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Tantôt elles ne sont pas modifiées dans leur direction, mais présentent un fort élargissement qui peut atteindre, au compas, trois centimètres.
Tantôt c’est leur extrémité interne qui fait une saillie énorme au-dessus de la première pièce du sternum.
Tantôt c'es leur extrémité externe.
D’autres fois elles sont fortement arquées dans leurs deux tiers internes (Marie); ou bien, très épaissies, elles ont leurs courbures normales très accentuées; ou bien, enfin, étant très volumineuses, elles font une saillie considérable limitant en avant une dépression profonde de deux à trois centimètres, dont le bord postérieur est constitué par le trapèze (Gilles de la Tourette et Magdelaine).
Dans le cas de Castel et Semper la moitié interne de la clavicule gauche est épaissie, fortement incurvée, ramassée sur elle-même, surplombant le creux-claviculaire.
Chez le malade de Packard une curieuse déformation des épaules existait; tandis que les clavicules sortaient en saillie due à leur hyperostose, l'augmentation de leurs courbes leur donnait une forte direction d'avant en arrière.
Comme conséquence de l’hyperostose et des inflexions anormales des clavicules les membres supérieurs, à l’état de repos, viennent se placer au-devant des cuisses.
Le slernum n’est pas toujours épargné dans le pagétisme. C’est dans sa moitié supérieure qu’il est le plus souvent altéré; on le trouve alors élargi et bombé en avant, et si sa face postérieure participe aussi à l’augmentation de volume il peut contrarier la déglutition. C’est ce qui arrivait à l’un des malades d'Hillereau chez
qui la déglutition des bols alimentaires était gênée au niveau de la fourchette sternale (obsernalion LIT).
Les côtes sont rarement épargnées; l’hypertrophie peut augmenter leur volume d’un tiers. D'ordinaire elles sont aplaties latéralement et élargies, diminuant d'autant les espaces intercostaux.
Leurs courbures exagérées font paraître le thorax comme aplati latéralement et lui donnent une forme cubique.
Elles sont aussi moins mobiles; elles se soulèvent peu et la respiralion costale considérablement amoindrie fait place à la respiration diaphragmatique. En outre, leurs articulations, souvent ankylosées, entravent la mobilité du thorax et favorisent la dyspnée. Du reste, lemphysème pulmonaire et la hronchite chronique coexistant maintes fois avec l’altération généralisée du système osseux il est difficile de faire dans la gêne de la respiration la part des lésions broncho-pulmonaires et celles des lésions osseuses.
Les carlilages coslaux sont presque toujours ossifiés et de ce fait leurs articulations avec les côtes n'existent plus.
Par suite de loutes ces lésions de la charpente thoracique, la poitrine, souvent bombée en haut et en avant et aplatie latéralement, prend une forme cubique ou globuleuse comme chez les emphysémateux.
Chez le malade de Packard la partie supérieure de la poitrine était petite et étroite, et le diamètre autéropostérieur était presque égal au diamètre latéral; tandis qu’à la partie inférieure la poitrine était large et bombée. De chaque côté l'extrémité de la onzième côte était presque en contact avec la crête iliaque,
Le thorax est évasé dans sa moitié inférieure et parait plus rapproché du bassin qu’à l’état normal. Il semble trop court et descend comme ex lorgnette sur le ventre (Cadet).
Il se porte aussi en avant en forçant la peau du ventre à former un sillon transversal au fond duquel est enfoncé lombilic; ce sillon se continue latéralement avec deux autres aussi très marqués qui vont se rejoindre en arrière; c’est alors que le malade paraît cassé en deux.
Chez le malade de M. Marie le ventre est proéminent, globuleux, surplombant le pubis et débordant, sur les côtés, les fausses côtes.
En général l'abdomen est court et large et en s’étalant latéralement donne au tronc un aspect qui a parfois été comparé au corps d'un violon.
Membres supérieurs.
Les os des membres supérieurs sont généralement atteints à un moindre degré que ceux des membres inférieurs. Trèves (in Brilisch médical journal, 1882) à cru remarquer que les os des avant-bras sont toujours atteints chez les femmes pagétiques et ne le sont jamais chez l’homme, mais cette règle n’est pas fondée. Pozzi fait observer à ce propos que les trois femmes qui font l'objet des communications d’Ollier et de la sienne au Congrès de Chirurgie, en 1885, n’offraient pas de déformations aux avant-bras.
Humérus. — Quand il est déformé il offre le plus ordinairement une courbure à concavité postérieure.
Les humérus échappent rarement à l’hypertrophie dont
RU 7 le siège de prédilection est leur partie moyenne où ils ont, à ce niveau, dans le cas de Rogier, un volume double du volume normal.
Dans le cas de Joncheray c’est l’épitrochlée qui proëmine considérablement sur le côté interne du coude.
Cubitus. — L'augmentation de volume du cubitus n’est pas rare; c’est habituellement son extrémité supérieure qui est la plus prise, constituant ainsi une sorte de saillie à convexité postérieure.
Dans l’observation de Richardière (Rogier) c'était par le eubitus droit que la maladie avait débuté, et cinq ans après le début du mal, c'était encore cette partie du corps qui était la plus déformée; non seulement cet os était très volumineux, mais il élait aussi très arqué.
Dans celle de Huchard et Binet (Richard) la crête du cubitus fait une forte saillie sous la peau et présente de petites éminences. L’os est très élargi à sa face posteroexterne.
On a aussi rencontré une hypertrophie notable de l’apophyse coronoïde.
Les altérations osseuses, ici comme ailleurs, du reste, sont presque toujours symétriques.
Radius. — Il n’est pas rare de rencontrer des cas où les radius sont restés indemnes toute la durée de l’évolution de la maladie.
Dans notre observation le radius a été le second os atteint et cela une dizaine d’années après le tibia droit. Il présente aujourd’hui une incurvation qui, partie du tiers supérieur, se porte en avant et en dedans pour rejoindre le poignet, ce qui rend la supination difficile et incomplète, L’avant-bras droit présente à la mensuration 18 centimètres de circonférence, tandis que son