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Joseph B... — 3° observation.
Quoi qu'il en soit, le malade guérit de sa lésion locale et aussitôt son état général s’améliora, mais les trypanosomes ne disparurent pas du sang.
On cessa le trypanroth, car le malade pendant son érysipèle présenta de l’albuminurie, et l’albumine persista quinze jours encore ; or on sait qu'il ne faut pas employer le trypanroth quand le malade a de l'albuminurie.
Toutefois comme les trypanosomes persistaient dans le sang, tandis qu’ils avaient disparu rapidement chez Aloïs J. auquel on avait injecté de l’atoxyl, on remplaça l’acide arsénieux par l’atoxyl, le 5 juin 1906. Les trypanosomes disparurent aussitôt et le malade partit à la campagne le 22 juin. |
Pendant son absence qui dura jusqu'au # septembre, le malade reçut tous les 15 jours 0,50 d’atoxyl.
La dose était insuffisante, car, à son retour, il avait de nouveau des trypanosomes dans le sang, et malgré de nouvelles doses d’atoxyl, les trypanosomes ont persisté dans le sang, pendant les mois d'octobre et de novembre; on a rapproché et augmenté les doses d’atoxyl et le malade a quitté l’hôpital le 19 décembre, bien portant et n'ayant plus de trypanosomes dans le sang. | |
Fait curieux : tandis que les trypanosomes persistaient dans le sang, en n’en trouvait plus dans le liquide céphalo-rachidien à partir du mois d'octobre, D’après toutes les observations de Kopke, c’est le contraire qui se passe d'habitude: les trypanosomes disparaissent du sang et persistent dans le liquide céphalorachidien. Remarquons toutefois que ce liquide, lors de l'entrée du malade, contenait des trypanosomes et une assez grande quantité d’albumine ; aux dernières ponctions, alors que le trypanosome avait disparu, il n’y avait plus d’albumine dans le liquide céphalo-rachidien.
Au mois de février, Joseph B. est revenu à l’hôpital Pasteur en très bonne santé; pendant son absence il a pu faire plusieurs conférences et des marches de 12 kilomètres. Son état est à ce
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jour (4 mars) très satisfaisant. on joua rnb es L
, X * Ÿ- 4° Observation. — Pierre C., âgé de 28 ans, missionnaire du” Saint-Esprit.
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Ce malade a été envoyé à l’Institut Pasteur par le docteur Allain, chef du service de santé à Brazzaville,
La lettre annonçant le malade coutenait en même temps l'observation suivante :
UN CAS DE TRYPANOSOMIASE CHEZ UN EUROPÉEN MISSION DU HAUT-LOGONE. TRYPANOSOMIASE HUMAINE (EUROPÉEN).
Observation prise à Brazzaville le 25 septembre 1906, par les docteurs J, KÉRANDEL et HECKENROTH. {
Pierre C., né à Brest, âgé de 28 ans, est au Congo depuis vingt-cinq mois. C’est son premier séjour aux colonies.
Il a été envoyé directement de France à la mission Saint-François (Boundji), sur l’Alima, en passant par Uratadi et Brazzaville, où ïl a séjourné trois semaines. Le trajet de cette dernière localité à la mission Saint-François s’est effectué par la voie fluviale du Congo et de l’Alima, Sur une partie de ce parcours, Basse-Alima-Congo, la Glossinia palpalis et les taons sont très nombreux, comme nous avons pu le constater nousmêmes.
La mission Saint-François est installée sur les bords sablonneux de l'Alima à vingt mètres de la rive. L’arrière-plan du terrain est constitué par des plaines herbeuses et des forêts. Il existerait dans la région un grand nombre de moustiques, de taons et de mouches piquantes analogues à des Glossines que nous avons montrées au malade et qu'il a parfaitement reconnues. Ces mouches se retrouveraient jusqu’à un kilomètre et demi du fleuve.
La région serait malsaine et les pères auraient des accès de fièvre assez fréquents; toutefois leur état général est satisfaisant. Les enfants indigènes de la mission se portent bien; un décès s’est récemment produit par suite de maladie du sommeil.
Le frère, exerçant la profession de menuisier, travaillait le plus souvent dehors, dans le courant de la journée, soit en forêt pour abattre des arbres, soit près de la mission pour le montage des. cases et l’entretien des jardins. Son alimentation se composait de gibier (bœuf sauvage, antilopes, etc.), de poisson, de quelques légumes frais, de manioc et de conserves, L'eau de boisson était prise directement au fleuve et n'était pas filtrée. elle était souvent sale et mauvaise au goût.
Antéce dents héréditaires. — Rien à signaler.
Antecedents personnels. — Ostéo-myélite dans le jeune âge, cicatrices à la jambe gauche.
Histoire de la maladie. — Dès son débarquement à Uratadi, en
juillet 1904, Pierre C. aurait eu de la fièvre pendant trois jours. Puis il s’est bien porté pendant vingt ct un mois. Il prenait quelquefois de la quinine, environ 0gr.25 à Osr,30 tous les huit jours.
