‹ Maîtres du XVIIIe siècle. Cent pastelsChapitre 25 sur 27 · ROSLIN · texte numérisé non relu

ROSLIN

MARIE-SUZANNE, née GIRAULT)

Née le 9 mars 1734, morte le 3i avril 1772; élève de Vien ; agréée et reçue académicienne le 4 septembre 1770.

Portrait présumé de M"“ Hubert Robert.

Appuyant sur un métier placé devant elle son bras droit replié et maniant entre ses doigts un crochet, elle tourne vers la droite sa tête fine à la coiffure savante, ornée d'une dentelle, d'une rose, de rubans bleus et de plumes noires. Son corsage rouge passé, dont les manches s’interrompent au coude par un flot de dentelles agrémenté de rubans bleus, est ouvert en carré ; sur ses épaules, un fichu de linon blanc. Une étoffe bleue enveloppe sur le métier le travail commencé. La figure se dessine sur un fond gris foncé.

Signé à droite, vers le bas: Peint par M‘ Rosîin ij'ji.

Haut-, 69 ceat. : larg., 52 cent.

Hubert Robert, né en lySS, songea à se marier lorsqu’il revint d’Italie. Il avait rencontré une jeune personne de vingt ans qui lui plut infiniment : c’était une nommée Anne-Gabrielle Soos, fille de feu Didier-Théodore Soos, né à Lunéville, chirurgien-major du régiment de France, Cavalerie, décédé le 25 mars lySS, chirurgien-major de l'ambulance de l’armée, à l’hôpital militaire français de Lippstadt, Westphalie. Anne-Gabrielle Soos habitait avec sa mère, rue des Bons-Enfants. Hubert Robert avait son atelier rue Saint-Paul. Il demanda la main de la jeune fille et fut agréé : le mariage eut lieu le 6 juillet 1767 (la fiancée était née le 18 octobre 1745). Hubert Robert mourut le i5 avril 1808, rue Neuve-du-Luxembourg, frappé d’apoplexie : il était âgé de 75 ans.

Sa veuve lui survécut treize ans. Elle mourut le 4 avril 1821.

Ils avaient eu trois enfants : Gabrielle-Charlotte (1768), Adélaïde-Catherine (1772) et Charles- Hubert {1778).

Quant à l’auteur du portrait, Marie-Suzanne Girault, épouse de Roslin, elle était née le 9 mars 1734; elle avait perdu, en 1742, son père, Barthélemy Girault, marchand mercier-joaillier, près de Saint-Jacques de la Boucherie, et sa mère le 17 mars 1745. Elle fut élevée par un tuteur qui agréa la demande de Roslin, et le mariage, qui fut célébré le 8 janvier 1759 — la jeune artiste avait alors vingt-quatre ans, — eut pour témoins, à Saint-Eustache, Vien, peintre du Roi, et Goustou, architecte.

Collection de M. Arthur Veil-Picard.

RUSSEL

(JOHN), R. A

Né en 1744, mort en 1806 ; associé à la Royal Academy en 1772 ; académicien en 1788.

Daniel Gregory Dsg.

Un jeune garçon, la tête tournée de trois quarts à gauche, et vêtu d'un habit gris boutonné dont les revers s'écartent pour laisser flotter les barbes de dentelle de la cravate sur le bord du gilet blanc.

II a le visage allongé, les joues pleines, les yeux bleus; ses cheveux châtain clair tombent sur ses épaules.

Portrait de forme ovale.

Haut., 61 cent; larg.,45 cent.

John Russel, fils d'un imprimeur de Guildford (comté de Sussex), fut un des plus fervents pastellistes de son temps ; plus encore que par des portraits à l’huile, il aimait interpréter les modèles illustres qui se pressaient dans son atelier, à l'aide du pastel, et, en 1776, il publia même les Éléments de peinture au crayon.

Il avait étudié sous la direction de Francis Cotes, et, en 1769, avait obtenu, à quinze ans, le prix de la Société des Arts, de Londres, où il était venu parfaire son éducation artistique. Sa

réputation s’établit rapidement, et il eut à faire les portraits des personnages les plus illustres de la Cour, entre autres le Roi Georges III, la Reine, le Prince et la Princesse de Galles, etc.

