‹ Maîtres et petits maîtresChapitre 29 sur 40 · LES PORTRAITS DE GH. MÉRYON · texte numérisé non relu

LES PORTRAITS DE GH. MÉRYON

croyant le Christ détenu par les pharisiens et ne voulant point faire tort de sa nourriture aux faibles et aux déshérités.

Méryon est mort le 13 février 1868. Je l’ai vu dans sa bière. On eût dit une de ces fieu-

res en cire que les artistes de notre Moyen âge français moulaient sur le vif, retouchaient et plaçaient sur le catafalque des chapelles ardentes. Son front carré et proéminent semblait avoir été poussé en avant par l’incessant bouillonnement du cerveau. Sa bouche large et serrée, exprimait cette volonté sans distractions, sans fatigues, qui est la dominante de la partie technique de son œuvre. Ses yeux bruns n’étaient point clos ; mais, grands ouverts, à demi éteints, iis cherchaient avec une attention soucieuse et passionnée, quelque chose, un point inconnu. Tel doit être le regard d’un marin lorsque le vaisseau s’enfonce et qu’il se demande vers quels rivages suprêmes les vagues, dans quelques instants, pousseront sa dépouille.

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