TABLEAU (A
Le maître le moins sympathique
MAITRES : Age et sexe
D0a.-25a.] a.-30 a.[31 a.-35 a.136 a.-40 a. [41 a.-45 a.[46 a.-50 a. [51 a.-55 à. pr
| Élèves :
Au- dessus , de 15 a.
Le fait le plus frappant dans les deux tableaux, c’est l'abondance d’affectivité, en sympathie comme en antipathie, chez les élèves de 11 à 14 ans, garçons ou filles. A partir de 15 ans, il y a une forte chute générale ; on y constate pourtant, une intensité d’affectivité plus grande chez les jeunes filles que chez les jeunes gens. Chose plus frappante encore : alors que, pour les âges précédents
(7 à 10 ans), l’antipathie est bien moins fréquente que la”
sympathie, elle le devient davantage à partir de 11 ans.
Le fait de l'augmentation, à cette époque, de la « pola-.
risation » affective en général dans les rapports de l'élève avec le maître, est aussi corroboré par les données chiffrées
de la première partie. L’adolescent est plus sensible, plus
susceptible ; aussi oublie-t-il moins rapidement et pardonnet-il plus difficilement. D'autre part, il a aussi beaucoup plus d’occasions et de raisons d’adopter une attitude affective dans ses rapports avec les adultes. Le besoin d’amitiés est très grand. D’autres tendances impérieuses se déclarent aussi et se manifestent avec insistance. L’idéalisation est facile et crée des admirations excessives. Mais les attitudes négatives ne sont pas moins nombreuses. Il y a d’abord le fait très fréquent, où l’adolescent qui commence déjà à se considérer majeur et libre est aux prises avec ses « tuteurs » ou ses mentors pour des raisons
d'indépendance. Et par suite de sa tendance excessive à
affirmer sa personnalité, qu’il sent d’ailleurs vaguement faible et imparfaite, par suite enfin des doutes en sa valeur réelle, il en est aussi plus jaloux, et le moindre manquement à sa dignité le blesse profondément. Or, l'adulte s’obstine justement à le considérer encore comme un enfant et à ne pas vouloir l’affranchir de sa tutelle, à le négliger ou à le dédaigner. D'autre part, c’est aussi l’âge où l’on commence à critiquer les adultes, ces «adversaires » qu’on est obligé de
respecter. On a d’ailleurs aussi des idées très fantaisistes, . des idéals chimériques que l’on voudrait à tout prix voir . dans la réalilé des hommes et des choses, et on est très :
fâché d’être démenti par les faits. Les exigences à l’égard
du maître deviennent donc plus grandes, la critique plus.
sûre et plus acerbe. Tous ces facteurs transposés dans la vie scolaire, on conçoit bien des conflits qu'ils peuvent
provoquer et qui tourneront facilement en attitudes affec-
tives négatives.