IV. Sévérité
Ce spectre qu’on agite si souvent et sur lequel on entend tant de choses différentes, quel rôle joue-t-il dans les rapports affectifs entre élève et maître ? La sévérité est-elle admise ou condamnée, et dans quelles conditions ?
En S, plus de la moitié ne sont pas sévères ; ils aiment * à plaisanter, ils sont bons et polis, ils ont un bon cœur (la sévérité étant parfois assimilée à la méchanceté de caractère) ou bien ils sont seulement sérieux. Cependant on est surpris de constater encore ici un nombre très grand de maîtres sévères: 42,7 %. Seulement ce sont les élèves eux-mêmes qui se mettent à justifier ce phénomène :
— Sévère mais juste, homme de discipline ; — sévère mais pas tyrannique ni cruel ; — sévère seulement à l’égard des turbulents ; — sévère mais bon ; — sévère mais intelligemment ; — sévère en classe mais amical dehors.
La sévérité se présente tout autrement lorsqu'il s’agit du maître antipathique. Le manque de sévérité qu’on note ici chez une partie des maîtres (20 %), est le plus souvent noté avec dédain comme faiblesse de caractère ou comme
négligence professionnelle. Mais la majorité écrasante de ce groupe : 78,2 %, se plaint d’une sévérité sans réserve et qui est durement critiquée :
—Sévère mais sans autorité ; — sévère sottement ; — sévère mais savait-il seulement pourquoi !.. — sévère mais sans intelligence ; — sévère mais seulement pour les pauvres.
C'est qu’il y a sévérité et il y a sévérité. L'une est ad mise volontiers, son utilité est reconnue. L'autre rebute et fait des rebelles (celle par exemple, qui a pour principe de ne rien laisser passer, de garder toujours une dureté dans le ton, ou encore celle qui, comme le dit M. Paul Bernard, fait du mécontentement perpétuel une politique...)