EN LEE
fémur gauche sont élargis el incurvés en avant. Quand le malade est dans la posilion couchée, la partie supérieure du membre et le talon seuls touchent le plan du lit à cause des genoux dont l'extension complète n’est plus possible. Le fémur droit est mal limité en haut où le grand trochanter présente un fort élargissement; en outre, le membre se tient toujours dans la rotation externe.
Dans celui de Lancereaux, les deux fémurs étaient inégalement développés; l’un donnant 435 millimètres de circonférence, tandis que l’autre ne donnait que 36 centimètres.
Dans celui de M. Marie, le grand trochanter était lrouvé beaucoup plus volumineux qu’à l’état ordinaire et porté en dehors et en arrière.
Dans celui de Meunier, les fémurs sont énormes et l’épaississement porte sur toute leur étendue. Le grand
trochanter est très gros; les condyles très volumineux,
et, au-devant de ces condyles écartés en quelque sorte pour les recevoir, se place une rotule plus grosse à gauche qu'à droile, et qui ne mesure pas moins de 9 centimètres de large.
Le malade de MM. Gaucher et Rostaine avait ses deux fémurs doublés d'épaisseur.
Chez le frère de la double observation de Walter, les cuisses avaient une étrange apparence, à cause de leur atrophie musculaire et de leur aplatissement latéral. Leurs angles avec le bassin font penser que le poids du tronc est cause que leurs cols, au lieu d’être inclinés vers les diaphyses, sont devenus presque horizontaux.
Le professeur Marie signale aussi aux cuisses la présence de « plis parallèles dont la concavité est supé-
LL stltinn tt lt: mm) Gi dan diécoes ds
rieure et interne; ils naissent, en effet, à la partie antéro-interne de la cuisse, se portent obliquement en bas pour en contourner la partie interne et remontent sur la face postérieure où ils vont se perdre sur le pli fessier. »
La rotule, comme nous l’avons déjà vu plus haut, est atteinte souvent dans le pagétisme, mais elle est toujours uniformément développée dans tous les sens.
Tibias. — Ce qui frappe immédiatement l'observateur à l'examen du pagétique, c’est l'augmentation de volume et l’incurvation de la jambe.
De tous les os du squelette, c’est manifestement le tibia qui est à la fois et le plus souvent et le plus notablement atteint.
Dans la plupart des cas, l'hypertrophie de cet os s’étend à toute son élendue, avec prédominance à sa partie moyenne où il est très élargi et forme sous la peau une saillie considérable à convexité antérieure.
Son volume peut être triplé, quadruplé même. Pour se rendre bien compte que c’est l'os qui fait presque à lui tout seul le volume du membre, il suffit d’empoigner la jambe à pleines mains pour sentir facilement qu’il en est bien ainsi. En effet, les muscles sont atrophiés et le tissu cellulo-graisseux sous-cutané a disparu ou au moins diminué beaucoup d'épaisseur; ensuite le membre est aussi volumineux en bas, où il n’y a pas de muscles, qu’en son milieu.
L’allongement du tibia, s’associant à l'hypertrophie en épaisseur, peut atteindre 1 et même 2 centimètres.
Si l’on palpe attentivement les faces accessibles de cet os, on sent qu’elles ont perdu leur poli, qui est remplacé par des inégalités, des rugosités. Mais on ne constate
RS dr
pas d’exostoses proprement dites, s’élevant d’une façon sensible au-dessus des plans de surface.
La crête tibiale souvent ne se distingue plus; elle produit plutôt l'effet d’une quatrième face ou celui d’une saillie mousse et arrondie.
La tubérosité antérieure est grossie dans la plupart des cas observés.
Les extrémités supérieures sont fréquemment aussi très amplifiées; les surfaces articulaires sont modifiées dans leur forme, leur étendue et leur direction, d’où, de toute nécessité, l'élargissement des genoux parfois très accusé.
Les extrémités inférieures sont plus souvent respectées ; mais, quand elles sont prises, elles le sont moins que les extrémités supérieures.
Si le volume du membre a augmenté, son poids l’est aussi, et le malade en a conscience; ses jambes lui semblent de plomb; c’est même souvent le premier symptôme qui altire son attention.
Le tibia a perdu sa forme normale, qui est celle d’un S italique allongé. Sa courbure est notablement exagérée; elle est antéro-interne et à sommet antérieur. Cette inflexion, jointe à une espèce d’aplatissement de l'os, lui donne un « aspect tout à fait bizarre, baptisé par M, Lannelongue du nom de tibia en fourreau de sabre, aspect justement qualifié par moi du nom de Tibia Lannelongue. » (Fournier).
Quand les deux jambes sont également prises, on peut les voir comme deux arceaux se regardant par leurs concavités, tandis que les pieds sont tournés en dehors.
Dans le cas de Pic, le maximum d’abduction auquel on pouvait amener les membres inférieurs était le contact