SYMPTOMATOLOGIE ET FORMES CLINIQUES
A. SYMPTOMATOLOGIE
Ce qui domine dans le tableau clinique de la Ilymphogranulomatose ou encore de la « maladie de Hodgkiu », c'est qu’elle revêt l'aspect d'une pseudo-leucémie. Nous reviendrons sur la signification très générale de ce terme. Mais nous pouvons dire déjà que, sous cette allure de pseudo-leucémie, la granulomatose ganglionnaire à des traits qui lui sont propres et permettent tout au moins de la soupconner, sinon de l'affirmer d'emblée.
Nous exposerons d'abord son allure clinique générale, puis la symptomatologie proprement dite, c'est-à-dire l'état de la température, du sang et des différents grands appareils.
l° Allure clinique générale. — L'allure clinique se présente sous deux stades ou phases assez nettement séparés dans la plupart des cas : une de début où l'affection reste localisée, l’autre au contraire de généralisation; ce sont les deux périodes décrites par Trousseau pour son adénie.
OR
a) PÉRIODE DE DÉBur. — Comme nous l'avons dit, la maladie est encore localisée. L'attention est tout d'abord attirée par l'hypertrophie généralement lente, rarement rapide, d’un ganglion ou d'un groupe ganglionnaire. Dans la majorité des cas ce sont les ganglions latéraux du cou qui sont les premiers atteints, le plus souvent d'un seul côté; par ordre de fréquence viennent ensuite les ganglions angulo-maxillaires et les axillaires, puis le groupe sus-claviculaire. Mais le début peut se faire, quoique plus rarement, par les ganglions inguinaux, médiastinaux, les ganglions de la nuque ou bien le thymus, lorsqu'il persiste, ou dans son reliquat, cela dans 30 °/, des cas ; viennent ensuite les ganglions rétro-péritonéaux. La petite tuméfaction ganglionnaire est dure, indolente, roulant sous le doigt; quelquefois au contraire sa consistance est assez molle, surtout au début, « sa mollesse est véritablement surprenante, on croirait qu'elle se liquéfie sous les doigts » (Nægeli) ; puis la production hypertrophique devient très dure. Bientôt, de nouveaux ganglions se prennent; üls forment un chapelet le long du cou, ou tout un amas en pléiade dans le creux sus-claviculaire, axillaire ou au pli inguinal. A cette période, les troubles subjectifs font absolument défaut; cependant, sans même qu'aucune tuméfaction soit perceptible du côté du système ganglionnaire superticiel, des accidents culanés peuvent survenir (dans 12 pour 100 des cas), sous la forme d’un prurit plus ou moins généralisé et intense, ou d'une éruption eczématiforme pouvant recouvrir une partie des membres ou même la totalité du corps. Ces accidents sont passagers el disparaissent au bout d’un