larg., 65 cent.
Collection de M. Georges Dormetdl.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de M. Van Rabais.
Debout, de face, en costume héliotrope sur le devant duquel joue un jabot de dentelle. Les cheveux poudrés. Le personnage tient sous son bras gauche son tricorne de feutre noir.
Haut., 71 cent.; larg., fjcent.
Ce Van Robais était un grand industriel d’Abbeville. Dans une lettre, datée de 1770, 2 janvier, Perronneau nous apprend qu’il vient d’arriver <f chez Monsieur Théophile Vanrobesse, à Abbeville, pour faire le portrait de leur perre », et c’est chez les Van Robais qu’il se fait adresser ses lettres. Le peintre demeura en relations affec¬
tueuses avec les Van Robais, puisque, dans une autre lettre, datée de 1772, il écrit cette phrase ; « J’ose dire que j’ay aquie dans mon petit tallans, j’ay fait des choses vigoureuses à Abbeville, dont M. Van Robesse a quatre tableaux à Paris ».
Les Van Robais, fabricants de drap, avaient été brevetés par Louis XIV.
Collection de M. Jacques Doucet.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait du Comte de Bastard.
Il tourne la tête de trois quarts à gauche. II est vêtu d’un habit noir, d’un gilet gris foncé sur lequel joue la dentelle du jabot. 11 porte sous son bras gauche un tricorne noir.
Signé à droite, vers le bas : Perronneau P INT. No'”'^ ^747-
Haut., 67 cent.; larg., 56 cent.
Collection de M. Jacques Doucet.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de M. Ihitillieu.
Debout, la tête de face dans un. ovale de details architectoniques. Il est vêtu d un habit et d’un gilet couleur de rouille sur lequel jouent les barbes de dentelle de la cravate.
Il porte sous son bras gauche son tricorne marteau nouée par un ruban noir.
Signé à droite, vers le bas : Perronneau.
Par le livre de raison de Jacques- Charles Dutillieu, publié et annoté par M. F. Bréghot du Lut, nous savons que les portraits de Jacques- Charles Dutillieu et de sa femme furent exécutés par Perronneau en lyBy.
Ce Jacques-Charles Dutillieu, né à Paris en 1718, mort à Lyon en 1782, avait débuté par être peintre de fleurs, sur les encouragements d’Oudry, qui avait remarqué ses essais accrochés
noir. Il est coifFé d'une petite perruque à
Haut., 73 cent.; larg., 60 cent.
à l’exposition de la place Dauphine. Par la suite, il travailla pour la Cour et pour M™® de la Vrillière, qui devint Duchesse de Mazarin. Mais la guerre de la Succession d’Autriche ayant déterminé une crise qui ne lui permettait plus de trouver à exercer son talent, il entra dans l’industrie, partit pour Lyon, et y fit une carrière féconde, en fabriquant des étofl'es d’or, d’argent et de soie.
Collection de M. Jacques Doucet.
PEBRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de jeune femme tenant un bouquet'.
Son costume est gris bleu, avec des manches courtes, serrées au-dessus du coude par un nœud de ruban bleu, et terminées par des volants de batiste blanche.
Assise, presque de face, le haut du corps gracieusement incliné, elle essaye sur son corsage bleu décolleté un petit bouquet. Ses lèvres fines et serrées donneraient à son visage une expression sérieuse, si ne souriait une fossette à son menton délicat. Ses yeux sont bruns, profonds, expressifs. Un nuage de poudre grise à peine ses cheveux foncés. Un rang de perles orne son cou et son poignet gauche.
La. figure se détache sur un fond clair.
Signé à gauche : Perronneau, ij4g.
Haut., 60 cent., larg., 47 cent.
i. Ce portrait, exposé au Salon de i/So, était inscrit au livret : « N® 134. Madame ayant un bouquet de barbeau. 0
Collection de M. Jacques Doucet.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait d’enfant.