Il s’était senti attiré également vers les sciences astronomiques, et il inventa un instrument, qu’il fit breveter en 1 797, pour observer les phénomènes de la lune.

Il fut emporté, le 20 avril i8o(5, par une fièvre typhoïde.

Collection de M. E. M. Hodgkins.

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RUSSEL

(JOHN), R. A

Portrait de Caroline de Brunsmck.

Elle est vêtue d’un costume de soie à rayures, et à tons changeants, serré à la taille par une ceinture noire. Le corsage est ouvert en châle, sur une guimpe blanche bordée d’une dentelle flottante. Sa tête, de trois quarts à droite, est coiffée de cheveux frisés et poudrés, dont le léger ton gris se détache sur un fond de draperie rouge, relevée à gauche et découvrant un paysage.

Un rang de perles en collier.

Haut., Co cent. : larg., 43 cent.

La vie de Caroline-Amélie-Élisabeth de Brunswick-Wolfenbuttel, née en 1768, morte en 1821, ne fut pas heureuse. Elle avait épousé en 1795. le Prince de Galles, depuis George IV, qui, marié secrètement avec Mrs. Robinson, la Perdita, n’avait contracté cette nouvelle union que pour payer ses dettes. Très rapidement, son mari la quitta, pour retourner à sa vie de désordre. Caroline-Amélie, retirée à Black Heath, vécut seule avec sa fille, ce qui ne l’empêcha, peut-être à l’instigation de son mari, d'être accusée des pires forfaits, et cela injustement. La Cour lui fut fermée ; alors, elle voyagea et se mit à mener elle-même une vie quelque peu orageuse, faisant d’un simple courrier, du nom de Bergami, le Comte de Francini, afin de pouvoir plus librement le combler de ses faveurs.

En 1817, son mari institua une commission

dont l’objet était de faire une enquête sur la vie de sa femme, et la commission n’avait pas achevé de remplir son mandat, que George IV montait sur le trône, après la mort de son père. Son premier acte fut de refuser de reconnaître Caroline comme Reine. Celle-ci, qui avait des intelligences à Londres, débarqua sur les bords de la Tamise, où lui fut faite une réception triomphale. Le ministère, sur l’ordre du Roi, déposa au Parlement une plainte en divorce, d’où sortit un procès scandaleux, terminé au tort du Roi.

De victime, Caroline-Amélie était devenue, par la fin du procès, une triomphatrice : elle ne comprit pas qu’il y a des triomphes dont il ne faut point abuser, et lorsqu’elle voulut se faire couronner avec le Roi, le peuple lui tourna le dos: cet affront porta le dernier coup à sa santé affaiblie : elle mourut peu de temps après.

Collection de M'" la Baronne James de Rothschild.

RUSSEL

(JOHN), R. A

Portrait de Mrs. Currie.

Son visage a gardé toute la naïveté de l’enfance, et pourtant, dans ses grands yeux noirs, sur sa bouche aux lèvres sensuelles, dans l’ovale de son visage d’une grâce si vivante, dans son torse même, dont son corsage décolleté permet de deviner les formes souples, c’est là une créature de rêve et de tendresse. Elle est vêtue d’un costume de soie blanche, serré à la taille par une ceinture de ruban bleu de ciel.

Ses cheveux châtains sont poudrés et coiffés en bouclettes éparses, retenues par une légère écharpe de linon blanc nouée sur le devant .

Signé à droite, vers le bas : J. Russe! R. A. P' 178g.

Haut., 60 cent; larg., 44 cent.

Collection de M. Arthur Veil-Picard.

RUSSEL

(JOHN), R. A

Portrait de Mrs. Earle, fille de Sir Stephen Langston.

Vêtue d’un costume blanc à ceinture jaune, elle porte sur ses genoux sa fillette, en robe blanche et ceinture bleue. Leurs têtes se rapprochent, leurs mains s'unissent avec tendresse.

