‹ Mal de VénusChapitre 5 sur 11 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

JDelacanse première du mal de Venus.

Le mélange, la stagnation, la fermentation des liqueurs spermatiques de plusieurs hommes sains, dans un organe humide et chaud tel que le vagin ou le rcc~

tum , ont été dans tous lés temps , sont aujourd’liui , et seront toujours la cause première des symjJtômes et efiets vénusaigiques.

Cette cause paraîtra sans doute plus naturelle aux physiciens , que celle que que vient d’imaginer un auteur , qui , ressuscitant les vers spermatiques, que j’ai démontré n’êlre qu’un amas de vaisseaux artériels , veineux et lymphatiques , formant le placenta , voudrait nous persuader que la vénusalgie doit son origine aux vers qu’il détruit avec sa poudre vermoxide.

Si tout virus appliqué aux lèvres , aux narines, ou a toute autre partie ducorps, peut , et doit selon les lois constantes et générales de l’économie animale , y produire une irritation, une inUammation, et en conséquence une secrétion plus ou moins abondante de mucus, c’est-à-dire un écoulement , jiourquoi dans l’origine le mélange de plusieurs semences proliliques hétérogéucs , ue produirait-il pas

une acrimonie, une inllanunalion , une irritation vétuisaloiqne, une bleiinorrlia ' gie J en un mot, une nialaflie plus ou moins putride e<eorlëe des syiu])tômes qui la caracléri'^ent , et que la guérison ra licale de la vémisalgie fait disparaître.

Pui5t[ue la véniisalgie prend originairement sa source du commerce d’une fpinme «aine qui voit plusieurs hommes sains , je laisse à penser fjuels doivent être les effets do ce fléau, chez une courtisane fpd --e livre au premier venu et ne termine ses combats amoureux que faute de combattans ?

Et lassatu viris, nec duni satiata recessit. Juv.

Enfin, dussai-je m’exposer au ridicule de la part de ces génies supérieurs , qui de nos jours nsent les effets dont ils ne peuvent pénétrer la cause , je dirai que Ja vénnsalgie est un juste ciiàtiment du libertinage et de riiilempéraiice , et que par cette peste anti-sociale, qui prend ta source au sein des plus douces jouis-

sance de la vie , l’auteur de la nature a voulu rappeler à l’iiomme , que s’il créa la femme pour charmer ses ennuis , ce ne fut qu’à condition qu’il resterait fidèle à sa compagne, et adhærebis uxori ivæ, ‘Cela est si vrai , que la blennorrhagie inflaminatolre est infiniment plus douloureuse pour l'homme que pour la femme , parce que dans l’art de la séduction , le sexe le plus faible est presque toujours victime du sexe le plus fort , le plus hardi , le plus entreprenant.

Cette différence en faveur delafemme^ ne tient pas seulement à la structure des parties génitales . mais encore à l’ccoulement périodique qui entraîne avec lui une partie du virus vénusalgique, du lait et des humeurs viciées; ce qui a fait donner aux règles le nom de purgations. *

Nous ne dissimulerons point cependant aux dames que la justice et l’inJulgeiire de la nature leur inspirent troj) souvent un excès de confiance fu-

neste à leur santé. Le serpent vénusalgique se glisse sous les fleurs rouges et blanches; souvent même il distille sur elles son poison jaune et vert. Le peu d'intensité , souvent môme l’absence de la douleur , à raison de la structure du V'agin , fait que le beau sexe n’examine pas d'assez près la nuance des couleurs. J’ai connu bon nombre de dames à qui cette erreur a causé beaucoup de chagrin. Ne confondez donc jamais ,mesilames, le jaune et le vert, avec le rose et le blanc.

Vous surtout, femmes enceintes, ne vous abusez pas au point de mettre au jour un enfant infecté de la maladie de yénus.La nature vous donne en neuf mois de grossesse, beaucoup plus de temps qu’il ne faut pour subir un traitement méthodique , qui transmette avec le suc nourricier, un extrait de notre remède anti-vénusalgique , à l’innocente créature à qui vous avez eu le malheur de communiquer votre mal, et qui aurait peut-être celui de vivre assez long-

temps pour vous reprocher sa douloureuse existence.

C’est ici le lieu tic résoudre quelques problèmes que me ])roposenl iournellement les géns de l’art et les malades; problèmes dont la solution ne donnera que plus de force à mon assertion sur la cause première de la vénusalgie.

l^nistju'une femme saine, e^ui a commerce ai>ec plusieurs hommes sains , ne tarde pas à être infectes du^ mal de Vénus, un homme sain qui a commerce avec plusieurs femmes saines, doit suivant votre système, être exposé au même danger ?

Non sans doute , et la parité n’est pas la même, si plusieurs femmes saines ne voient que le même homme sain. En effet, une femme saine reçoit de plusieurs hommes faiiis le geruie d’une maladie putride et contagieuse , par le niélange de plusieurs liqueurs prolifiques hétérogènes; tandis qu’un homme sain qui voit plusieurs femmes saines , pi û

vées de tout autre commerce amoureux, ne peut leur donner un mal qu’il n’a pas: i\'cr/70 dat quod non Iiahet.