C’est une enfant blonde aux yeux bleus. Elle est vêtue d'une robe à ramages bleus et roses et retient sur ses genoux, de la main gauche, un éventail fermé à panache rouge.
Signé à droite, en haut : Perronneau pmx., 1744.
Haut., 5 1 cent. ; larg., 41 cent.
Collection de M. Jacques Doucet.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de la Comtesse Jacquette d’ Arche, née de Loupes (i'j5,3).
De face, en corsage bleu décolleté et manteau noir. Un ruban bleu autour du cou. Ses cheveux coiffés bas sont adoucis d'un soupçon de poudre.
Signé à droite, en haut.
Collection de M'^‘ René d’Hubert.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de la Comtesse de Corbeau de Saint -Albin.
Sur un fond sombre, la figure se détache rose et blonde. Elle est vue de trois quarts à droite, en corsage bleu largement décolleté, une écharpe de gaze sur les épaules. Ses cheveux poudrés sont coiffés haut. Elle a le visage allongé, des yeux tendres, une bouche charnue, aux commissures accentuées.
Signé et daté : 7772.
Portrait de forme ovale.
Haut., 98 cent.; larg., 78 cent.
La Comtesse de Corbeau de Saint-Albin avait [ Martin, Saint-Bruel, Voissan, seigneur de Saintépousé Pierre- Éléonor de Corbeau, chevalier, Franc et Puys, Saint-Martin, la Bastie, Meylan et Comte de Corbeau, Vaulsen, Saint-Albin, Saint- ] autres lieux, capitaine dans le régiment de Rouge.
Collection Jubinal de Saint- Albin.
Prêté par M"' Georges Duruy.
PERRONNEAU
Portrait du graveur Iluquier.
Il est représenté le corps de face, la tête levée et tournée de trois quarts à droite ; le visage est plein, très expressif avec ses yeux bleu clair, son nez légèrement écrasé, sa bouche spirituelle et nei-veuse, son menton volontaire. Sa perruque poudrée se termine près des épaules par des boucles; l’habit et le gilet sont de ton beige. Le gilet baille sur la chemise blanche à jabot festonné.
Signé à gauche : Perronneau 1^47 ■ — Février.
Jacques-Gabriel Huquier, le père, fut en son temps un graveur justement apprécié. Né à Orléans en 1695, mort à Paris en 1772, il a exécuté un grand nombre de planches au burin et à l’eau-forte et aussi des dessins originaux d’une belle venue.
Toute une partie de son œuvre est consacrée à l’interprétation des maîtres ornemanistes de son temps ; Oppenord, Edme Bouchardon, J. de la Joue, Juste-Aurèle Meissonnier, Claude Gillot, etc. L’on sait que les amateurs se disputent aujourd’hui ces cahiers de modèles, où le graveur respectait avec infiniment d’art le caractère personnel des maîtres qu’il transposait sur cuivre.
Pourtant, il y a dans l’œuvre de Huquier le père une série de planches qui nous passionne particulièrement, celle où il traduit les chefsd’œuvre de Watteau, dont il fut i’ami et Tardent admirateur.
C’est ainsi qu'il a gravé, d’après le maître
Haut., 6z cent. ; larg., Sa cent.
incomparable : Apollon, Diane, Diane su?' les nuages, le Temple de Diane, Vénus sur les eaux, le Temple de Neptune, les Jardins de Bacchus, les Jardins de Cyihère, puis des arabesques et des décors : les Trophées, les Ecrans, les Eléments, les Saisons, l’Alliance et les Cinq Sens, les études de figures, de têtes de fantaisie, de modes, de soldats, et encore une série de sujets de sentiment : l'Amusement, le Berceau, le Bouffon, la Grotte, le Berger empressé, le Berger gardant son troupeau, l’Heureuse rencontre, l’Innocent badinage, le Chasseur content, la Chasseuse, le Jardinier fidèle, les Oiseleurs, la Pèlerine altérée, les Plaisirs de la jeunesse, le Repos des pèlerins, le Sommeil dangereux, le Théâtre, la Voltigeuse, le Repas gracieux, etc.