Haut-, 6o cent. ; larg., 44 cent.

Collection de M. Charles Wertheimer,

RUSSEL

(JOHN), R. A

Portrait de Sarah White.

C’est Hébé, une Hébé qui a toute la grâce des beautés britanniques. En costume blanc, égayé d’une draperie rose et d’une ceinture jaune vieil or, elle est assise, retenant de sa main droite un vase d’or, et de la gauche offrant une coupe d’or également à l’aigle olympien qui s’y désaltère.

La jeune fille, cependant, ne prête qu’une attention distraite à la présence de l'oiseau. Elle tourne de trois quarts à droite sa jolie tête, tandis que, sur son épaule, vient jouer une tresse de ses cheveux châtains, coiffés en frisures désordonnées.

Signé à gauche, en bas : J. Russell R. A. pinxit I7g4.

Haut., I ra. 01 ; larg., 78 cent.

Collection de M. Charles Wertheimer.

RUSSEL

(JOHN), R. A

The Bal lad Smçjer (Chanteuse de Saint- Gilles).

De trois quarts à droite, l'air ingénu, tenant le feuillet où sont notées les paroles de sa romance, elle chante. Elle est vêtue d’un châle d’algérienne blanche croisé sur la poitrine, et d'un corsage marron à manches courtes, qui laisse les bras à moitié nus.

Sur ses cheveux châtain clair, elle a posé un petit bonnet blanc qui laisse s’échapper des mèches rebelles.

A droite, dans le ciel bleu, on aperçoit le clocher d'une église.

Signé à droite, en bas : J. Russel R. A. Pinxit. i8o3.

Haut. , 58 cent. ; larg., 43 cent.

Collection de M. Charles Weriheimer.

RUSSEL

(JOHN), R. A

Portrait de Miss Mari' Darb^-

Dans un fond de parc, elle est assise sur une ottomane, la tête mélancoliquement appuyée sur la main gauche. Elle est vêtue d'une robe blanche décolletée, serrée à la taille par une ceinture de ruban rose; sur son bras gauche, une draperie bleue est jetée négligemment.

Près d’elle, un enfant blond vêtu de blanc et de rose, lui chante une romance.

Signé à droite, en bas : J. Riissel R. ,.-1. P‘ l’/g'S.

Haut., I mètre; larg., 78 cent.

Mary Darby, Mrs. Robinson, pourrait avoir un chapitre dans le livre des amoureuses célèbres, encore qu’elle soit en droit de réclamer une place dans la littérature anglaise. Actrice et femme de lettres, il semble bien qu’elle ait surtout marqué son existence par les hasards de passions où la jeta son âme désemparée. Elle était née à Bristol en 1768. Mariée de bonne heure, elle trouva la vie du foyer monotone, et demanda à la scène, où elle eut d'ailleurs du succès, les moyens de s’affranchir d’une chaîne qui pesait à sa nature excentrique et à ses instincts assoiffés d’inconnu. En 1780, elle avait les faveurs du Prince de Galles, plus tard George IV. Ensuite, ce furent des liaisons peu discrètes, liaisons suivies d’épisodes tragiques.

avec Charles James Fox et avec le capitaine Torleton.

Ses œuvres littéraires, qui eurent à leur époque une vogue un peu perverse, ne connaissent plus guère que l’oubli. C’était d’abord deux recueils de poèmes, datés de 1775; puis ce fut ; les Contes lyriques, Angelina (1796), le Faux ami (1799), Enlisions d'amour, Vincen-{a ou les Dangers de la crédulité (1792), Wasingham ou l’Élève de la nature (i8o5), œuvre posthume. Un temps elle fut qualifiée de Sapho anglaise. Elle fut surtout connue sous le sobriquet de Perdita.

Elle mourut dans le comté de Surrey, en 1800. Elle avait eu, en 1780, une fille, qui mourut en

Collection de M. Charles Wertheimer.

RUSSEL

(JOHN), R. A

Lad-^ Georgiana Cavendish.

