‹ Maladie osseuse de PagetChapitre 10 sur 39 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Étiologie.

Si la nature intime de la maladie osseuse de Paget était connue, son étiologie serait promptement traitée il suffirait, en effet, de l’énoncer et d’énumérer ensuite quelques causes banales reconnues, à tort ou à raison, comme prédisposantes. C’est pourquoi, en l'occurence, nous sommes réduits à citer celles-ci à défaut de celle-là. Une seule, l’âge, paraîtrait avoir une influence réelle.

Fréquence. — Cette affection est certainement rare Depuis trente ans qu'elle tient en éveil, pour ainsi dire, : médecins et chirurgiens de tous pays, on n’est pas encore arrivé, pensons-nous, à en recueillir une centaine de cas, et dans ce nombre il en est beaucoup de douteux à cause, généralement, du peu de soins apportés à leur rédaction.

En 1893, d’après Joncheray, on n’en pouvait citer que soixante cas. L’Angleterre serait tributaire de quarante, dont vingt auraient été observés par Paget seul; on en réunirait quinze en France et quatre ou cinq en Amérique. En Allemagne on en a publié qu’un seul cas

RO re avéré, celui de Wrany; et un seul aussi en Italie, observé, en 1901, par Ulrico et Angelo.

Depuis trois ans, la littérature médicale française et étrangère s’est enrichie de nouvelles observations, mais nous ne pensons pas toutefois que la centaine soit encore atteinte aujourd’hui.

Nous devons faire remarquer que si l’affection paraît plus fréquente actuellement, c'est sans doute parce qu’elle est plus facilement dépistée depuis que l'attention des praticiens est porlée vers elle. Du reste, elle paraitrait encore moins rare s’il n’arrivait pas souvent de méconnaître les cas incomplets, les formes atypiques ou frustes peut-être les plus nombreux.

Age, — Le pagétisme est sans conteste une maladie de l’âge mûr et de la vieillesse ; mais son évolution lente et mystérieuse rendant obscur aussi son début, il est bien difficile, sinon impossible, au médecin comme au malade lui-même, de préciser l’époque de ce début. Toutefois la moyenne calculée d’après les observations publiées, donne la cinquantaine comme l’époque de la vie où se manifestent en général les premiers signes extérieurs des déformations osseuses. Nous disons en général, parce qu’il n’est pas rare de les rencontrer à un âge beaucoup moins avancé. Paget a vu l’affection débuter à 28 ans; M. Fournier à 30 ans; Moizard et Bourges vers la 20° année; le malade de Cadet aurait ressenti les premières douleurs à 15 ans,.et celui de M. Schwartz affirme qu’il a souffert de douleurs intenses dans les jambes à partir de sa dixième année.

Herr Goldmann veut établir ce fait, qui lui paraît particulièrement important, à savoir que l’osteilis deformans est une maladie qui commence à l’âge de la croissance

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Le PO et qui fait seulement mürir ses fruits caractéristiques dans la seconde moitié de la vie. |

En résumé, si la maladie osseuse de Paget est particulière à l’âge mûr et à la vieillesse, elle n’épargne pas absolument ni les adultes, ni les adolescents.

Sexe. — L’affection se rencontre dans les deux sexes, et les observations portent indifféremment sur des hommes et sur des femmes. Toutefois, d’après notre relevé général portant sur quatre-vingt cas bien confirmés, il y aurait 64 °/, d'hommes et 36 °/, de femmes.

Antécédents. — Il y en a peu, et la plupart sont contestables. D'ailleurs S. J. Paget lui-même signale la parfaite santé des individus dont les déformations osseuses sont relatées dans ses diverses observations, et il insiste souvent sur la vigueur ordinaire de ses malades qui incriminent de préférence tantôt leur habitation humide et malsaine, tantôt leurs fatigues professionnelles.

Dans un assez grand nombre de cas le développement de la maladie aurait été précédé d’un traumalisme quelconque, mais souvent celui-ci n’est pas signalé. Du reste, en général, on n’y attache pas d'importance, soit qu'il ait été insignifiant, soit qu’il remonte à une date trop éloignée.

Thibierge, dans sa communication à la Sociélé médicale des hôpilaux, 17 février 1893, dit, à propos d’une femme qu'il présentait : « Le traumatisme pourrait être invoqué pour expliquer le développement des premières mani” festations chez la malade; elle a eu, en effet, une contusion de la cuisse gauche en 1870, mais ce n’est qu’en 1883 que les déformations du membre sont apparues; de telle sorte qu’on ne peut guère accorder à ce traumatisme qu’un rôle de cause adjuvante; dans d’autres

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observations, des traumatismes ont de même fait apparaître des déformations osseuses, mais ont, peut-être aussi, parfois simplement attiré l'attention des malades sur des lésions déjà existantes. »

Les antécédents qui méritent une certaine considération relèvent, pour la plupart, de la diathèse rieuroarthritique : ce sont des affections de la peau, et notamment de l’eczéma et de l’urticaire ; des troubles nerveux comme des névralgies et des migraines, des saignements de nez, des varices et des ulcères variqueux aux jambes, des accès d'asthme et des bronchites à répétition; la goutte signalée à chaque pas dans les travaux de Paget; enfin des douleurs articulaires et de la gravelle urique.

Les tares organiques les plus souvent signalées chez les ascendants sont encore la goutte et le rhumatisme, les affections cardiaques, le cancer et l’asthme.

Hérédile. — Elle n’est généralement pas admise. Toutefois Luun (Sir Thomas hosp. Prep. XIII, 1884) a vu deux frères simultanément atteints d’ostéite déformante ; Pick (The Lancet, 1883, IT, p. 1125) a observé une malade dont le père aurait eu les mêmes déformations osseuses.

Le professeur Chauffard, dans une communication orale (Académie de médecine, 3 mars 1903), rappelle avoir observé deux cas de maladie de Paget dans une même famille, chez la mère et la fille, qui étaient, en outre, atteintes toutes deux de démence sénile.

Nous rapportons aussi plus loin deux cas de la même affection publiés dans The Lancet, concernant le frère et la sœur. Voici, à ce sujet, la remarque que ces deux cas ont suggéré à M. Walter : « Moreover the fact lhat two persons in the same family were affected by the same complaint point lo a systemic rather than a local origin. »

à 5 non a aussi rapporté un cas où l’osteitis defor-

mans avait atteint deux membres de la même famille.

D indus resterait encore à signaler l’influence de Ja

” syphilis, des lésions TONGS elc.; mais ces questions

4 3 seront mieux à leur place à l’article pathogénie de ce travail. : | |

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