OBSERVATION II
(Dobrinoff. — Thèse Montpellier, 1908)
Tumeur du sein. — Maladie kystique
Ablation complète du sein par M. le docteur Reboul,
Je 21 juillet 1903.
Examen macroscopique. — Peau normale avec de pelites excroissances papilliformes à peu près sessiles et un petit nævus de dimension d’une lentille.
Le mamelon est énorme et forme une forte saillie plus large à son extrémité qu'à sa base; à la pression, il sort un liquide puriforme de l'ouverture dilatée des canaux galactophores. La peau ne présente aucune adhérence avec la glande que l’on sent dure dans toute son étendue, mais surtout au voisinage du mamelon el en dedans, où l’on perçoit une induration mal limitée et comme criblée de grains de plomb, el au-dessous du mamelon, assez loin de lui, où il existe un noyau arrondi très dur, du volume d'une grosse noisette. En regardant la mamelle par sa face inférieure, le nodule en fait saillie et apparaît avec une teinte grise Sépia.
Une coupe de la glande passant par cette formation démontre que ce nodule est un kyste distendu par un liquide grisâtre à fines gouttelettes graisseuses, et tapissé par une fine paroi rosée et lisse. Toute la partie attenante
De
de la glande est indurée, grisâtre, et présente un aspect fbreux criblé d'une grande quantité de petits kystes translucides.
Une coupe passant du centre du mamelôn à la partie la plus dure de la mamelle montre que du mamelon partent des canaux galactophores extrêmement dilatés, grisâtres, dont certains renferment du liquide puriforme. A leur base les canaux divergent et vont se perdre dans le tissu glandulaire parmi les kystes du volume d’une tête d'épingle à une lentille. Le tissu glandulaire apparaît épaissi, très induré, grisâtre, criblé de nombreux kystes de volume variable et dont certains atteignent le volume d’un grain de chènevis à un petit pois. Certaines parties de la glande forment des nodules légèrement saillants, formés par un tissu dur, compact, blanchâtre, et qui, examinés de près, paraissent constitués par une néoformation conjonctive autour de petits orifices acineux, à peine visibles. Sur un côté, il s'écoule un liquide puriforme verdâtre, bien lié, mais légèrement graisseux; si l'on enlève l'excès de liquide, on voit qu'il s'écoule d'un kyste à paroi épaisse, du volume d'un petit pois, et de trois à quatre petits kystes voisins. Le kyste communique avec le canal galactophore qui porte son contenu jusqu'à l'extérieur.
A l'examen microscopique, la structure lobulaire de la glande est conservée. Dans les endroits où les kystes sont visibles à l'œil nu, la plupart des Tobules ne présentent pas une augmentalion du nombre de leurs acini.
Ceux-ci possèdent une membrane propre assez épaisse, el présentent différentes formes, depuis les acini d'aspect fœtal jusqu'à ceux saisis au début de leur dilalation à double revêtement épithélial. Ceux-éi présentent les différents stades de lévolution kystique. On y voit des acini d'aspect fœlal à côté d'acini formant de petits kystes à