On lui doit également deux recueils de costumes et d’attitudes militaires d’après Parrocet et quelques planches d’après Nicolas Berghem.
Collection de M. André Lazard.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait présumé du fils de Le Moy>ne, sculpteur du Roi.
De face, sa tête blonde aux joues pleines, rondes et roses, se dessine sur un fond bleu tendre ; il garde une expression poupine avec son front haut et son menton gras où rit une fossette. Ses cheveux blonds s’ébouriffent bouclés. Il est vêtu d'un habit vert
clair, ouvert sur un gilet jaune à ramages. Signé à droite, en bas : Perronneau P
Si l’on s’en rapporte aux dates, cet enfant de J. -B. Le Moyne, sculpteur du Roi, serait un fils issu de son second mariage, Jean-Baptiste- Antoine Le Moyne, qui fut avocat au Parlement.
De son premier mariage (24 janvier lySb), avec Marie-Catherine Marteau, fille de Louis Marteau, menuisier ordinaire du Roi, et âgée de vingt ans, il n’eut qu’une fille (10 février lySÔ),
Haut., 40 cent. ; larg., 32 cent.
qui mourut une heure après sa naissance. Catherine Marteau était la nièce du peintre d’Ulin, membre de l’Académie Royale.
Sa seconde femme s’appelait Charlotte-Louise Huel-Poisson ; elle eut deux fils : celui que nous citons plus haut, et Pierre-Hippolyte, qui fut architecte.
Collection de M. Albert Lehmann.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
La Femme au ecllier.
Elle est vue presque de face. Au bord de son corsage décolleté, elle a posé un nœud de ruban bleu à larges coques. Sa robe est d’un bleu plus clair, brochée de fleurettes. Autour du cou, elle porte quatre rangs de perles. Sur ses cheveux poudrés, piqués d’un petit ruban bleu, une coiffe de dentelle blanche.
Signé à gauche, en bas : Perronneau Pinx. IJ48.
En 1748, date de ce portrait, Baillet de Saint- Julien, dans ses réflexions sur le Salon, écrit à la fin de sa première lettre :
« Je crois qu’on peut parler de M. Perronneau après M. de la Tour. Il suit ses traces de fort
près, et probablement doit prendre un jour de ses mains le sceptre du pastel, lorsque celui-ci, satisfait de la grande multitude de ses triomphes, songera enfin à se reposer à l’ombre de ses lauriers. »
Collection Armand Marne.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de Marie-Thérèse de Vîllette, femme Laruette '.
De trois quarts à droite, les lèvres près de sourire, les yeux bleus pétillant de gaieté ; sur son cou blanc, dégagé du corsage décolleté en carré, un ruban bleu est noué en coques. Une pèlerine de soie noire protège les épaules et laisse apercevoir le costume vieil or.
Les cheveux poudrés sont coiffés haut sur le dessus de la tête, relevés au front et aux tempes ; le visage aimable s’enlève sur un fond bleu clair.
Marie-Thérèse de Viilettc (née en morte à la fin du xviii' siècle), avait chanté l’opéracomique et l’opéra, lorsqu’elle épousa Laruette. En 1760, elle était pensionnaire du Roi, reçue à la Comédie-Italienne.
C’était une femme de talent, dont la voix de soprano, agile et claire, fait dire quelque part à Bachaumont que « son gosier de rossignol est au-dessus de tous les éloges ». (Elle venait alors de chanter la Buona Figliuola.)
Elle a créé un certain nombre de rôles dans des ouvrages de Grétry, de Philidor,deMonsigny, etc.
