‹ Maîtres du XVIIIe siècle. Cent pastelsChapitre 26 sur 27 · LOUIS · texte numérisé non relu

LOUIS

Portrait de Henri-Camille, Marquis de Berinqhen.

Le personnage est debout, de trois quarts à gauche, la main droite appuyée sur un livre. Il est vêtu d’un habit de velours bleu, dont il écarte les basques de la main gauche glissée sans doute dans une poche pour découvrir son gilet rose barré par le grand cordon du Saint-Esprit.

Signé à gauche, en bas : Vigée pinxit.

Henri-Camille, Marquis de Beringhen, chevalier des ordres, avait succédé à son père, Jacques- Louis en, qualité de premier écuyer du Roi.

Le premier écuyer, qu'on appelait « Monsieur le Premier », avait la direction de la petite écurie, la grande écurie étant confiée au grand écuyer, qu’on désignait « Monsieur le Grand ».

Le poste de premier écuyer, dont les bénéfices étaient gros, suscitait des jaloux à celui qui l’occupait. C’est ainsi que vers 1754 on s’efforçait, à la Cour, de dégoûter le marquis de Beringhen de sa productive fonction, pour la passer à M. de Marigny. Mais Henri-Camille n’était pas homme à se laisser influencer. Sans faire front brutalement à ses adversaires, ce qui eût pu provoquer des scandales, il eut le tact de ne se point poser en victime. Mais il profita des bonnes dispositions où le Roi semblait revenu à son égard pour se

Haut., 97 cent.; larg,, 83 cent.

faire acheter par lui (1762) la terre d’Armainvilliers en Brie, avec la forêt de Crécy, moyennant cinquante-cinq mille livres de rente.

S’il passa à travers les embûches d’une Cour travaillée sans relâche par les intrigues, en en tirant toujours quelque profit , le marquis de Beringhen ne sut pas se dérober aux petites vilenies anonymes, que la prospérité croissante de sa position devait exciter, et dans un Noël de 1764, on lit des couplets dans le goût de celui-ci ;

Le chef de l’écutie Disposant des coursiers Au gré de son envie Arrive des premiers.

Place! C’est Beringhen : faites place, canaille !...

> Le bœuf, entendant le fracas,

Dit à Joseph : « Qu’il n’entre pas,

Il mangerait ma paille. >

Collection de M. de Saint-Alary.

VIGÉE

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