OBSERVATION Î
(Observation due à l’obligeance de M. le professeur agrégé BÉRARD et de M. le médecin-major RIEux.)
M... entre à la maison de santé le 9 janvier 1910.
Il se présente pour une masse ganglionnaire dans l’aisselle droite qu'il aurait remarquée un mois auparavant; elle se serait développée progressivement et sans douleur, déterminant simplement de légers picotements dans le bras. Cette masse a le volume du poing, située au-devant du paquet vasculo-nerveux, sa consistance est relativement solide sans point ramolli, sans autre élément isolé dans l’aisselle, Par contre une chaîne ganglionnaire est perceptible à la vue et au doigt à droite du cou, en arrière du sternocléido-mastoïdien, en arrière du paquet vasculo-nerveux carotidien. Les éléments en sont du volume variant de celui d'une noisette à celui d'une amande, les plus gros sont les plus rapprochés de la clavicule, tous ces ganglions ont la même consistance que la masse axillaire, un peu plus mous cependant. Du côté gauche du cou peu de chose ; quelques ganglions isolés et mous dans l’aisselle gauche.
Pas de grosse rate, pas de douleur osseuse, pas de troubles digestifs, pas de diarrhée, Un peu d'asthénie, pâleur notable. Température variable, mais à peu près constante.
or
Examen hématologique au 13 janvier :
Giabulesrouses tee. 2002 680.000
Glohulés blancs ere 28.600 Formule :
Polynucléaires neutrophiles......., 7 04,0 — COSIDONAIIES ee LS — HAS ZOO eee. +... L
Lymphocytes vrais..... HSE RENE
Mononucléaires moyens... .....,.... : 4
Grands mononucléaires .,........... c 4
Myélocytes neutrophiles............. 0,5
Le lendemain le malade déjà soumis au traitement général par des injections de méthyl-arséniate de soude à haute dose et à des applications d'onguent napolitain belladoné, est opéré le 15 janvier.
Ablation d'un gros amas d'adénite et périadénite emplissant l’aisselle droite, accolé à la veine axillaire qu'il faut lier. Il s’agit de ganglions crus sans dégénérescence caséeuse, d’une couleur vris rosé, du volume d'une noisette à celui d’une noix; on ne touche pas au paquet ganglionnaire cervical. La plaie axillaire est drainée pendant quinze jours à cause d’un suintement sérohématique dans le pansement. Pas de température plus élevée que 38°2.
Avant que le malade quitte la maison de santé, on lui fait cinq séances de radiothérapie espacées les unes des autres de quelques jours, portant sur les régions de l’aisselle et du cou.
Le malade continue chez lui un traitement arsenieal : 2 inJections de 5 egr. de cacodylate de soude par semaine pendant trois mois, qui détermine des accidents d'intoxication avec purpura, diarrhée, poussée de néphrite. Le traitement est supprimé au mois de mai et le malade mis à la suralimentation. Le malade est revu par M. Bérard le 17 juillet 1910. Il est très amaigri et très pâle.
L'abdomen est ballonné avec un épanchement ascitique modéré. A ce moment tous les amas ganglionnaires ont beaucoup rétrocédé, il n'en subsiste que quelques-uns, perceptibles au doigt le