C’était également une femme distinguée, que la meilleure société recherchait. Dans une réunion
mondaine, à laquelle plusieurs artistes avaient prêté leur concours, certain marquis, qui taquinait la muse, chanta à la fin du souper, en guise de remerciement, un vaudeville de sa façon; voici le couplet qui s’adresse à Thérèse de Viilette- Laruette :
A celle qui sçut à la fois
Nous charmer d’un double délire,
Enchanter nos sens par sa voix Et nous attendrir pour Zémire.
Honneur aux talents précieux,
Qui sont réunis en ces lieux !
Cela était chanté sur l’air du vaudeville de la Rosière.
I. N» 87 du catalogue de l'exposition, sous ce titre : Portrait de femme.
Collection de M. Henry Michel~Lèvy.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de M'"‘ Diitillieii.
Dans un ovale, elle apparaît presque de face, une draperie bleu clair jetée sur son costume blanc, au corsage amplement décolleté. Dans ses cheveux poudrés coiffés bas, elle a piqué des fleurettes bleues. Un rang de perles presse son cou.
Haut,, 69 cent.; !arg., 55 cent.
D’une lettre de Perronneau, dont l’autographe appartient à M. Maurice Tourneux, et qui fut publiée par lui dans la Ga\elte des Beaux-Arts, détachons ces quelques lignes, qui peignent la sensibilité assez affinée du peintre ;
« Je ne puis assé vous remercier à tout égard, des bontés dont vous m’avez honoré à Lion; j’en sens tout le prix; c’est aussi par le sincère attachechement que j’ay pour vous, monsieur, que J’ay été mortifié de ce que vous prite dans un sens moins avantageux, la lestre que j’eu l’honneur de vous écrire de Turin, mon intention n’ayant esté
que de vous donner le témoignage de ma bonne volonté à vous servire ; je vous doit exactement tout ce que j’ai fait à Lyon; je vous en proteste ma sincère reconnaissance. Vous auray une lestre de moy, que je vous priray d’accepter; je ne puis vous dire quand, ce ne sera pas pour m'acquitter, mais comme un tribu de tout ce que je vous doit. Assuré madame de mes obéissanses; je lui soitte une bonne santé... »
Cette lettre fut trouvée dans les papiers de Dutillieu.
Collection de M. Léon Michel-Lévy.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de M. La Fontaine.
Debout, de face, le tricorne noir sous son bras gauche, la main droite engagée dans le gilet couleur crème, il porte sa tête droite avec une certaine fatuité.
Il est vêtu d'un habit bleu clair en satin et porte au cou une cravate blanche avec un jabot de dentelle.
Signé et daté : ijSo.
Haut., 72 cent., larg., 64 cent.
La Fontaine, qui signa avec sa femme au contrat de mariage de Perronneau, était sellier de la petite écurie du Roi. Le 12 mai 1749, M"® de Pompadour, qui ne comptait guère avec les deniers de l’État, lui fit donner une pension de 4.000 francs, parce qu’« il lui avait fait
une belle berline », nous apprend d’Argenson.
D’après un document de famille que veut bien me communiquer le Marquis de Saint-Maurice Montcalm, La Fontaine aurait rempli, par la suite, la fonction de receveur des Domaines.
Collection de M. le Marquis de Saint-Maurice Montcalm.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de M''“ La Fontaine.
Elle est représentée debout, de trois quarts à gauche, en manteau de velours bleu garni de fourrure sur un corsage bleu décolleté. Sur ses cheveux poudrés, elle a mis une fanchon de dentelle retenue par un ruban bleu; autour du cou, elle porte un ruban de même couleur ; elle croise l'une sur l'autre ses deux mains gantées de mitaines blanches.
Signé à gauche, vers le bas : Perronneau l'jSo.
Haut,, -t cent.; larg., 64 cent.
Collection de M. le Marquis de Saint-Maurice Montcalm.
PERRONNEAU
Portrait de Aignan-Thomas Desfriches, dessinateur amateur.