La polygamie , ou mulliplicilé de femmes , triste privilège de notre sexe, semble donc être dans le vœu de la nature , et comme une dernière ressource qu’elle s’est ménagée pour reproduire et ])ropager plus promptement l’espèce humaine , à ces époques désastreuses dont les annales du inonde ont 'a peine conservé le souvenir de la dernière, dans l’iiistoire de Deucalion et de Pyrrlia , qui virent sans doute l’Ocèaii en courroux, franchir en un clin d’œil les colonnes d’Hercule , ensevelir sous ses flots une partie de l’Europe et de l’Afrique, des milliers de cités, et leurs innombrables liabitans. Ainsi nos neveux infortunés verront un jour les Ilots de la mer Rouge franchir l’Isthme de Suez, et transformer en plaine liquide, les riches campagnes de la Gaule.

Deux époux jeunes , 'vigoureux-, qui

se livrent à tous les transports d’une amoureuse ivresse^ peuvent-ils se donner le mal de J^énus ?

On n’a iamais vu deux jeunes époux sains , se donner l’un à l’autre la vénusalgle par excès de jouissance , ce qui confirme mon opinion sur la cause première de celte maladie^ dont les ulcères ou chancres dans le vagin et le rectum ne peuvent être que l’effet du mélange, de la stagnation , de la fermentation des litpieurs prolifiques de plusieurs individus, dans un organe humide et chaud.

Je ris , lorsque j’entends des jeunes gens atteints, pour le première fois , d’une blennorrliagie bénigne , chercher à me rassurer sur leur état pathologique, en me disant : ce n est qu’un écliauffement que j’ai pris avee une femme à laquelle je me suis trop livré. Ces malades ignorent que la première période de la maladie de Venus est marquée par une inllamniation plus ou moins considérable des parties génitales,suivant l’âcr«lé du virus et le degré

d’irrilabilité des parties affecldes -, enfin que l’ecoulement muqueux ne constitue point la maladie, etn’en est qu& le symptôme.

Le mal de Vénus peut-il se communiquer autrement que par le coït?

Ce fait est incontestable. Un baiser pris sur la bouche d’une personne infectée , a produit des ulcères sur les lèvres , sur la langue , aux amygdales d’un individu sain. J’ai traité de lavénusalgie une ]eune personne qui avait eu l’imprudence de boire dans le même verre, qu’un malade avait souillé de sa salive. J’ai traité un jeune allemand âgé de quinze ans, de la vénusalgie, dont les .symptômes étaient trois chancres au prépuce et au frein , pour avoir couché avec un de ses compatriotes a qui le père du jeune homme ay ai lim prude minent donné asile.

La Vénusalgie n a-L-elle vas perdu de sa malignité avec le temps, et n’estil pas probable que ce Jléau destructeur ■finira par s' éteindre , grâce aux ressources de la médecine ?

L’origine et la cause de U vénusaTgie une fois démontrées, il demeure constant que ses effets ont toujours été, sont, et seront toujours les mêmes. La seule différence est que, denos jours, on n'entasse plus, comme on faisait autrefois, les malades de Vénus dans des maisons insalubres, où, privés de tout secours liuinains et des ressources de la médecine , ces malheureux tramaient jusqu’au tombeau leur douloureuse existence. Si de nos jours on renfermait plusieurs malades de Vénus d.ans un même local, sans les soumettre à un traitement régulier, et sans linge pour panser leurs plaies, les symptômes du mal seraient aussi affreux qu’ils l’étaieul lorsque Fracastor et Le Maire en tracèrent Je tableau fidèle , que nous mettrons bientôt sous les yeux de nos lecteurs , et dont la seule peinture fait dresser les cheveux d’horreur.

Is’ existe-t-il pas un moj en de se 'préserver de la vénusalgie ?

Je n'ea connais qu’un , celui d’user et

de ne )ain:us abuser de Vénus. Jeunes zépliirs , qui voltigez de belle en belle, et voiis tendres roses, qui cntr’ouvrez vos calices à tous les volages zéphirs, ne vous fiez , ni au merveilleux savon antisjpbilitique; ni aux redingoltes anglaises imperuie'ables , dit-on , de ce fameux ■ CoKDOM, chassé de Londres, pour prix de sa découverte immorale; ni à l’eau phagédénique ; ni aux injections avec le sulfate de zinc , etc. Car la garde qui veille aux barrières du Louvre , a dit le poète Malherbe , nen défend pas les Rois.

Fr.vncois I", disent Bayle et Mezeray»

prit la vénusalgie de la femme d’un marchand de fer, et en mourut , après avoir ^ ong-temps souffert.

Charles IX eut une excroissance dans 1 ’urèlre , produite par une bleunorrliagie virulente , dont il fut guéri, dit La- ZAP.EPiiviÈnK, par l’usage des caustiques qu’cmployaGoDEFRoi Giennat. Curavit Carolinn nonum Galli aA.!m regein ,

anno i584 , donatus fait duohus millibus aureorum, Laz. Riv., pag. 498, 1 1 obs., lib. 4.

Henri III , revenant de Pologne en France, après la mort de son frère Charles IX , gagna à Venise une blennorrhagie virulente, avec une courtisane, a dit Mezerai.

Charles de Lorraine, duc de Mayenne, chef des Ligueurs contre Henri lU et Henri IV , fut atteint de la maladie de Vénus, dit le même historien.

L’Empereur Charles Quint, atteint de la blennorrhagie virulente, fit usage de la décoction de gayac et de squine , au rapport d’ André Vezale, de Gabriel Fallope, et d’ Antoine Francantino.

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