Elle est debout, en robe et bonnet blancs, égayés de ruban bleu, et sa figure aux grands yeux étonnés, aux joues roses, aux cheveux blonds, se détache sur un fond de ciel d'azur, largement marqué de nuages blancs. Elle tient de sa main droite, le bras ployé, une branche fleurie.

Signé à droite, en bas : J. Russel R. A. P‘ 17 go.

Haut., 60 cent.; larg., 45 cent.

William, 5'' Duc de Devonshire, né en 1748, mort en 1811, fut, dit -on, un esprit médiocre; on a peine à le croire quand on remarque que, marié deux fois, il sut chaque fois choisir une femme extrêmement remarquable, capable d’illustrer son nom : la première fut Georgiana Spencer, la seconde Elisabeth Hervey.

Nous ne parlerons que de la première, puisque ce sont ses filles dont les portraits sont ici reproduits.

Georgiana Spencer, née en 1707, morte en 1806, fille de John, i®'' Comte de Spencer, avait su

réunir dans son salon l’élite des écrivains et des artistes de son temps. Sheridan et Selneyrs étaient des familiers de la Duchesse. Elle a écrit des poésies, auxquelles ses admirateurs accordaient sans peine quelque mérite.

Sa fille. Lady Georgiana Cavendish (nom patronymique des Ducs de Devonshire) avait épousé le 6' Comte de Carlisle, cousin de Byron; elle fut la mère du 7® Comte de Carlisle, né en 1802, diplomate, chancelier, Vice-Roi des Indes et écrivain par surplus.

Collection de M. Charles Wertheimer .

RUSSEL

(JOHN), R. A

Lad'^ Henrietta Cavendish.

C’est une fillette vêtue de blanc, aux joues de pomme d'api, aux épaules et aux bras potelés, aux cheveux châtain clair, coiffés d’une ample capote blanche, serrée par un ruban rose.

Elle est debout, de trois quarts, près d’un balcon de pierre, sur lequel elle a posé un panier d’osier tout rempli de fleurs.

Fond de ciel d’azur, où s’envolent quelques nuées grises.

Signé à gauche, en bas : J. Russell R. A. P' 1790.

Haut., 60 cent. ; larg., 45 cent.

A défaut de documents intéressants sur Lady Henrietta Cavendish, plus tard Comtesse Granville, il n’est pas défendu de parler de sa mère, la Duchesse de Devonshire, aussi célèbre par son esprit et son goût de l’art que pour sa beauté.

En 1782, M Noverre, le fameux chorégraphe de l’Opéra, s’en alla à Londres et fit jouer un ballet pantomime, Adèle de Ponthieu, qui fut accueilli avec une faveur marquée.

Or, entête de l’édition de ce ballet, M. Noverre a inscrit une dédicace à la Duchesse de Devonshire, qui avait généreusement aidé à son succès,

et il a joint à sa dédicace le madrigal que voici :

D’assez nombreux succès ont payé mes travaux;

J’ai pu m’enorgueillir des plus brillants suffrages;

Et, lorsque de l'amour j’empruntai les pinceaux.

J'ai vu mille beautés sourire à mes ouvrages.

Il est encor un prix dont mon cœur est jaloux,

Ce prix seroit pour moi plus flatteur que tout autre : Mes suffrages passés, je les oublierai tous Si je parviens jamais à mériter le vôtre.

Le sujet que j’ai pris me permet quelque espoir;

A la beauté toujours fidèle,

Je cherche à retracer ses charmes, son pouvoir,

Et quiconque pourra vous voir Doit reconnaître mon modèle.

Collection de M. Charles Wertheimer.

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RUSSEL

(JOHN), R. A

Portrait de la fille de l’artiste.

C’est une enfant, vêtue de blanc, aux joues roses sous ses cheveux blonds coiffés en désordre. Elle a des yeux bleus étonnés et naïfs, une petite figure ronde, une bouche tendre; elle lève son bras gauche vers un papillon.

La figure se détache sur un fond de paysage d’automne, dominé par un ciel ennuagé.

Forme ovale.

Haut., 6o cent.; larg., 45 cent.

Collection Wildenstein.

VIGÉE

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