Le torse de profil à gauche, la tête tournée de trois quarts, il s’appuie de la main gauche sur un carton à dessins. Il a des traits puissants, une expression intelligente et volontaire qui supplée à la beauté. Habit bleu clair, avec un foulard marron et bleu négligemment serré autour du cou.
Signé à gauche, en haut : Perronneau lySi .
Haut., 69 cent.; larg., 40 cent.
Aignan-Thomas Desfriches (1715-1800), né à Orléans, fut plus qu’un amateur : il fut, en même temps qu’un artiste doué, dont les petits paysages au crayon sont d’une signification précise, une manière de Mécène sans prétention, autour de qui l’amitié attira les plus grands artistes de son temps, et la sympathie, les gens de qualité les plus réputés pour la sûreté de leurs relations.
Nous n’avons pas ici à retracer une biographie complète de ce parfait galant homme, très épris d’art, après le beau livre que lui a consacré son arrière-petit-fils, M. Paul Ratouis de Limay, sous le titre : un Amateur Orléanais au xviii* siècle. Mais le portrait de Perronneau, ici reproduit, est une occasion de rappeler que nulle existence ne fut plus utilement occupée au culte des arts et au service des artistes. On n’a qu’à lire les lettres
adressées à Desfriches par Perronneau, Chardin, Cochin, Descamps, Hallé, Natoire, Hubert Robert, de Silvestre, J. Vernet, Watelet, Wille et d’autres, pour mesurer toute l’influence du dessinateur amateur, la considération dont il était entouré et le prix qu’on attachait à ses conseils.
« Ce Desfriches, a écrit le Marquis de Chennevières, ne faisait pas centre seulement parmi ses compatriotes, il avait voulu devenir l’hôte habituel des artistes parisiens en vacances, et lorsque, l'été, la rivière de Seine n’apportait plus qu’une brise douteuse aux ateliers d’artistes du Louvre, sa maison des champs de la Cartaudière ne désemplissait pas d’invités. Si bien qu’à ce rôle d’hébergeur de l’école française, son prestige de trait-d’union entre la province et Paris n’avait guère d’égal. »
Collection de AI. Ratouis de Limay.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de M'"" Jean Cadet de Lima^, née Desfriches.
De trois quarts à gauche, en costume bleu, corsage ouvert en carre, et orne de rubans blancs et bleus qui apparaissent sous une écharpe de linon blanc. Un rang de perles en collier. Un soupçon de poudre dans ses cheveux bruns coiffés savamment.
Signé en haut, à droite, et daté : i y68.
M""* Jean Cadet de Limay était la troisième fille de Desfriches : elle avait pour prénoms Féliciîé-Perpétue ; elle était née à Orléans, le 3o avril 1745, et avait épousé en 1771 Jean Cadet de Limay, ingénieur en chef des ponts et chaussées à Tours, où il acheva la construction d’un pont
sur la Loire. Ces détails se trouvent donnés par le livre de M. Ratouis de Limay, descendant de Desfriches.
Devenue veuve en 1802, M™* Jean Cadet de Limay vécut à Orléans jusqu’à son décès, survenu en 1834.
Collection de M. Ratouis de Limay.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de Pinot- Diiclos .
De trois quarts à gauche, en habit gris, gilet rose à ramages fleuris, et jabot de dentelle blanche. Il porte sous le bras gauche son tricorne noir.
Ses traits sont marqués; les chairs sont amollies par l'âge. Il a des yeux bleus sous des paupières à demiba issées. Le masque exprime une spirituelle insolence. La tête est coiffée de cheveux poudrés à marteaux.
Signé à droite, en haut : Perronneau.
Ch. Pinot-Duclos, né à Dinan en 1704, mort à Paris en 1772, fut un des esprits les plus déliés et les plus indépendants de son temps. De par la faveur du Roi et de M™® de Pompadour, succédant à Voltaire comme historiographe de France {1750), membre de l’Académie Française, il fut contraint, pour un temps, de voyager en Italie, afin de laisser se calmer à la Cour l’émotion causée par la franchise de ses appréciations.
