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lymphadénie aleucémique, c'est-à-dire le tableau de la leucémie lymphoïde sans leucémie sanguine, la vraie pseudo-leucémie de Cohnheim. Dans sa forme clinique elle est apyrétique, tout le système lymphoiïde est hypertrophié, ganglions, rate, tissu adénoïde du tractus digestif. Il n'existe en général qu'une faible leucocytose de 3.000 à 25,000 globules blancs, mais il y à une augmentation nette des lymphocytes vrais, 60 à 90 pour 100; cette Iymphocytose est susceplible de varier et ainsi une transition peut sélablir entre la Ilymphadénomatose et la leucémie Ivmphoïde vraie, il peut: y avoir passage de l’une dans l’autre, rarement dans les cas chroniques, plus fréquemment dans les cas aigus; la parenté est donc nette, la différence siégeant simplement dans l’état quantitatif du sang.
La différenciation paraît dès lors facile avec les manifestations ganglionnaires de la maladie de Hodgkin. Les principaux éléments de diagnostie clinique existent avant tout dans l'examen du sang « Iymphocytoïde » dans la Iymphadénie, « leucocytoïde », dans la granulomatose, et dans l'allure clinique, lente, apyrétique et peu nocive dans la Iymphadénie, au contraire pyrétique el plus rapide dans la maladie de Hodgkin.
Pour ce qui est de la forme localisée à un groupe ganglionnaire, au lymphadénome proprement dit, sa localisation est déjà un élément fondamental de séparation qui ne peut que s'ajouter aux précédents.
2° Lymphosarcomatose. — La question est un peu plus complexe ici. Il s’agittoujours d'une aleucémie lymphoïde, mais caractérisée par une hyperplasie aty-
HO pique et maligne du lymphocyte des tissus lymphatiques. Ses caractères morphologiques se modifient, sa dimension devient plus considérable, son noyau devient vésiculeux, irrégulier. Le tissu réticulé est complètement remanié, si bien que loute topographie ganglionnaire disparaît. La capsule est envahie. La prolifération cellulaire déborde dans le tissu cellulaire voisin, attaque les nerfs, les vaisseaux, etc., et provoque des métastases plus où moins lointaines.
Histologiquement le diagnostic différentiel est assez simple, surtout si l’on accepte, ainsi que nous l'avons exprimé au chapitre de l’histologie pathologique, comme nettement granulomateux, que les ganglions atteints de polymorphisme cellulaire avec leucocytes granuleux.
En revanche, chiniquement, la différenciation n'est pas toujours aisée. La Iÿmphosarcomatose est le plus souvent localisée, c'est Le lymphosarcome. La granulomatose est généralement étendue à la plus grande partie du système ganglionnaire. Mais elle peut, elle aussi, rester localisée à un groupe de ganglions. Si ceux-ci sont super ficiels, la biopsie peut (trancher le débat. Elle est impossible si la localisation est profonde. C’est le
cas en particulier de la lymphosarcomatose des ganglions trachéo-bronchiques ou syndrome de Kundrat. Or, il existe une semblable localisation de la maladie de Hodgkin. D'autre part, à l'instar de la granulomatose, la lymphosarcomatose peul s'étendre à tout l'organisme (Hirschfeld).
L'allure clinique n’est pas d’un grand secours, car la lymphosarcomatose s'accompagne généralement d’une fièvre irrégulière, intermittente et durable : l’ané-
ND mie y est peu marquée, la cachexie précoce. Reste le sang. Dans la sarcomatose on retrouve une formule Iymphocytaire avec existence même de grandes cellules atypiques, mais on peut observer, rarement il est vrai, comme dans la maladie de Hodgkin, de la polynucléose.