LE TOUL
Malgré ces détériorations étendues, ce qui reste de la voûte palatine a conservé son intégrité. Nous ne trouvons pas trace de séquestres, de lames osseuses qui remuent et soient prêtes à se détacher. La muqueuse est saine : elle est un peu plus rouge que normalement : mais cela est dû à l'irritation inévitable qu’entretient un appareil prothétique, un dentier, et qui est du reste bien supporté. Ilexiste sur les différents points de la muqueuse buccale des troubles sensitifs peu marqués, mais qui néanmoins, ont leur importance. Il n’en existe pas sur la peau. Nous avons trouvé que la sensation de contact était presque perdue au voisinage des deux perforations et que le stylet appliqué plusieurs fois en ces points et maintenu quelques instants en place, n’était pas senti, qu'au même endroit la sensation de piqûre était très diminuée. Ce sont là les seuls troubles de sensibilité que nous ayons pu relever.
Cette affection s'accompagne de troubles fonctionnels faciles à prévoir. La voix est nasonnée mais très légèrement, la parole est défectueuse, mais compréhensible, la mastication difficile; le malade même ne mangeait autrefois que des soupes ; nous disons autrefois, car ces troubles-là ont disparus depuis que le malade porte un dentier avec obturateur palatin.
Les différents organes fonctionnent bien. Les urines examinées avec grand soin par M. Chevalier, interne en pharmacie à la maison Dubois, étaient sensiblement normales, ainsi qu'a pu nous le montrer l'examen détaillé que nous jugeons inutile de reproduire ici. Le malade porte des traces très nettes et même tenaces de syphilis. On trouve sur la langue des crevasses profondes, se coupant en tous sens et donnant à la muqueuse un aspect pue On trouve des plaques muqueuses sur les lèvres.
Nous avons recherché chez lui des symptômes d’ataxie locomotrice. Nousosons dire que cet examen a été particulièrement soigné : voici les faits que nous avons pu relever. Nous laissons de côté ce
‘que l'examen a laissé de négatif. Il y a plus de quinze ans, le
malade aeu des douleurs dans les membres supérieurs ou inférieurs, douleurs constrictives, comme si on lui eut serré les membres dans un étau. Elles étaient accusées surtout au-dessous des coudes et des genoux, mais elles .cessaient rapidement et rien qu’en remuant ses bras ou ses jambes le malade les faisait disparaître. |
Il a rendu plusieurs fois du sang par l’anus, sans qu'il existe actuellement trace d’hémorrhagie. Il a éprouvé en certain temps de la difficulté et de la lenteur dans la miction.