Il a beaucoup écrit, et ses livres nous fournissent d’utiles indications sur son époque. Il débuta par des contes moraux, que les enfants ne peuvent guère lire, produisit sur le théâtre quelques ballets,
I. N* 93 du catalogue de l’eipositiou, sous ce titre 1 Portrait d'homme.
Haut., (56 cent. 1/2 ; larg., 54 cent.
composa une Vie de Louis XI, qu’un arrêt du Conseil supprima (1745), et publia surtout les Considérations sur les mœurs de ce siècle, l'Eloge de Fonlenelle, des Remarques sur la grammaire générale et raisonnée de Port-Ro/al, des Considérations sur l'Italie, etc.
Il avait largement participé à l'édition du Dictionnaire de l’Académie de 1762, et il laissa, sur les règnes de Louis XIV et de Louis XV, des Mémoires qui ne furent édités qu’en 1791, et qui se lisent encore, à côté des pages célèbres de Saint-Simon.
A appartenu à la Collection Crosnier.
Collection de M. G. Sortais.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait d’Elisabeth- Françoise- Sophie de la Live de Bellegarde, Comtesse d’JIoiidetot'.
De face, un visage de blonde sous ses cheveux poudrés; une joliesse presque ingénue, avec de grands yeux bleus, un menton rond, une bouche aux lèvres caressantes. Son corsage bleu est décolleté et, sur ses épaules, elle a jeté un fichu de satin noir bordé de dentelle.
Haut., 55 cent. ; larg., 44 cent.
Éiisabeth-Françoise-Sophie de la Live de Bellegarde, Comtesse d'Houdetot (i73o-i8i3), fille d’un fermier-général et belle-sœur de M'"® d’Épinay, ne doit pas son renom seulement aux pages des Confessions où Rousseau, qui en était devenu éperdument amoureux, évoque son image, non plus qu’au personnage de Julie de la Nouvelle Héloise, qui est inspiré d’elle. Mariée en 1748 au Comte d’Houdetot, capitaine de gendarmerie,
puis lieutenant-général, elle se prit, cinq ans après, de passion pour Saint-Lambert, et cette passion dura cinquante années : la mort seule les sépara, et la Comtesse d’Houdetot entoura les dernières années du poète — on sait que Saint- Lambert faisait de petits vers, que le monde accueillait avec faveur — d’un dévouement parfaitement admirable.
I. N® 94 du catalogue de l’exposition, sous ce titre : Portrait de jeune femme inconntte.
Collection de M. Arthur Veil-Picard.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait d’homme en habit rose (Bo'^er, armateur).
Il est debout, de face, en habit et gilet rose tendre, avec une cravate blanche à jabot. Son visage régulier, aux traits forts, a une expression calme et satisfaite; ses yeux sont bleus sous les sourcils bruns épais, régulièrement dessinés. II porte la petite perruque poudrée dégageant le front et ramenée sur les tempes.
Haut., 6o cent. ; larg., 48 cent.
Collection de M. Arthur Veil-Picard.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait d’enfant en costume de hussard bleu (le fils de Boyer).
II est debout, de trois quarts, presque de face, très crâne. Il est coiffé d’un bonnet bleu à passementeries marron, d'où débordent ses cheveux blonds, et dans sa figure rose, il y a un accord parfait de tons entre le rouge de ses lèvres vives et le bleu d'azur de ses yeux.
Portrait de forme ovale.
Haut-, 53 cent.; iarg., 43 cent,
Collection de M. Arthur Veil-Picard.
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de M’"’ Desfriches et de l’artiste.
11 est en train de dessiner, la main droite, qui tient le porte-crayon, appuyée sur la main gauche; il détourne sa bonne figure souriante et spirituelle, au teint animé, qui s'encadre de la perruque poudrée, pour parler à M*"» Desfriches, debout derrière lui, en costume noir et fanchon de même couleur, nouée sur un bonnet blanc.
