EVOLUTION. — PRONOSTIC
L'évolution de la maladie kystique est généralement très lente. Reclus cite à cet égard une observation capitale. Il s’agit d'une dame de 53 ans qui, à 20 ans — done 33 ans auparavant — avait reçu un coup sur le sein droit ; son médecin y constata l'existence d’une tumeur. Le professeur Roux, à qui la malade fut adressée, la retrouva aussi et en proposa l’ablation qui fut refusée. Plus tard, Maunoury père (de Chartres) revoit la dame et témoigne que la tumeur était alors grosse comme le poing. Maunoury fils est appelé en 1882 et reconnaît que cette tumeur se décompose en une quinzaine de noyaux distincts et indépendants. Il reconnaît une maladie kystique, propose l’ablation et se heurte à un refus. Un an après, nouvel examen qui établit indiscutablement que la deuxième mamelle est aussi atteinte. Chez cette malade, la maladie durait depuis 35 ans sans menacer
LRODRDE
l'organisme. Mais l'affection ne reste pas toujours
aussi bénigne.
Roloff, en 1900, décrit dans certains cas de cancer de la mamelle, dans des parties non cancéreuses de l'organe, des points qui présentent des lésions complètement analogues à celles de la maladie kystique: prolifération glandulaire, formation des kystes avec infitrations inflammatoires interstitielles, dans lesquelles dominent des transformations tantôt épithéliales, tantôt conjonctives. Mais Roloff ne tranche pas la question, à savoir si les lésions de mastile chronique sont imputables à l'irritation cancéreuse ou bien si le néoplasme est le résultat de la prolifération kystique.
Dans son travail sur la genèse du carcinome. Tietze s’est occupé de la question. Il considère comme inexact de regarder l'hypertrophie de la glande et des acini comme un phénomène uniquement inflammatoire, même en présence des foyers d'infiltration, l'irritation cancéreuse pouvant entrer en ligne de compte pour l’explication de ce phénomène. Ïl croit aussi que dans une mamelle partiellement cancéreuse, au lieu de considérer l'hypertrophie glandulaire comme dépendante de l'inflammaltion, on pourrait l’envisager comme un stade initial d'évolution néoplasique.