Le début*de la maladie actuelle semble remonter à quatre mois. A cette époque, le frère aurait d'abord ressenti une sorte de gonflement
épigastrique, accompagné d’oppression, puis de tuméfactions douloureuses et passagères localisées soit aux jambes, soit aux avant-bras. En même temps survient de la fièvre apparaissant chaque soir pendant une semaine,
mais pas de céphalalgie, de courbature ni de vertiges. Le malade se sent mieux pendant la journée. Il éprouve toutefois de la lassitude. La fièvre a paru céder à la quinine; mais les autres phénomènes ont persisté. Le sommeil est plus profond et plus prolongé la nuit, et le besoin de la sieste se fait sentir plus impérieux.
Depuis trois mois que le malade est à Brazzaville, la température monterait assez souvent le soir à 380, 380,5. ;
Etat actuel. — Aujourd’hui le frère a les traits tirés, le facies terreux et un état anémique très accusé par la décoloration des téguments et la pâleur des conjonctives et des muqueuses. Il répond assez bien aux questions qu'on lui pose, mais seulement après un moment de réflexion ; la paresse intellectuelle est évidente. Il est courbé et traîne légèrement en marchant. D’après les pères de la mission de Brazzaville, notre malade a toujours été d’un naturel apathique quoique bon travailleur.
Deux symptômes nous frappent : des taches rouges et des œdèmes disséminés sur les diverses parties du corps. eus dos
Les paupières paraissent tuméfiées; mais un examen plus attentif nous montre que l’œdème n’intéresse que le rebord orbitaire, formant ainsi un bourrelet circulaire très net autour de la cavité de Porbite. À la face, la tuméfaction s'étend aux pommettes et à la lèvre supérieure. Aux pieds et aux jambes, l’æœdème est très marqué et dur à la pression avec une teinte générale violacie. Aux bras existent d’autres placards d’æœdèmes analogues aux « tumeurs de Calabar ». |
Les taches rouges sont disposés en arcs de cercle, formant des bandes larges de un à cinq centimètres, et dans les intervalles la peau est normale. Par cette disposition, le tronc du malade présente un aspect léopardé. Au niveau des taches, les veinules cutanées sont très dilatées, variqueuses, rouges violacées et s’aperçoivent très nettement disposées en rayons dans les arcs de cercle auxquelles clles appartiennent. Le derme est épaissi, induré et très légèrement douloureux à la pression. Ces indurations cutanées se déplacent fréquemment dans les diverses parties du corps.
Les taches rouges sont plus foncées, légèrement violacées, et particulièrement apparentes au niveau du thorax, tandis qu'à labdomen la rougeur est beaucoup moins accusée. La différence des teintes est netlement limitée par le rebord des fausses côtes. :
A la région dorsale, aux cuisses et aux bras, les taches sont moins nombreuses et moins colorées.
Appareil lymphatique. é la palpation la plus minutieuse, nousne trouvons aucun ganglion engorgé dansles diverses groupes cervicaux,
Dans les creux auxiliaires existe à droite et à gauche un ganglion gros comme une petite noisette.
Aux aines se trouvent : à gauche, quatre ganglions de la grosseur d’une amande, et, à droite, quatre ganglions un peu moins gros.
Les ganglions cruraux et ble ne sont pas hypertrophiés.
Apparel respiratoire. — Rien d’anormal.
Appareil digestif. — L’appétit est conservé ; nous n’avons constaté rien d'anormal du côté du tube digestif. | Le foie n’est pas douloureux à la pression et ne dépasse pas le rebord des fausses côtes.
Les urines ne contiennent pas d’albumine. Les miclions ne sont pas plus fréquentes que d'habitude.
Appareil circulatoire. — Le pouls et les bruits du cœur paraissent normaux. Pas d’ ypertrophie cardiaque.
La rate n’est pas augmentée Je volume.
Système nerveux, — La sensibilité au chaud, au froid et à la piqüre est normale sur les placards d’induration et sur les parties saines. Le réflexe rotulien est diminué à droite et exagéré à gauche. Des réflexes abdominaux, celui du tendon d'Achille et celui du poignet sont normaux.
Les pupilles réagissent normalement à la lumière et à l’accommodation. Elles sont égales.
Le signe de Romberg n'existe pas.
[Il n’y à pas de tremblement intentionel, pas de tremblement de la langue, ni des doigts étendus.
La trépidation épileptoïde du pied n’a pu être provoquée. L'acuité auditive est notablement diminuée à gauche; l'oreille interne paraît atteinte.
L’odorat est normal à droite et à gauche.
La vue est conservée des deux côtés.
Examen microscopique du sang.— Trois trypanosomes ont été découverts dans une même préparation de sang frais après un examen rapide. Six trypanosomes ont été trouvés dans une préparation colorée de petite étendue ; ils rappellent par leur forme le Trypanosoma gambiense. D’autres préparations en contiennent également. Traitement. — Le malade a suivi, pendant deux mois environ, un traiteient au cacodylate de soude en injections sous-cutanées, à la dose de deux centigrammes par séance.
Quand le malade est arrivé à l'hôpital Pasteur, 1l avait encore les rougeurs du thorax, mais sans prurit.
| Les ganglions des aisselles et des aines étaient engorgés, ceux du cou ne l’étaient pas, niles épitrochléens.
Le malade a la marche traînante, le corps est légèrement courbé en avant.
Il a de l’œdème des jambes et de la face, surtout marqué à la lèvre supérieure, et il accuse de la douleur dans les jambes et
dans les pieds.
Lorsqu'on l’interroge, il ne répond pas immédiatement ; s’il
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