Haut., 71 cent.: larg., 58 cent.
On a peu de détails sur la femme de Desfriches. Nous trouvons seulement, dans le livre de M. Ratouis de Limay, qu’elle était née Marie-Madeleine Buffereau, fille de Pierre Buffereau de la Varenne,
chef de fourrière de la Maison du Roi, demeurant à Vendôme, et de Magdeleine Mariette, d’Orléans. Elle avait épousé Desfriches le 4 mars 1743.
Collection de M"" X...
PERRONNEAU
Portrait de M. Olivier.
Il est assis, la tête tournée de trois quarts, le corps de face, la main droite posée au rebord d’une table. Il est vêtu d’un habit marron, qui baille sur un gilet blanc à passementeries d’or. Les barbes de dentelle de sa cravate blanche sont engagées sous le gilet. Le personnage a un port de tête plein d'autorité et aussi de morgue. Son visage gras, aux traits réguliers, s’encadre d’une perruque poudrée aux boucles flottant sur les épaules.
Signé à gauche, vers le milieu : Perronneau Pin
Haut., 71 cent. ; larg., 58 cent.
Collection de M"" X. . .
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de M’"‘ Olivier.
Assise à côté d’une petite table, tournée de trois quarts à droite, elle était accoudée sur le bras droit. Mais quelque visiteur lui a fait lever la tête. Dans un regard direct et vivant, l’attention s’éveille, un peu de surprise aussi, qu'accentuent les sourcils relevés. Sa bouche aimable va sourire. Et sa belle main, aux souples doigts infléchis, demeure en suspens au bord de sa gorge, effleurant le bas du visage.
Les cheveux poudrés portent une coiffe blanche à dentelles. Elle est vêtue d’une robe à ramages, ouverte sur un corsage blanc garni de dentelles et décolleté. Trois rangs de perles autour du cou.
Signé à droite, vers le milieu : Perronneaii Pinx 1748.
Haut., 71 cent.; larg., 58 cent.
A défaut de renseignements sur M"'® Olivier, donnons quelques lignes d’une critique du Salon de 1748 sur Perronneau ; on sait que c’est au Salon de 1748 que fut exposé le portrait de M'"® Olivier « habillée d’une robbe de Pequin », ainsi que cinq autres portraits. Voici ce que dit le critique anonyme dans sa brochure :
« M. Perronneau ne s’est pas moins distingué dans ce Salon que dans les précédens. Évitant, pour les positions, ces lieux communs dans lesquels les Peintres à Portraits ne tombent que trop souvent, les siens se font autant remarquer par une variété de belles attitudes que par le bon caractère de dessein dans lequel il excelle. Quand de jeunes sujets se présenteront avec de tels talens, l’Académie ne sévira sans doute plus contre le
Pastel. Ce peintre, cependant, devroit faire les derniers efforts, afin que les corps de ses figures appartinssent mieux à leurs tètes, et se souvenir de ce principe :
Singula membra suo capiti conformia fiant Unum idemque simul corpus cum vestibus ipsis.
|Duf. de Art. Grapk.)
» Il faut pourtant convenir qu’il a été plus correct dans ses ensembles cette année, et qu’on ne peut lui faire ce reproche que dans le portrait du sieur le Page, où le corps paraît d’une largeur étonnante ; ce qui fait d’autant plus de peine que la tête en est touchée à ravir. » (Fonds Deloynes, t. III.)
Collection de M""' X...
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait de Charles-Louis- Génu Soalhat, Chevalier de Mainvilliers' .
Assis, de face, légèrement penché en avant et vu jusqu'à mi-corps, le personnage est vêtu d’un habit et d'un gilet roses; des barbes de dentelle pendent négligemment de la cravate blanche, et passent par dessus le ruban noir d'un ordre. Dans la boutonnière de son habit, il a glissé deux roses thé.
Signé à droite, en haut : Perronneaii iy56.
Haut., 58 cent. ; larg., 48 cent.
L’homme à la rose! Quelle figure a éveillé plus de curiosité ? Ce « joli garçon », d’une si coquette fatuité, d’une grâce tempérée de mélancolie, eut la faveur d’occuper l’opinion, comme une énigme. L’anonymat faisait régner autour de lui un mystère qui plaît à l’imagination.
C’était un nommé Charles-Louis-Génu Soalhat, Chevalier de Mainvilliers, né en 1714, qui aimait à philosopher, sans toutefois s’abîmer dans les profondeurs de la métaphysique. Il était aimable, causait bien, citait volontiers Platon, avait des lettres, plus encore d’esprit, savait à propos faire le bien, se laissait meme aller jusqu’à la philanthropie dans la discussion des problèmes sociaux. Dans le particulier, se laissait adorer, sans rien abdiquer de sa liberté. Une petite pièce de mauvais vers, à lui dédiée par une Comtesse
qui n’a pas signé, pièce qu’on retrouve dans les recueils annuels, Almanach des Muses, Etrennes anacréonliques ou autres, trace un portrait de l’homme à la rose :
A cet air doux, pensif, gracieux, cavalier,
L’on voit un philosophe, un esprit singulier ; Regardant en arrière, il rit de ses disgrâces ; Pieux, soumis, du sort il brave les menaces : Toujours persécuté par les esprits rempans.
Il parcoure (sic) l’Europe et cherche les sçavans ; Petit maître poli, sçavant sans verbiage.
Il unit la science au charmant badinage ;
Sincère adorateur d'un Prince généreux, Oubliant ses malheurs auprès des malheureux,
Il s’élève à la gloire à travers l'infortune;
Fidèle débiteur, cœur vray, sans amertume. Éloquent, courageux, amusant et galant,
Il serait sans défaut, mais... il est inconstant.
I . N» 100 du catalogue de l’exposition, sous ce titre : VHomme à la rose.
Collection de M'"‘ X. . .
PERRONNEAU
(JEAN-BAPTISTE
Portrait du Comte Claude Goi^on de Vaudurant.
De face, en habit de velours brun, ouvert sur un gilet de soie claire à fleurettes : ses yeux ont de la franchise, de la douceur, et aussi de la décision. Il porte en sautoir, sur son habit, le cordon de commandeur de l'ordre de Saint-Louis.
Haut., 71 cent. ; larg-, 58 cent.
Ce portrait fit partie de la collection du D'' Aussant, de Rennes.
A figuré à l’Exposition de l’École des Beaux- Arts en 1879 (Collection des Concourt).
Le Comte de Goyon de Vaudurant fut lieutenant général de Roi en Bretagne, de par son mariage, en 1726, avec Julie de Guémadeuc, fille puînée d'Amador-Jean-Baptiste de Guémadeuc. Ce dernier était un personnage considérable dans sa province : Chevalier, seigneur Marquis de Guémadeuc, Baron de Callac, châtelain de Trévécar, Cadoudal et autres lieux, gouverneur des villes et château de Saint-Malo, le Havre et dépendances.
commandant le ban et l’arrière-ban de la noblesse de l’évêché de Saint-Malo et lieutenant de Roi des quatre évêchés de la Haute-Bretagne : Rennes, Vannes, Saint-Malo et Dol.
Par une déclaration du 1*^ décembre 1698, le Roi rendit cette lieutenance de Roi héréditaire à ses enfants et autres héritiers. Julie de Vaudurant, étant devenue veuve, épousa le Comte de Marbeeuf, chambellan du feu Roi Stanislas, Chevalier de Saint-Louis, colonel d’un régiment de dragons et, lui aussi, lieutenant de Roi de la Haute-Bretagne par son mariage.
Collection de M. Wilbrod Chabrol.